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En Afrique, des fondations pour remplacer l'aide publique au développement?
Jun 24, 2026
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| 6/24/26 | ![]() En Afrique, des fondations pour remplacer l'aide publique au développement? | Bill Gates, Aga Khan ou encore Tony Elumelu… Tous ont des fondations très actives en Afrique et qui prennent de plus en plus de place à l’heure où l’aide publique au développement est en net recul. En 2025, c’est moins 23 %, soit près de 50 milliards de dollars en moins pour les pays en développement. Dans quelle mesure la philanthropie peut-elle et doit-elle remplacer les aides d’État ? Dans le monde de l’entrepreneuriat, beaucoup comptent sur les « business angels ». Ces patrons qui font bénéficier des jeunes pousses de leurs carnets d’adresse et de leurs investissements. Le Sénégalais Malick Diouf, à la tête de la start-up Lafricamobile, est l’un d’entre eux : « Il m'est arrivé de rencontrer des entrepreneurs avec qui j’ai des correspondances, en tout cas des intérêts [communs] par rapport à ce que je fais au niveau de l'AfricaMobile. Ces entrepreneurs-là n’avaient pas besoin de "grand-chose", entre guillemets. Mais ils avaient besoin de ce cash-là, à ce moment-là précis, pour leur permettre de passer à l'échelle supérieure. Je suis très fier aussi de pouvoir donner aux écosystèmes ce qu'ils m'ont donné avant, tout simplement. » L’autonomisation économique par la philanthropie Figure bien connue de la philanthropie sur le continent, le Nigérian Tony Elumelu. Sur les dix dernières années, sa fondation a investi 130 millions de dollars pour aider de jeunes entrepreneurs à se lancer. « Nous sommes convaincus que l’entrepreneuriat est le moyen le plus efficace pour parvenir à l’autonomisation économique, ce dont le continent africain a désespérément besoin. Tel est donc notre rôle au sein de la Fondation Tony Elumelu : donner aux entrepreneurs les moyens de créer des emplois et des opportunités économiques non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour des millions d’autres jeunes à travers l’Afrique », explique Somachi Chris-Asoluka, la directrice de la fondation. Pour la fondation, ce changement structurel doit permettre de repenser la notion de l’aide sur le continent. « Nous pensons qu’il est temps d’aborder et de débattre de la notion de don et de développement au XXIᵉ siècle. C’est un modèle de développement qui est désormais dépassé », assure la directrice de la fondation. « Nos jeunes Africains n’attendent pas l’aumône. Ils sont brillants. Ils sont innovants, dotés d’un esprit d’entreprise. C’est sur cela que nous devrions tous nous concentrer en priorité : leur donner les moyens d’agir et leur offrir le financement, la visibilité et la plateforme qu’ils méritent », poursuit-elle. À lire aussiLa Fondation Tony Elumelu ou la fabrique des futurs champions de l'entrepreneuriat africain Aide au développement : le privé ne peut remplacer l’investissement public Pour les acteurs du développement, la philanthropie ne peut pas venir remplacer l’aide publique au développement, d’abord pour une question d’échelle. Selon les données de l’OCDE, moins de 10 % de l’APD mondiale est constituée de fonds issus de la philanthropie. Mais aussi pour des raisons de rentabilité. « Ça pose la question de sous-traiter parfois l'aide à des acteurs qui ont des intérêts économiques avant des intérêts de solidarité. Donc ça, ça pose une vraie question aussi de la privatisation de l'aide que nous, sur laquelle on s'interroge au CCFD-Terre solidaire », pointe Mathieu Paris du CCFD-Terre solidaire. Ce dernier alerte sur la « privatisation du développement ». Espérer que le privé, qui doit avoir une rentabilité économique, vienne remplacer le public dans les investissements de l'aide est un leurre, estime-t-il. « Investir dans l'éducation, dans la santé, dans certaines infrastructures, ce n'est pas rentable ou au moins pas à court terme et pas en termes financiers. Donc, en effet, là, on risque d'avoir des secteurs de services essentiels aux populations qui sont délaissés », alerte-t-il. Transports, énergie, environnement des affaires, etc. Somachi Chris-Asoluka pointe également le rôle indispensable que doivent jouer les États africains. | — | ||||||
| 6/23/26 | ![]() Lithium de Manono: la RDC entre dans la production industrielle | La RDC s’apprête à passer à la phase de production du lithium, un des minerais stratégiques pour la fabrication des batteries électriques. La société Manono Lithium du groupe chinois Zijin Mining a annoncé la production de 500 000 tonnes de carbonate de lithium d’ici la fin du mois de juin. Avec ce gisement qui est le plus important au monde, Kinshasa pourrait devenir un acteur clé au moment où la demande mondiale en lithium est en forte croissance. De notre correspondante à Lubumbashi, 500 000 tonnes de carbonate de lithium, c’est la quantité de production attendue au mois de juin, avec l’entrée en activité de la société Manono Lithium, du groupe chinois Zijin. Cette production devrait même doubler d’ici la fin de l’année. Eddas Lwaba Kitwa est le directeur des ressources humaines de la société Manono Lithium : « Le projet produira annuellement environ un million de tonnes de concentrés de lithium, dont environ 500 000 tonnes seront transformées en sulfate de lithium. Nous avons une très grande usine et cette transformation se fera localement. » Une transformation locale qui permettra à la société d’exporter ce minerai stratégique par voie lacustre avec une valeur ajoutée. « Les minerais seront exportés par Kalemie. Manono Lithium est aussi en train de construire un port industriel privé, le port de Mutoa », précise Eddas Lwaba Kitwa. À lire aussiRDC: Lubumbashi se rêve en acteur de la batterie automobile grâce au lithium Une production du lithium source de nombreux espoirs Dans cette course au lithium congolais, les Chinois ne sont plus seuls, même s’ils ont une longueur d’avance. Avec un investissement prévu de 50 millions de dollars d’ici 2027, la société américaine KoBold Metals accélère l’exploration dans la région. « Nous avons commencé par collecter les échantillons du sol. Nous avons huit permis de recherche dans la région de Manono et de Malemba Nkulu et nous espérons avoir encore plus de permis dans cette région. Aussi, nous espérons que sur les huit permis, nous aurons au moins un ou deux qui vont aboutir à des découvertes intéressantes de gisements qui pourront ensuite aller vers la production », détaille Benjamin Katabuka, le directeur général de KoBold Metals. La toute première production du lithium dans la province du Tanganyika suscite beaucoup d’espoir en termes de développement local. Forte des expériences passées, Maître Angèle Kombe, membre de la société civile basée à Kalemie, plaide pour que cette richesse profite au maximum aux communautés locales. « De Manono à Kalemie, où passe la route sur laquelle seront transportées des tonnes de lithium, il y a combien d’hôpitaux de qualité, combien d’écoles, combien de marchés ? Pour qu’il y ait développement, il faut d’abord une bonne gouvernance », alerte-t-elle. Avec une capacité de production de 5 millions de tonnes de lithium par an, la RDC se positionne une nouvelle fois comme un acteur clé dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des minerais critiques. À lire aussiRDC: à Manono, l'exploitation prochaine du lithium suscite à la fois espoirs et inquiétudes | — | ||||||
| 6/22/26 | ![]() Madagascar: les aliments thérapeutiques de Tanjaka Food pour lutter contre la malnutrition infantile | C'est une industrie à mi-chemin entre l'agroalimentaire et la pharmacie. À Madagascar, l'usine Tanjaka Food fabrique chaque année 3 000 tonnes de produits nutritionnels pour combattre la malnutrition infantile. Parmi eux, « l'aliment thérapeutique prêt à l'emploi » est destiné aux enfants souffrant d'émaciation sévère, la forme la plus mortelle de malnutrition. Sa production locale a permis aux acheteurs de réduire leurs coûts et d'augmenter le nombre d'enfants traités. Avec notre correspondant à Antanarivo, Guilhem Fabry Des arachides d'Inde et d'Argentine, du lait en poudre importé d'Europe, des huiles, du sucre et surtout une formule de 30 vitamines et micronutriments... Tous ces ingrédients sont assemblés à Antananarivo pour aboutir à « l'aliment thérapeutique prêt à l'emploi » : une pâte épaisse respectant les meilleurs standards sanitaires. « On va passer sur une première phase qui est le pré-mélange. On va intégrer les trois premières matières principales. Ensuite, on va passer par la thermisation. Elle sert à éliminer tous les risques microbiologiques », explique la directrice de division de la marque Tanjaka Food, Randianina Rasoamiaramanana. « L'ensemble de nos matières premières sont importées, parce que nous sommes tenus de respecter un cahier des charges déjà très précis. Malheureusement, actuellement à Madagascar, nous n'avons pas encore de fournisseurs qui arrivent à fournir les matières premières à la hauteur des exigences imposées par ce produit-là », précise-t-elle. Filiale du groupe malgache Basan, Tanjaka Food qui emploie 89 employés est capable de produire jusqu'à 6 000 tonnes d'aliments nutritionnels par an, contre 1 000 tonnes à sa création en 2009. « Sur les deux dernières années, on a beaucoup exporté notamment au Zimbabwe, au Mozambique, un peu au Soudan du Sud. C'est l'Unicef, notre partenaire, qui redirige les besoins en fonction de la situation nutritionnelle dans les différents pays alentours », détaille encore Randianina Rasoamiaramanana. « Couper sur les coûts logistiques pour rendre ce produit beaucoup plus disponible » Mais la majorité de la production est réservée à Madagascar. Mathieu Joyeux est chef de la nutrition pour l'UNICEF dans le pays : « On a, à peu près en moyenne chaque année, entre 100 000 et 120 000 enfants atteints de malnutrition aiguë sévère. La majorité se trouve dans le Grand Sud et le Sud-Est. Mais on a aussi des taux de malnutrition aiguë sévère très élevés en zone urbaine, à Antananarivo. » Le traitement dure quatre à huit semaines, à raison de trois sachets par jour. « Avant ce produit thérapeutique, il y a une trentaine d'années, il fallait renutrir l'enfant huit fois par jour sous supervision médicale continue. La révolution pour nous de ce produit, c'est qu'on a pu faire sortir les enfants des hôpitaux », rappelle Mathieu Joyeux. « Maintenant, ils prennent leur traitement à la maison. Et on a fait réduire les coûts globaux en appuyant la création de nouvelles usines de production, y compris une production locale ici à Madagascar, qui nous permet de couper sur les coûts logistiques pour rendre ce produit beaucoup plus disponible », met-il en avant. La quasi-totalité des enfants souffrant d'émaciation à Madagascar reçoivent l'aliment thérapeutique. Ceux atteints de malnutrition modérée, dont le nombre a augmenté de 46% depuis 2024 dans le Grand Sud, n'ont en revanche pas tous accès à des suppléments nutritionnels adaptés. La faute à des financements internationaux en forte baisse. L'usine de Tanjaka Food ne tourne aujourd'hui qu'à 50% de sa capacité. | — | ||||||
| 6/21/26 | ![]() La mode africaine s'expose aux Galeries Lafayette | Les créateurs africains s'exposent aux Galeries Lafayette. Dans ce lieu emblématique de la mode, neuf créateurs ont été sélectionnés pour proposer leurs collections aux clients de cette enceinte historique. Une opportunité pour l'industrie de la mode africaine de vendre et de se faire connaître lors de cette 2e édition du pop-up Africa Now. « Être aux Galeries Lafayette, qui est quand même le centre du luxe à Paris... C'est d'abord une chance pour nous d'être ici », se réjouit Eric Resina, qui finalise la préparation de ses portants. Entre fourrures de soie et dentelles de raphia, le créateur propose des collections colorées et très texturées. Ce Malgache d'origine a déjà travaillé avec les maisons Yves Saint Laurent ou Christian Lacroix, pour lui, l'intérêt est vraiment de promouvoir la mode africaine. « Je suis ici pour réellement présenter Madagascar avec toutes ces couleurs, toutes ces matières que j'essaie d'interpréter, pas seulement en utilisant les matières de mon pays, mais aussi parce qu'il y a des résonances qui sont importantes, explique-t-il. Il y a des souvenirs des gens qui sont déjà passés à Madagascar, qui peuvent en fait retrouver dans ma collection ici, et c'était un peu pour les faire rêver. » Une nouvelle clientèle À côté, se tient le présentoir de la Sénégalaise Hélène Diouf. Elle fait un bilan très positif de la première édition : « L'année dernière, on avait fait presque sold out à la première semaine. Et on reprend la même chose cette année aussi. En tout cas, nos boubous, on les vend très bien. Les boubous aux Galeries Lafayette, ça marche très bien. » Être présente aux Galeries Lafayette a permis d'ouvrir les collections de sa marque Sisters of Africa a une nouvelle clientèle venue de Londres, mais aussi du Qatar ou des Émirats. « On a beaucoup de clientes qui reviennent sur le site internet maintenant pour venir acheter. C'est ça qui est bien en fait. Au-delà de la vente, c'est cette connexion entre nos clientes qui sont un peu partout, qui viennent, qui touchent, qui essaient et après reviennent sur le site pour acheter. Donc oui, ça nous a drainé aussi une ouverture qu'on n'espérait pas, mais qui est là », détaille-t-elle. Et si elle n'aime pas parler d'argent, elle reconnaît avoir fait un bon chiffre d'affaires. Soutenir l'industrie africaine Valérie Ka est fondatrice d'Africa Fashion Up, le grand défilé de mode africaine à Paris et partenaire de ce pop-up. « L'année dernière, la vente Africa Now a été la meilleure vente aux Galeries Lafayette. Donc comme quoi, les créateurs africains vendent. C'est plus qu'une fierté. J'en ai rêvé », se réjouit la femme d'affaires. Il est temps donc de « prendre l'industrie de la mode africaine au sérieux », pointe-t-elle. « Il y en a beaucoup qui habillent des célébrités qu'on voit à la télé, mais on ne sait même pas que ce sont des créateurs africains. On a des créateurs qui ont habillé Theresa May, la princesse de Monaco, Fally Ipupa », rappelle-t-elle fièrement. Et de plaider pour plus de soutien pour cette industrie : « La marque africaine, elle marche véritablement. C'est un enjeu économique assez important. Jusqu'à présent, je trouve qu'en Afrique, on n'a pas encore pris sérieusement l'aspect accompagnement sur les industries créatives, notamment la mode. On voit ça un peu comme un deuxième ou troisième métier. Ce n'est pas pris très au sérieux. » Pourtant, rappelle-t-elle, les hommes et les groupes les plus influents « vendent des vêtements, des chaussures, des accessoires. Donc, à un moment donné, il faut qu'ils prennent au sérieux nos créateurs africains ». En plus de ces trois semaines de vente, un grand défilé est prévu fin juin au musée du Quai Branly, où une exposition consacrée à la mode africaine a lieu jusqu'au 12 juillet. À lire aussiAvec l'exposition «Africa Fashion», la mode africaine affiche ses racines et sa diversité à Paris | — | ||||||
| 6/18/26 | ![]() Reprise très partielle de l'activité d'Eramet Grande Côte au Sénégal | Au Sénégal, l'activité minière d'Eramet a repris à 30% de son niveau habituel depuis fin avril dans la région de Grande-Côte. Le site où sont produits des sables minéralisés (tels que le zircon ou l'ilménite) avait été touché par un incendie en février. Quelles perspectives pour les employés et pour le budget de l'État sénégalais, qui perçoit une part des revenus d'Eramet ? Eramet a payé 76 millions d'euros sous forme d'impôt et de taxes à l'État sénégalais en 2025 sur une contribution totale estimée à 230 millions d'euros par le groupe français, qui comptabilise aussi notamment les achats locaux, la masse salariale et les investissements communautaires. Cette année, la chute de l'activité se fera inévitablement sentir, confirme Frédéric Zanclan, directeur d'Eramet Grande Côte : « Sachant qu'on sera cette année à un peu plus du tiers de notre production nominale, cela impliquera une baisse de ces contributions. Mais à ce stade, nous n'avons pas encore les chiffres. » Avant l'incendie de février, Eramet était le sixième contributeur minier au budget de l'État du Sénégal. La diversification des revenus miniers et extractifs du pays, avec des volumes exportés de gaz et de pétrole supérieurs aux prévisions et un cours des hydrocarbures favorable, devrait permettre d'atténuer la baisse de la contribution d'Eramet, selon Youga Sow, consultant en stratégie dans le domaine minier et fondateur du cabinet Advise Africa. Mais l'impact ne sera pas neutre ajoute t-il : « L'État devrait retomber sur ses pattes mais il faut relativiser, car c’est un État qui est endetté et qui fait face à beaucoup de problèmes économiques et où l'économie est quasiment stagnante, chaque sous compte, donc ce qui se passe à Eramet ne peut pas être sans impact sur les revenus de l'État, et il n'y a pas que les revenus collectés par l'État, on parle aussi d'emplois. » À lire aussiLe fonds d'investissement Orion CMC aurait des visées sur le groupe français Eramet Un coup social et humain important Seule une partie des employés a en effet été rappelée pour relancer la production en avril. Ceux qui sont au chômage, mais salariés directs d'Eramet, bénéficient en attendant leur retour d'un dispositif de soutien, précise Frédéric Zanclan : « À titre illustratif, pour la tranche ouvrière, on reverse jusqu'à 73% du salaire ; le plancher minimum est d'environ 50% pour l'ensemble des salariés. » Ces mesures concernent une minorité de salariés : sur 3 000 employés d'Eramet, environ 2 500 ne sont pas directement rattachés au groupe français et ne bénéficient donc pas de la même prise en charge : « Nous avons des sous-traitants, des prestataires, des intérimaires, qui eux, en fonction de la stratégie de leur entreprise, sont soit au chômage technique, même parfois en licenciement pour motif économique. » Un aspect social et humain qui est le plus important aux yeux de Youga Sow : « Ces acteurs-là vivaient jusqu'ici de cette activité autour d'Eramet. Si Eramet est contraint, pour des raisons technico-économiques que nous pouvons comprendre, de réajuster son modèle, cela va forcément se faire au détriment des revenus engrangés par les sous-traitants et les employés. » Retour à la normale au 1er trimestre 2027 ? « La question c'est comment cela sera géré, quel est le modèle de transition qui sera mis en place pour atténuer les effets négatifs, quel est l'horizon, qu'est-ce qui est projeté ?, s'interroge le fondateur du cabinet Advise Africa. Est-ce qu'on est parti pour six mois, pour neuf mois et dans combien de temps la situation va être rétablie ? Est-ce qu'il y a un plan de retour à la normale ? Plus, il y a de transparence dans les éléments d'information communiqués et dans le traitement de la situation, plus les parties concernées seront enclines à comprendre la situation. » Eramet confirme que son projet de produire un million de tonnes de sables minéralisés cette année n'est plus d'actualité et que le volume 2026 se situera entre 300 000 et 400 000 tonnes. « Nous sommes dans la phase d'appel d'offres, recrutement de prestataires et l'achat des équipements nécessaires pour redémarrer l'usine mobile flottante – affectée par l'incendie, NDLR – si le projet est bien mené, nous espérons revenir à 100% de notre capacité nominale au premier trimestre 2027 », précise Frédéric Zanclan. À écouter aussiAu Sénégal, la mine mobile d'Eramet accusée de détruire le désert et l'économie locale | — | ||||||
| 6/17/26 | ![]() La Tunisie mise sur les influenceurs chinois pour faire venir les touristes | De plus en plus de touristes asiatiques et notamment chinois viennent en Tunisie et veulent découvrir le pays autrement, pas seulement via ses stations balnéaires. Des créateurs de contenu chinois ont été invités au printemps pour valoriser la destination. L’objectif du pays est d’attirer 30 000 touristes chinois d’ici la fin de l'année 2026. Leur nombre est en plein essor et a augmenté de 15% entre 2024 et 2025 malgré l'absence de ligne aérienne directe entre Pékin et Tunis. Après une visite du site archéologique de Dougga dans le nord-ouest de la Tunisie, place au repas pour le groupe d'influenceurs et youtubeurs chinois venus visiter la Tunisie. En plus de déguster des spécialités locales, telles que le sanglier, le groupe a pu découvrir plusieurs lieux inédits du pays, hors des sentiers battus. « C'est la diversité culturelle de la Tunisie qui attire énormément de touristes chinois, qui cherchent vraiment des expériences authentiques. On a le Sahara, on a la mer, on a surtout les différentes civilisations, Carthage, romaine, arabe », explique Amandine Wu, chargée de la communication de l'Office national du tourisme tunisien en Chine. Anouar Chetoui, représentant de l'Office national du tourisme tunisien en Chine, explique que ce voyage a été spécialement organisé pour promouvoir le pays auprès du marché chinois : « Ce voyage a également mis en avant les hôtels haut de gamme, le golf, les maisons d'hôtes et les expériences authentiques comme la cueillette des olives afin de montrer que notre destination offre bien plus qu'un tourisme balnéaire classique avec des expériences variées et adaptées au marché chinois. » À lire aussiLa Tunisie et le Maroc connaissent une année touristique 2025 en demi-teinte À la recherche d'un tourisme authentique Le « marché chinois » se divise en plusieurs catégories, explique Anouar Chetoui : « Les groupes organisés, bien sûr, le produit "Miles" pour les événements et le tourisme d'affaires à forte valeur, les familles pour des expériences culturelles ainsi que les "FIT", les individuels pour un tourisme individuel, authentique et sur mesure. » Ce tourisme sur mesure séduit Qong Niha Jam, spécialiste des vidéos de voyage qui compte plusieurs millions d'abonnés sur les réseaux sociaux chinois : « C'est vraiment super, vraiment, j'adore franchement. La jeune génération n'est pas intéressée par des voyages organisés, ils veulent voyager et découvrir par eux-mêmes, donc je pense que ce type de destination peut les séduire. » Ce marché en pleine croissance représente un véritable atout économique pour la Tunisie, car un Chinois dépense quatre fois plus en moyenne en voyage qu'un touriste européen. À lire aussiEn Tunisie, le Dahar, un géoparc classé au patrimoine mondial de l’Unesco | — | ||||||
| 6/16/26 | ![]() En Côte d'Ivoire, le secteur VTC séduit par les véhicules électriques | En Côte d’Ivoire, plus d’un millier de véhicules électriques sont en circulation. Silencieuses et sans carburant, ces voitures sont présentes surtout dans le secteur des VTC où elles offrent des coûts d’exploitation réduits. Mais malgré cette montée en puissance, des défis persistent : un prix d’achat encore élevé, des bornes de recharge insuffisantes et une forte dépendance aux importations. Reportage de notre correspondant à Abidjan, À bord d’un véhicule électrique, Mouhamed Kanaté enchaîne les courses dans les rues d’Abidjan. Chauffeur VTC depuis deux ans, il verse une recette journalière de 28 000 FCFA à son employeur. Mouhamed est comptable de formation et passionné par les questions environnementales, il a choisi l’électrique pour alléger ses dépenses quotidiennes et améliorer sa rentabilité : « Contrairement aux véhicules thermiques, quand vous rechargez, le minimum, c’est 20 000 FCFA. Or pour l'électrique, le maximum, c’est 13 000 FCFA. Donc vous pouvez travailler en deçà de 20 000 FCFA et puis avoir un bénéfice sur l’activité qui va vous permettre de prendre soin de votre famille, tout ce qui est charge. C’est vraiment rentable. » Les trois principaux opérateurs de VTC présents sur le marché ivoirien misent désormais sur ce type de véhicule. Selon les acteurs du secteur, près de 300 sont actuellement utilisés pour le transport urbain à Abidjan. Mais le développement de cette mobilité verte se heurte encore à plusieurs obstacles : un coût d’acquisition élevé – pas moins de 14 millions de FCFA par véhicule. À cela s’ajoute un nombre encore limité de bornes de recharge : seulement une centaine à travers le pays. Les réparations sont souvent complexes en cas de panne, explique Mouhamed Kanaté : « Les difficultés sont du point de vue entretien de l’équipement. La rareté des pièces mécaniques. Parce que, vu que ce sont des véhicules importés, pour l’instant, il n’y a pas un grand nombre de revendeurs de pièces détachées. » Mesures incitatives pour les investisseurs Face à cette demande grandissante, plusieurs concessionnaires étoffent leurs offres. C’est le cas de Sinoafrik, représentant des marques chinoises à Abidjan. Dans son showroom, à Cocody, SUV et berlines électriques occupent désormais une place de choix. Mais au départ, il a fallu rassurer et convaincre les clients. « On les a incités à mieux connaître le modèle, à savoir que c’est encore plus économique et avantageux pour eux-mêmes, explique Reine Trésor Gosset, commerciale. Maintenant il y a une réelle demande, il y a plus d’intérêt d’achat que de curiosité. Les modèles les plus prisés actuellement, ce sont les modèles pour le VTC et des petites voitures de 25 places. » Le ministère des Transports affirme vouloir accompagner cette transition vers une mobilité plus verte, notamment à travers des mesures incitatives destinées aux investisseurs. « Aujourd’hui, on a dans le code des investissements beaucoup de facilitations qui existent pour faire la promotion et pour faciliter l’installation des investisseurs, explique Jean-Marc Atché, le directeur de la planification et des projets. Nous accompagnons pas mal de projets en cours, notamment une grande usine qui doit être construite, qui va servir à faire l’assemblage des véhicules électriques sur place en Côte d’Ivoire. » L'État ivoirien souhaite montrer l’exemple : d’ici 2030, 10 % du parc automobile de l’administration devrait être constitué de véhicules électriques. À écouter aussiPourquoi les taxis-motos déferlent sur les villes africaines? | — | ||||||
| 6/15/26 | ![]() L'accord de pêche entre le Gabon et l'Union européenne arrive à expiration | Il y a un an, le Gabon annonçait sa volonté de ne pas renouveler l'accord de pêche signé avec l'Union européenne et qui permettait jusque-là à une trentaine de navires européens de venir pêcher des espèces thonières dans les eaux gabonaises. Le gouvernement gabonais juge « insuffisante » la contribution financière de 2,6 millions d'euros que lui versait l'UE. À quelques jours de la date d'expiration, le 28 juin prochain, les négociations se poursuivent mais s'annoncent difficiles. Le compte à rebours est lancé : sauf surprise, à compter du 29 juin 2026, plus aucun bateau européen ne pourra pêcher dans les eaux gabonaises, une première depuis près de 40 ans. « Les premiers accords de pêche entre l'UE et le Gabon remontent à 1988, rappelle Maciej Berestecki, porte-parole de la Commission européenne et spécialiste des questions liées à la pêche. Cet accord est très important pour l'Union européenne mais, de notre point de vue, il bénéficie aux deux parties. Nous versons au Gabon une première contribution financière de 1,6 million d'euros en échange de l'accès aux eaux gabonaises et une deuxième d'un million d'euros en soutien au secteur de la pêche locale. » Soit un total de 2,6 millions d'euros par an auquel s'ajoute un million d'euros par an versés directement par les armateurs européens. « Nous ne pouvons plus accepter un modèle où nos ressources sont simplement exportées brut » « Ces contributions financières et le soutien à l'économie locale étaient minimes par rapport à la richesse prélevée, balaye Aimé Martial Massamba, ministre de la Mer, des Pêches et de l'Économie bleue du Gabon. L'Union européenne a manifesté la volonté de négocier un nouvel accord "gagnant-gagnant", ce qui sous-entend que le précédent ne l'était pas au profit du Gabon. » À moins de 15 jours de l'échéance, les négociations s'annoncent difficiles, d'autant que les exigences du Gabon ne sont pas seulement financières. « Cet accord ne répondait plus aux ambitions de développement du Gabon. Nous ne pouvons plus accepter un modèle historique où nos ressources sont simplement capturées, exportées brutes sans aucune valeur ajoutée créée sur le sol gabonais », insiste le ministre. À lire aussiLe Gabon annonce rompre son accord de pêche avec l'Union européenne Un modèle de pêche durable ? Les Européens se disent prêts à étudier toutes les propositions du gouvernement gabonais, tout en rappelant qu'à leurs yeux ils ne font pas concurrence aux pêcheurs locaux. « Les bateaux européens ne sont autorisés à pêcher que les espèces de poissons que le Gabon ne cible pas, comme le thon tropical, rappelle Maciej Berestecki. Il n'est pas question de toucher aux ressources côtières exploitées localement par les pêcheurs artisanaux. » De plus, l'UE assure se baser sur un comité scientifique pour n'autoriser à la pêche que les stocks excédentaires. Mais l'engagement affiché des Européens en faveur de la pêche durable ne convainc pas Aliou Ba, responsable de la campagne Océan pour Greenpeace Afrique : « Pour que ces accords puissent être durables, il faudrait que ces navires ne puissent pas utiliser des moyens de pêche destructifs comme le chalut de fond, pointe-t-il. Enfin, même si l'objectif est d'approvisionner le marché européen, il faudrait que la transformation des ressources prélevées puisse être faite localement. » Avant le Gabon, le Sénégal avait déjà rompu l'accord de pêche signé avec l'Union européenne fin 2024. | — | ||||||
| 6/14/26 | ![]() La guerre au Moyen-Orient complique l'accès de l'Afrique au bitume | C'est une des conséquences de la guerre au Moyen-Orient : la hausse des prix du bitume. Le secteur des travaux publics est directement touché, notamment en Afrique où rares sont les fabricants. À Madagascar, comme dans beaucoup de pays du continent, on ne fabrique pas de bitume. « On importe la matière brute qui nous permet de faire de l'asphalte, sans bitume on ne peut pas faire de goudron », explique Richard Ferrazi, directeur de l'entreprise de BTP Colas sur la Grande Île. Dany Michael Ranivo, administrateur général adjoint d'Inframad, société qui supervise des chantiers à Madagascar, confirme qu'il n'y a pas d'alternative : « Il y a une variante, le béton armé, mais on ne peut pas s'offrir ça, c'est du luxe pour nous. » Pour des raisons de proximité géographique, le bitume est d'ordinaire importé à Madagascar majoritairement du Golfe : « Principalement le bitume venait du port de Jebel Ali, à Dubaï, et passait donc par Ormuz. Le bitume européen n'était qu'un complément. Aujourd'hui, c'est l'origine principale. Forcément c'est beaucoup plus long, il faut compter 45 à 60 jours de plus. » Ce changement de source d'approvisionnement a eu un impact inévitable sur le terrain, explique Richard Ferrazi. « L'arrêt a été brutal, il nous a fallu du temps pour nous retourner, on a perdu plus de deux mois sur certains chantiers, on ne revient que maintenant à la normale ». Deux mois plus tard, le bitume coûte 40 à 50 % de plus à Madagascar. L'impact se fait sentir aussi pour Inframad. « Cela peut retarder notre levée de caution bancaire ou retarder l'octroi de ressources que l'on voulait déployer sur d'autres projets », précise Dany Michael Ranivo. À lire aussiFace au blocage du détroit d'Ormuz, la Chine sécurise ses stocks d'hydrocarbures Renégocier les contrats pour absorber la hausse des prix En Guinée, la tonne de bitume a augmenté d'environ 200 dollars en trois mois, soit une hausse de plus de 20 %. Certains des contrats peuvent heureusement être renégociés, explique Mory Diaka Kaba, directeur adjoint de Guiter, la société guinéenne de terrassement routier : « Il existe des contrats dans lesquels nous avons négocié une actualisation, ce qui nous permet d'ajuster ces coûts, mais dans d'autres contrats, ce n'est pas prévu et nous sommes obligés de grignoter dans notre marge, voire d'aller jusqu'à des pertes financières. » Au Cameroun, le Code des marchés offre la possibilité de réviser les prix. Stéphane Edouma, directeur adjoint de MAG, un des gros acteurs du BTP – qui réalise actuellement l'entrée de la ville de Douala, soit un marché de 30 milliards de FCFA –, envisage de déposer un dossier de révision « pour pouvoir rentrer dans ses frais ». Stéphane Edouma assure avoir réussi à honorer ses engagements et ne déplore pas d'arrêt de chantier. Les prochains appels d'offres seront certainement négociés différemment, explique-t-il, et vont inciter les entrepreneurs à être plus prévoyants : « Au vu des retards d'approvisionnement, on anticipera en mettant en place des stocks tampons afin de garantir nos plannings de chantier. Des leçons seront forcément tirées de cette crise soudaine. » En attendant la normalisation des prix, Mory Diaka Kaba explique acheter le minimum prévu par les contrats mais ajoute « qu'en raison du prix, le stockage est devenu pratiquement impossible. » En plus du prix du bitume, le BTP doit absorber la hausse de celui du carburant, un seul engin de chantier peut en consommer plus d'une centaine de litres par jour. À écouter dans C'est pas du ventCOP 16 : soigner les sols, c'est possible | — | ||||||
| 6/11/26 | ![]() Mondial 2026: Orange et New World TV renforcent leur offre de diffusion en Afrique✨ | footballbroadcasting+3 | — | OrangeNew World TV | Afrique | Mondial 2026Orange+5 | — | 2m 32s | |
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| 6/10/26 | ![]() En Tunisie, les acteurs de l'agro-alimentaire veulent accélérer les échanges intra-africains✨ | agro-food industryintra-African trade+3 | Aliou Ndiaye | International Food show for AfricaUnion des chambres de commerce sénégalaise+1 | TunisieSénégal | agro-alimentaireéchanges intra-africains+3 | — | 2m 32s | |
| 6/9/26 | ![]() Sénégal: la folie des paris sportifs à Dakar à l'approche du Mondial 2026✨ | sports bettingfootball+4 | — | — | SénégalDakar+4 | sports bettingSénégal+5 | — | 2m 29s | |
| 6/8/26 | ![]() Quand le manque de cash pèse sur les agents ivoiriens de «mobile money»✨ | mobile moneycash shortage+4 | — | — | Côte d'IvoireAbidjan | mobile moneyCôte d'Ivoire+4 | — | 2m 18s | |
| 6/7/26 | ![]() La difficile mise en application de l'accord de l'OMC pour lutter contre la surpêche✨ | surpêcheaccord de l'OMC+4 | — | Organisation mondiale du commerce | Afrique | surpêcheOMC+6 | — | 2m 31s | |
| 6/4/26 | ![]() En Côte d'Ivoire, la récolte d'anacardes est mauvaise dans le Bounkani✨ | anacardeagriculture+4 | Kouamé Ouattara | Conseil Coton Anacarde | Côte d'IvoireBounkani | Côte d'IvoireBounkani+5 | — | 2m 11s | |
| 6/3/26 | ![]() Spiro et ses motos électriques, un modèle en croissance mais gourmand en investissements✨ | electric motorcyclesinvestment+3 | — | Spiro | NairobiOuganda | electric motorcyclesSpiro+4 | — | 2m 30s | |
| 6/2/26 | ![]() Comment les acteurs privés investissent dans l'économie bleue en Afrique✨ | économie bleueinvestissement privé+3 | Yasmine Hamraoui | ForSea InvestOceanHub Africa | Maurice | économie bleueinvestissement+5 | — | 2m 31s | |
| 6/1/26 | ![]() La finance bleue: concilier développement économique et protection de l'océan✨ | finance bleuedéveloppement économique+3 | — | Fondation Prince Albert II de MonacoInstitut océanographique de Monaco | Monaco | finance bleuedéveloppement économique+5 | — | 2m 31s | |
| 5/31/26 | ![]() Les défis du développement de l'internet satellitaire en Afrique✨ | satellite internetAfrica+4 | Abdullahi Tsanni | StarlinkAmazon Leo+3 | RwandaKigali | satellite internetStarlink+5 | — | 2m 39s | |
| 5/28/26 | ![]() La stratégie des fabricants d'engrais du continent africain et leurs limites | La fermeture prolongée du détroit d'Ormuz risque de provoquer une grave crise mondiale des prix alimentaires d'ici six à douze mois. C'est l'alerte lancée par la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Parmi les zones à risques figure le continent africain. Plusieurs géants des engrais y sont pourtant installés. La plupart des fabricants d'engrais du continent africain produisent des mélanges, on les appelle des « blendeurs » : ils achètent des matières premières et les assemblent. Ils sont directement exposés à la volatilité des prix. Ces matières premières peuvent être achetées en partie en Afrique. C'est le cas des engrais phosphatés, le continent peut s'enorgueillir d'accueillir le leader mondial, l'OCP, l'Office chérifien des phosphates, une multinationale, basée au Maroc, qui approvisionne de nombreux États africains. « L'OCP a une capacité de production de 15 millions de tonnes par an et la demande totale sur tout le continent en engrais phosphatés est de l'ordre de 8 à 10 millions de tonnes, explique Michaël Sebag, négociant en engrais pour la société Orcom à Genève. L'OCP ne peut pas dédier toute sa production à l'Afrique, mais à plus de 50 % de part de marché, le groupe couvre donc largement la demande de tout le continent ». Les usines de l'Office chérifien des phosphates ont cependant besoin de soufre pour traiter la roche, un produit devenu rare et cher depuis le début de la guerre au Moyen-Orient : la région représentait 40 % du commerce avant le conflit. « On est dans une période conjoncturelle un peu compliquée, confirme Michaël Sebag. L'OCP a annoncé une réduction de 30 % de sa production au deuxième trimestre, on ne sait pas encore ce qui se passera au troisième trimestre. La question est de savoir si l'Office chérifien des phosphates va décider de privilégier l'Afrique en maintenant les volumes exportés sur le continent ou si le géant marocain va les réduire dans la même proportion que sa baisse de production ». Ce qui est certain, c'est que le Sud-Africain Foskor, l'autre producteur d'engrais phosphatés du continent, n'a pas la capacité de combler l'éventuel vide laissé par l'OCP. À lire aussiAu Maroc, le géant des engrais OCP doit faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient Le Nigeria, roi de l'urée Un autre engrais est produit en quantité sur le continent, il s'agit de l'urée. C'est l'affaire essentiellement du milliardaire nigérian Aliko Dangote. Le groupe qu'il dirige a centré ses ventes sur l'international, avec des exportations vers le Brésil, l'Argentine, mais aussi vers l'Inde. Ses derniers investissements témoignent cependant d'une évolution de stratégie, explique Mounir Halim, fondateur d'Afriqom, une agence d'information spécialisée sur le prix des engrais : « Pour Dangote, les choses ont changé, le groupe a mis en place une stratégie éthiopienne, avec un projet de production de 3 millions de tonnes d'urée en Éthiopie, détaille-t-il. En parallèle, Dangote a commencé à fournir l'Éthiopie en urée, et en a déjà envoyé environ 350 000 tonnes ». Quelle que soit la quantité d'engrais que les producteurs africains pourront dédier aux acheteurs du continent, les pays importateurs doivent aujourd'hui composer avec une limite, celle des prix qui ont flambé. « Les États africains peuvent acheter à l'OCP, à Dangote, aux Russes, en Chine, le produit est disponible, ce sont les prix du marché qui conditionneront ce que les acheteurs feront », assure Mounir Halim, qui pointe aussi la difficulté qu'ont de nombreux acheteurs publics à être réactifs pour anticiper leurs achats d'engrais. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde | — | ||||||
| 5/27/26 | ![]() À Jacqueville, la nuciculture menacée par le jaunissement mortel du cocotier | C’est l’arbre emblématique du littoral de la Côte d’Ivoire, de San Pedro à Assinie. Le cocotier est sous la menace du jaunissement mortel, une maladie qui décime les cocoteraies du pays depuis un peu plus de 30 ans. Aucun remède efficace n’est connu et cette calamité pourrait encore accentuer le déclin de la filière nucicole. De notre envoyé spécial à Addah, près de Jacqueville, capitale ivoirienne de la noix de coco, Les dizaines de troncs de cocotiers dressés vers le ciel ressemblent à des totems perdus dans la brousse. Kouassi est paysan, il s’occupait de la parcelle : « Les premiers signes n’ont pas été vite reconnus, il y a eu plusieurs noix qui sont tombées, les feuilles sont devenues jaunes et ont commencé à tomber. » Les cocoteraies du paysan sont atteintes par le jaunissement mortel – une maladie causée par un phytoplasme. Ce parasite est transmis à la plante par des cicadelles. Le cocotier est alors condamné, explique le botaniste Béranger N’Goran, le spécialiste ivoirien du jaunissement mortel du cocotier. « Les inflorescences, ça commence à noircir et une fois que ça a noirci, le cocotier meurt au bout de cinq à dix mois », explique-t-il. Pour ce chercheur du Centre national de floristique, aucun remède n’existe : « Pour le moment, tout ce qui est proposé, ce sont des mesures prophylactiques, pour limiter la propagation de la maladie, regrette-t-il. Les essais sont toujours en cours pour identifier une molécule qui pourrait permettre de lutter contre la maladie. Mais jusqu’à présent, aucun produit efficace n'a été trouvé. » À lire aussiEn Côte d'Ivoire, les autorités tentent de relancer la filière de la noix de coco Mieux comprendre la propagation La recherche ivoirienne se concentre sur la détection précoce du jaunissement mortel, à l’aide de drones et d’images satellites. Objectif : comprendre la propagation du phytoplasme pour mieux le freiner. Autre espoir : développer un cocotier hybride, capable de résister. Pour le moment, aucune tentative de « replantation » n’a été couronnée de succès, selon Béranger N’Goran. Faute de mieux, le botaniste préconise de défricher entièrement les parcelles infectées, et d’incinérer les cocotiers touchés. En attendant, la maladie progresse inexorablement depuis son apparition au début des années 1990 sur l’île de Grand-Lahou, à 60 kilomètres à l’ouest d'Addah. En trente ans, 5 000 hectares de cocoteraies et au moins 750 000 arbres y ont péri. Production divisée par trois James, un fonctionnaire retraité qui dit s’être endetté pour planter des cocotiers, redoute cette perspective ; il produisait sur ses terres au moins 20 000 noix par an, mais le jaunissement mortel est apparu. « Quand je pratiquais cette affaire de coco, je gagnais au moins 900 000 francs CFA par semestre, témoigne-t-il. Aujourd’hui, c’est rien. 15 à 20 hectares, tout est décimé. Il me reste quoi là-bas ? J’assiste impuissant à ma mort prochaine ». Selon les chefs traditionnels, les cocotiers faisaient autrefois la richesse et la réputation d’Addah. Face à la maladie, les paysans se tournent vers la culture du manioc. La Côte d’Ivoire produit environ 120 000 tonnes de noix de coco par an, trois fois moins qu’il y a 40 ans. À écouter dans 8 milliards de voisinsLe manioc en cuisine : les racines de la modernité | — | ||||||
| 5/26/26 | ![]() L’Afrique francophone veut accélérer le financement des start-up | Quatre pays en Afrique monopolisent toujours la majorité des investissements de départ pour les start-up. 80 % des investissements pour l'année 2025 se sont faits en Égypte, en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigeria. Des chiffres donnés par un rapport du réseau d'investisseurs African Business Angel Network. Face à ce constat, l’Afrique de l’Ouest francophone cherche à faire émerger ses propres champions de la tech pour attirer davantage de capitaux. Maad est une start-up qui monte. En 2024, elle lève 3 millions d'euros. Elle est aujourd'hui très bien implantée à Dakar. Grâce à son application mobile, la jeune pousse permet aux commerçants de commander et de recevoir leurs produits facilement. Pour Sidy Niang, cofondateur de Maad, même si le marché en Afrique francophone est plus petit et plus fragmenté, il a l'avantage d'être moins concurrentiel : « C'est le pari qu'on est en train de faire, c'est le pari de la saturation d'un marché, explique-t-il. Aujourd'hui, le premier canal qu'on a attaqué, c'est le canal des boutiques de quartier. Donc, aujourd'hui, la moitié des boutiques de Dakar passe commande chez nous. En fait, c'est beaucoup plus facile pour nous d'imaginer avoir une très grosse présence et un très gros chiffre d'affaires à Dakar et au Sénégal. » La start-up prévoit de faire une nouvelle levée de fonds en fin d'année pour pouvoir s'étendre dans d'autres pays de la région. En plus d'être une solution à un besoin bien identifié du marché, ce qui a aidé Maad, c'est la success story de la start-up de paiement mobile Wave, première licorne bien implantée au Sénégal et valorisée à 1,7 milliard de dollars. « À l'époque, quand on faisait notre levée, le fait d'avoir eu Wave qui avait fait sa levée, ça nous avait beaucoup aidés parce que du coup, les gens disaient maintenant que c'était possible, alors qu'avant ce n'était pas possible », souligne Sidy Niang. À lire aussiCôte d'Ivoire: des start-up parient sur le monde de l'éducation Des investisseurs locaux encore trop peu nombreux Le business de la fintech est naissant, une dizaine d'années, et les investisseurs locaux ne sont pas encore assez nombreux. C'est pour cette raison que Marième Diop a fondé le réseau Dakar Network Angels en 2018. Il est présent aujourd'hui dans plusieurs pays pour développer la confiance des investisseurs locaux, ce qui est indispensable pour convaincre aussi les investisseurs étrangers. Ces dernières années, le marché évolue dans le bon sens, selon elle : « On le voit maintenant de plus en plus, des entrepreneurs qui ont l'expérience de la levée, pour beaucoup, ils développent des relations avec d'autres pays ou avec leurs pairs entrepreneurs dans le même écosystème, ils commencent maintenant à comprendre davantage le langage des investisseurs, explique-t-elle. Donc, finalement, petit à petit, on y arrive. » Selon Marième Diop, les États doivent aussi adapter la législation pour permettre une meilleure circulation des capitaux pour rassurer les investisseurs qui veulent rapatrier leurs fonds quand ils le veulent. Mais aussi mettre en place des mesures incitatives : « Il faut pouvoir donner des subventions, il faut pouvoir donner des prêts à taux zéro, du capital de prêts d'amorçage, un spectre plus large d'instruments qui sont adaptés au prêt d'amorçage, analyse-t-elle. Et bien sûr être prêt aussi à perdre le capital pendant un certain temps pour inciter les jeunes à entreprendre et ensuite leur permettre de construire, tester, expérimenter, échouer plusieurs fois avant de faire émerger des grands succès. » La mise en place d'infrastructures, comme des incubateurs et des accélérateurs, est aussi indispensable pour permettre aux jeunes entrepreneurs de réussir, et ne pas passer à côté des pépites de demain. À lire aussiAu salon VivaTech, les start-up africaines se cherchent une place dans la compétition mondiale | — | ||||||
| 5/25/26 | ![]() L'inflation s'invite dans les préparatifs de l'Aïd en Tunisie | Les musulmans du monde entier s'apprêtent à célébrer l’Aïd el-Kebir, mercredi 27 mai, la plus importante fête de leur calendrier. L'heure est aux préparatifs, notamment sur les marchés. Mais cette année, la fête se heurte à l'inflation. C'est le cas par exemple en Tunisie, où le mois dernier le prix de certaines denrées alimentaires a parfois augmenté de 20%. C'est la conséquence de retards d'approvisionnements, ou encore de la baisse de production suite aux aléas climatiques. Avec notre correspondante à Tunis, Au marché de gros de Bir Kassaa à Tunis, les vendeurs évitent de parler de la hausse des prix. Selon Imed, 61 ans, grossiste, « tout est disponible mais les prix varient chaque jour. Par exemple, à un moment, les pommes de terre étaient à 1,6 dinar le kilo, contre 2 dinars aujourd'hui ». Les prix sont fixés chaque matin selon la loi de l'offre et de la demande et selon le barème de référence publié par le ministère du Commerce. Pour Imed, les prix étant relativement encadrés dans le marché, le problème des prix élevés viendrait surtout des revendeurs : « Tous ceux qui vendent sans autorisation des denrées qu'ils n'achètent pas ici, c'est un problème, alors qu'ici au marché de gros, tout est en règle. » Des intermédiaires qui se multiplient Mais si ces revendeurs de fruits et légumes pullulent et s'approvisionnent parfois directement chez l'agriculteur, c'est aussi parce que les petits producteurs peinent à s'insérer dans ce circuit. Derrière cette difficulté se cache en fait un manque de trésorerie, causé par l'augmentation des prix des engrais et une production de plus en plus affectée par le réchauffement climatique. D'après Leith Ben Becheur, agriculteur et l'un des fondateurs du syndicat agricole Synagri, « les agriculteurs et les producteurs maraîchers dont les exploitations sont de petite taille n'ont pas nécessairement les moyens d'emmener leur production jusque là-bas. Il leur faut automatiquement un premier intermédiaire, qui est à la fois un transporteur et un acheteur de premier niveau. En plus de cela, il y a les marges que prennent les répartiteurs au niveau des marchés de gros, ainsi que des taxes. C'est pour ça qu'il y a de la vente un peu sauvage sur les routes et une multitude d'intermédiaires ». À ces problèmes s'ajoutent aussi des dysfonctionnements dans le stockage. Accusé de faire de la rétention de marchandises pour influencer les prix, le secteur fait l'objet de contrôles sévères depuis quatre ans, précise l'économiste Ridha Chkoundali : « Le fait de considérer le stockage des produits frais comme un comportement de spéculation a fortement perturbé ce secteur. Cela a découragé une partie des producteurs, entraînant une baisse importante de l'offre de ces produits, ce qui a contribué à la hausse significative des prix. » Depuis le mois de mai, l'impact du contexte géopolitique mondial se fait aussi ressentir sur les prix, selon le ministère du Commerce. À lire aussiTunisie: pour l'Aïd, les clients renoncent à l'achat d'un mouton entier | — | ||||||
| 5/24/26 | ![]() Face aux crises mondiales, les défis du développement du commerce intra-africain | Depuis début mars 2026, la crise au Moyen-Orient impacte le secteur économique du monde entier, y compris du continent africain. Hausse des prix du pétrole et des matières premières, hausse du coût des transports... Un contexte qui rappelle l'urgence du développement du commerce intra-africain pour rendre les économies du continent moins dépendantes des marchés extérieurs. C'était une des questions centrales de l'Africa CEO Forum, qui s'est déroulé à Kigali, au Rwanda, les 14 et 15 mai. Avec notre correspondante à Kigali au Rwanda, Le commerce intra-africain devrait atteindre 230 milliards de dollars en 2026, selon l'Afreximbank. Ce chiffre est en augmentation, mais représente toujours moins de 20% des échanges globaux du continent, comme l'explique Ndiamé Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l'Afrique orientale et australe : « L'intégration régionale permettrait de développer une économie d'échelle, favoriserait les investissements, la production et la création d'emplois. Elle rend aussi l'économie africaine plus résiliente, car elle est davantage capable de résister aux chocs extérieurs. Nous le voyons actuellement avec la crise au Moyen-Orient, entre autres. Nous devons renforcer cette dynamique. » La Zlecaf (Zone de libre-échange continentale) reste entravée par certaines barrières, liées à la logistique, au manque d'infrastructures, ou encore à la différence des régulations selon les États. Pour Éric Akoute, directeur de l'APIex, l'Agence publique de promotion des investissements au Bénin, certaines initiatives locales peuvent aider à surmonter ces obstacles : « Nous avons maintenant une démarche de co-investissement, nous avons signé un protocole d'accords avec le CEPICI de la Côte d'Ivoire, nous signons avec d'autres. L'idée aujourd'hui, c'est de voir qui est fort en quoi, et comment nous pouvons mutualiser pour que ce que les autres ont fait de bien, nous puissions les partager. Il s'agit de renforcer les capacités, de transférer les compétences et l'expérience, pour que les agents de promotion que nous sommes puissent bâtir leurs performances sur les autres. » Valoriser localement les matières premières Face aux chocs extérieurs, notamment au Moyen-Orient, la transformation des matières premières s'impose comme un enjeu stratégique urgent selon Bakary Séga Bathily, directeur de l'Agence sénégalaise de promotion des investissements et des grands travaux : « Il y a la nécessité de transformer localement ces ressources qu'on a l'habitude d'exporter. C'est dans ce cadre-là que nous avons signé un traité avec la Sierra Leone : le Sénégal dispose de gaz, la Sierra Leone dispose de minerais de fer, pourquoi pas ne pas transformer dans un de ces deux pays, ces deux ressources là ? Au lieu d'exporter le gaz, nous voulons avoir du gaz domestique parce que nous avons des ressources à transformer. Il s'agit d'assumer cette politique. » Ces grands travaux sont indispensables au développement du commerce intra-africain, parfois confronté aux difficultés de financements, affirme Thierry Hebraud, PDG de la Banque commerciale de Maurice, l'une des premières banques d'Afrique de l'Est : « Les banques africaines n'ont pas la capacité de prêter sur 10 ou 15 ans en dollars. C'est là que nous avons besoin de la complémentarité des financements internationaux. On ne demande pas la charité. Ce qu'on demande, c'est d'avoir accès à des financements longs, qui sont appelés à être remboursés. Arrêtez de voir l'Afrique comme un haut risque. » L'autre enjeu pour le banquier, c'est la dédollarisation des transferts de monnaie intra-africains, afin de réduire les frais de change et faciliter le commerce sur le continent. | — | ||||||
| 5/7/26 | ![]() Au Kenya, le pari d’une énergie verte✨ | renewable energywind power+4 | — | MeridiamProparco | KipetoKajiado+1 | Kenyarenewable energy+5 | — | 2m 14s | |
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