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Les plantes «parlent», mais vous ne les entendez pas
Jun 6, 2026
3m 12s
Ruse, force et nombre: comment les animaux défendent leurs nids et leurs petits
May 23, 2026
2m 43s
Hantavirus, rats et oiseaux: il y a de la vie dans nos poubelles
May 16, 2026
3m 07s
[Trésors cachés du Muséum d'histoire naturelle 1/3] L'Herbier national, une réserve botanique bien gardée
Apr 25, 2026
3m 54s
Une guerre sans pitié: ces plantes qui éliminent leurs rivales
Apr 18, 2026
3m 13s
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| Date | Episode | Topics | Guests | Brands | Places | Keywords | Sponsor | Length | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 6/6/26 | ![]() Les plantes «parlent», mais vous ne les entendez pas✨ | plant communicationchemical signaling+3 | François Bouteau | université Paris-Cité | — | plant communicationchemical signals+6 | — | 3m 12s | |
| 5/23/26 | ![]() Ruse, force et nombre: comment les animaux défendent leurs nids et leurs petits✨ | animal behaviorpredator defense+3 | — | RFIC'est dans ta nature | — | animal tacticsnest defense+3 | — | 2m 43s | |
| 5/16/26 | ![]() Hantavirus, rats et oiseaux: il y a de la vie dans nos poubelles✨ | hantavirusbiodiversity+3 | — | LPO | ArgentineUshuaïa+1 | hantavirusbiodiversity+5 | — | 3m 07s | |
| 4/25/26 | ![]() [Trésors cachés du Muséum d'histoire naturelle 1/3] L'Herbier national, une réserve botanique bien gardée✨ | botanical collectionsnatural history+3 | Germinal Rouhan | Muséum national d'histoire naturelleJardin royal des plantes médicinales | ParisJardin des plantes | Herbier nationalplant specimens+5 | — | 3m 54s | |
| 4/18/26 | ![]() Une guerre sans pitié: ces plantes qui éliminent leurs rivales✨ | plant competitionchemical warfare+3 | — | RFI | — | plantscompetition+5 | — | 3m 13s | |
| 4/11/26 | ![]() Manchots, éléphants de mer: comment le réchauffement climatique menace la vie en Antarctique✨ | réchauffement climatiquemanchot empereur+4 | — | UICN | Antarctiquepôle Sud+2 | réchauffement climatiquemanchot empereur+5 | — | 3m 21s | |
| 4/4/26 | ![]() Découvrez le conseil-santé d'Entabu, chimpanzé et médecin✨ | chimpanzeeshealth+3 | Sabrina Krief | Sebitoli Chimpanzee Project | Ougandaparc national de Kibale+1 | chimpanzeesself-medication+5 | — | 3m 22s | |
| 3/28/26 | ![]() Les derniers secrets des oiseaux migrateurs✨ | migrationbirds+3 | — | RFI | AllemagneEspagne+1 | migrationbirds+5 | — | 3m 58s | |
| 3/21/26 | ![]() Certaines plantes ne perdent jamais la boule✨ | plant adaptationarid environments+3 | — | Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie de Marseille | Haut AtlasMaroc | spherical plantsarid adaptation+3 | — | 3m 21s | |
| 3/14/26 | ![]() Dix choses que vous ignorez peut-être sur les chats✨ | catsanimal behavior+3 | — | programme spatial françaisVéronique | — | catsFélicette+5 | — | 3m 14s | |
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| 3/7/26 | ![]() Comment les mouettes, les goélands et les cormorans ont colonisé la Seine à Paris✨ | birdsurban wildlife+4 | Frédéric Malher | LPO Île-de-FranceVos gueules les mouettes ! | SeineParis+1 | mouettesgoélands+5 | — | 4m 35s | |
| 2/28/26 | ![]() Au Salon de l'agriculture, un salon de beauté pour chiens de berger | Le Concours général agricole récompense chaque année à Paris les plus beaux chiens de berger, choyés par leurs propriétaires. Reportage dans les allées du Salon de l'agriculture 2026. Une petite foule commence à se presser autour du « ring » où se déroule l'une des épreuves du Concours général agricole, qui récompense chaque année, au Salon de l'agriculture à Paris, les meilleurs animaux de la ferme. Veaux, vaches, cochons… et chiens. « Mes amis ne savaient pas que les chiens étaient au Salon de l'agriculture tous les ans. Pour eux, c'était cette année exceptionnellement parce que les vaches, qui ne sont pas là [à cause de l'épidémie de dermatose, NDLR], ont été remplacées par les chiens. Alors que non, les chiens sont présents tous les ans », rappelle Lætitia Cabrol, venue spécialement de Béziers, dans le sud de la France, avec Twister, son berger des Pyrénées à face rase. Comme l'explique Elodie Dormoy, en train de toiletter, dans son box, Sony des Anges, son corgi pembroke âgé de quatre ans, tous les chiens du concours « sont des chiens de berger », des races initialement destinées à garder les animaux de la ferme. « Les juges vérifient la conformité du chien par rapport aux standards de sa race », explique-t-elle. Démêlant pour cheveux Des critères subjectifs peuvent aussi entrer en compte. « On ne peut pas oublier le petit coup de cœur, parce qu'un chien, quand vous le voyez, il y en a qui vraiment vous prennent le cœur. On ne va pas l'empêcher, c'est un jugement humain », précise le speaker du concours, qui commente inlassablement la compétition au micro, du bord du ring. Surtout, « il faut que le chien courre avec élégance. C'est un concours de beauté », sourit Françoise Lauer, venue de Strasbourg, dans l'est de la France, avec un bearded collie, ou colley barbu, aux longs poils. Ou plutôt « une », car « c'est une fille, elle s'appelle Ti Amo », comme la chanson d'Umberto Tozzi. Au milieu des cages qui accueillent les chiens, au milieu des aboiements, le Salon de l'agriculture a des allures de salon de beauté, et Françoise Lauer prépare Ti Amo pour qu'elle soit la plus belle : « Ça demande de l'organisation. Il faut laver le chien au préalable. Il faut qu'elle ait le poil qui tombe très bien. C'est toute une technique pour que les cheveux tiennent en arrière. Pas de la laque, mais du gel, et un démêlant pour ne pas lui tirer sur les cheveux, pour que ça ne fasse pas mal. » Dans les concours canins, les « filles » ont des cheveux, pas des poils. Tous les candidats, ou plutôt leurs propriétaires, donnent coups de peigne ou coups de ciseaux avant de passer sur le ring et d'être jugés. Dorothée Baraton est ainsi affairée sur un berger australien, le chien d'une amie, « pour qu'il soit plus présentable ». « Je pense que la maîtresse est plus stressée que le chien », rit-elle. Deux testicules sinon rien Ici, pas d'épreuve de dressage ou de travail. « On est dans de la beauté, donc on n'arrive pas tout crotté, s'exclame Bernadette Frogier, éleveuse de berger blanc, un descendant du berger allemand. Il faut que le chien se présente bien, accepte qu'on lui regarde les dents – parce qu'on vérifie que le chien a bien toutes ses dents. Le juge va vérifier aussi pour les mâles s'il a bien ses deux testicules, sinon c'est éliminatoire. Ah oui ! Pour se reproduire, il faut que le mâle ait ses deux testicules. Sinon, ça fait des problèmes après au niveau des chiots... » « Oui, vous avez le droit d'applaudir les chiens !, encourage au bord du ring le speaker, alors que les spectateurs sont de plus en plus nombreux. Je dirais qu'ils sont cabots, sans mauvais jeu de mot ! » Les chiens défilent devant les juges, qui les examinent un par un. « Et après, poursuit Bernadette Frogier, on fait un tour de ring en trottant parce qu'on recherche l'allure bergère du berger : le trot allongé, un beau port de queue qui descend, des belles oreilles... » « Vous voyez bien les oreilles, commente le speaker auprès d'un public souvent profane. Vous voyez bien la distance entre les deux oreilles et le bout du nez. » Un peu plus loin, en attendant son tour, Dorothée Baraton commente : « Ils sont gentils, vous savez, parce qu'ils sont patients... » La question de la semaine | — | ||||||
| 2/21/26 | ![]() L'alcool, une histoire de plantes et d'animaux | L'alcool est dans la nature. Des végétaux produisent naturellement de l'éthanol dont raffolent certaines espèces : des singes, des oiseaux ou des chauves-souris. Il n’y a rien de plus naturel que l’alcool. L’éthanol, son nom scientifique, est apparu sur Terre il y a une centaine de millions d’années, quand les plantes ont produit des fleurs, et donc des fruits, qui finissent par pourrir : ils fermentent, un processus chimique mêlant sucre et levure. L'humain n'a pas le monopole de l'alcool, mais chez les autres animaux, on mange de l’alcool plutôt qu’on en boit. C’est le cas des singes, qui seraient tombés dedans il y a 10 millions d’années, lors d’une longue période de sécheresse, contraints de se rabattre sur des fruits pourris tombés au sol, des fruits fermentés. L'alcool tue en volant Le chimpanzé, notre cousin le plus proche, consomme chaque jour en fruits l’équivalent d’une pinte de bière. Une expérience menée sur d’autres singes, des vervets, a aussi montré leur penchant pour l’alcool. Ils avaient le choix entre un verre de jus de fruit et un verre d’éthanol ; seulement 15 % ont choisi le jus de fruit. Certains animaux consomment avec modération. Une chauve-souris africaine choisit des fruits à faible teneur en alcool, 1 % au maximum, sans doute pour éviter de voler en état d’ivresse. Ce qui n’est pas le cas d’une espèce d’oiseau d’Amérique, le jaseur. Il ne tient pas l’alcool, percute régulièrement des obstacles, et certains en meurent. Parfois l’alcool tue en volant. Un drame lié à l'alcool a eu lieu en Inde quand un éléphant a tué quatre personnes dans leur sommeil, en les écrasant, attiré par un stock d’alcool frelaté. Mais vu le poids de l’éléphant, peu de risque qu’il s’enivre : il lui faudrait boire au moins 40 litres d’alcool, soit manger près de 1 500 fruits fermentés. Source d'énergie Un autre animal tient très bien l’alcool, malgré son petit poids, à peine 50 grammes. Il s’agit du ptilocerque, un mammifère d’Indonésie de la taille d’un rat. Il peut absorber l’équivalent de neuf verres de bière, sans le moindre signe d’ébriété. Mais les animaux recherchent-ils l’ivresse comme les humains ? Plutôt de l’énergie, et l’alcool est particulièrement calorique. Une espèce de mouche ferait, elle, exception. Les femelles alcoolisées ont tendance à multiplier les partenaires sexuels – l’alcool désinhibe. Alors que les mâles rejetés par leur partenaire font le plein d’éthanol – on boit pour oublier. La question de la semaine À lire aussiPourquoi le frelon oriental tient-il si bien l’alcool? | — | ||||||
| 2/14/26 | ![]() La Saint-Valentin des plantes, fidèles ou polyamoureuses | Si les végétaux offrent des fleurs pour séduire, ce sont leurs propres fleurs, pour attirer les pollinisateurs. Certains ne jurent que par la fidélité quand d'autres pratiquent l'amour libre. C'est le massacre de la Saint-Valentin. Deux cents millions de roses sont coupées en quelques jours chaque année dans le monde juste pour la fête des amoureux. Des fleurs mortes pour célébrer l'amour... Oui, ça sent la rose, mais aussi les pesticides. La Saint-Valentin des plantes, dans leur milieu naturel, a un tout autre parfum. Les plantes aussi offrent des fleurs, mais ce sont leurs fleurs (leurs couleurs, leurs parfums et leur nectar), pas à d'autres plantes mais à des insectes, en général, qui jouent les entremetteurs, pour qu'il y ait pollinisation. Un triangle amoureux, où la séduction ne sert qu'à la reproduction. Figue féconde Certaines plantes sont particulièrement fidèles ; elles dépendent d'une seule espèce pour se reproduire. C'est le cas du figuier, un symbole de fécondité dans l'Antiquité, à cause de la sève blanche qui s'écoule quand on coupe une figue – pas besoin de faire un dessin... Depuis la nuit des temps, le figuier a fait alliance avec une espèce unique pour être fécondé : une guêpe. Elle entre dans la figue pour y pondre ses œufs et transporte ainsi le pollen. La plante et l'animal ont co-évolué pendant des millions d'années. Résultat : pas de guêpe, pas de figue, et sans figue, pas de guêpe non plus. C'est l'amour exclusif, mais c'est l'amour du risque : une seule guêpe vous manque et tout est dépeuplé. L'amour à l'aveugle Mais la plupart des plantes pratiquent le polyamour, multiplient les contacts pour multiplier leurs chances de se reproduire. La fleur de colza, par exemple, est pollinisée par plus de cent espèces d'insectes. Il y a aussi des plantes qui font l'amour à l'aveugle : les plantes anémophiles qui sèment à tout vent, tels les conifères. Comme un amoureux sur Tinder qui fait répondre à tous. À ce jeu de l'amour et surtout du hasard, sur des millions de graines, il y en aura bien une pour qui ça va matcher. Enfin, des plantes n'ont besoin de personne et pratiquent l'autofécondation. C'est le cas des céréales, le blé ou le riz. Certes, ce n'est pas terrible pour la diversité génétique, mais pas de déception amoureuse, ni rupture, ni jalousie. On n'est parfois jamais si bien servi que par soi-même. La question de la semaine | — | ||||||
| 2/7/26 | ![]() Des insectes nettoyeurs au service de l'humanité | Des mouches, des vers ou des scarabées sont de véritables agents de ménage en se nourrissant de nos déchets. Vous en avez assez de faire le ménage ? Voici l'armée silencieuse, ou presque, des petites mains qui nous débarrassent des déchets. Ici, ce sont plutôt les petites bouches de petites mouches : la mouche soldat noire pond ses œufs dans les poubelles et le compost. Elle valorise nos déchets et les transforment en engrais. Mouches cicatrisantes Les mouches nettoient aussi les plaies, depuis l'Antiquité, quand il n'y avait pas d'antibiotiques. On appelle ça l'asticothérapie, pratiquée aussi à Diên Biên Phu par l'armée française à court de médicaments. Les larves, pour se nourrir, détruisent les tissus infectés, et leurs sécrétions ont une action antiseptique. Aujourd'hui, en France ou aux États-Unis, les asticots sont officiellement reconnus comme des médicaments. Main-d'œuvre immigrée Au milieu du XXe siècle, l'Australie a dû faire appel à des champions du nettoyage, parce qu'il n'y avait, dans l'immense territoire, aucun insecte capable de décomposer les bouses des vaches importées. Les insectes coprophages présents sur place se contentaient des petites crottes des kangourous. À cause des bouses de vache – 300 millions par an –, plus d'un million d'hectares de pâturages étaient ainsi perdus chaque année. L'Australie a donc fait venir des bousiers, ces petits scarabées célèbres pour rouler des boules de bouse dont ils se régalent. Mais aujourd'hui, les vermifuges qu'on donne au bétail menacent les populations de bousiers. Nourriture plastique Face à la pollution plastique qu'il génère, l'humain aurait pu avoir un allié : le ver de cire, la chenille d'un papillon qui peut vivre plus d'un an nourrie uniquement de polyéthylène. Lors d'une expérience, une soixantaine de larves ont mis une semaine à dévorer un sac plastique. Pas mal, mais ce ne sera pas suffisant vu l'ampleur de la tâche et les 400 millions de tonnes de déchets plastiques produits chaque année. On ne peut pas toujours compter sur les autres animaux. La question de la semaine | — | ||||||
| 1/31/26 | ![]() Près de 27 ans après la marée noire, l'Erika continue de tuer des oiseaux marins | Des oiseaux ont été retrouvés morts sur les côtes bretonnes, et le coupable a été identifié : du fioul du pétrolier Erika, naufragé fin 1999 et affrété par Total, qui continue de s'échapper. Le pétrole est l'ennemi des oiseaux de mer. En mer, on fait parfois de mauvaises rencontres. Comme une flaque de pétrole, flasque et gluante. Une quinzaine d'oiseaux marins ont ainsi été retrouvés morts sur les côtes bretonnes, dans l'ouest de la France, souillés par le mazout de l'Erika, plus de 26 ans après que le pétrolier affrété par Total s'est coupé en deux, le 12 décembre 1999. Entre 150 000 et 300 000 oiseaux avaient été tués à l'époque par la marée noire. Mais il y a aussi le Tanio, un autre pétrolier naufragé il y a 46 ans, toujours au large de la Bretagne. « Le Tanio est un bateau très connu de nous, ornithologues, et à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), parce que chaque année, ou quasi chaque hiver, le bateau libère des nappes de fioul, et les oiseaux se souillent dans ces nappes, raconte Cédric Marteau, le directeur de la LPO. Ce qui est nouveau, aujourd'hui, c'est l'Erika. On a pour la première fois retrouvé sur des oiseaux marins des traces de ce fioul Erika. » Peu de chances de survie pour un oiseau souillé Les oiseaux marins et le pétrole, issu des marées noires ou des dégazages, ne font évidemment pas bon ménage. « Ils vivent à 100% en mer à part pour se reproduire, ce qui est très différent des oiseaux côtiers, explique Cédric Marteau. Et donc, ils s'alimentent en mer, ils dorment en mer, ils se posent sur l'eau et ils sont souillés. » Les chances de survie sont alors très minces. « À partir du moment où les oiseaux ont ingéré du fioul, en se nourrissant ou en voulant se nettoyer, on considère qu'il est très difficile de les sauver, poursuit Cédric Marteau. Il suffit parfois qu'il n'y ait que quelques plumes pour que l'oiseau soit simplement handicapé, n'arrive plus à vivre seul et donc vienne s'échouer. » À cause du pétrole, les plumes ne sont plus imperméables, et pour un oiseau de mer, c'est quand même un problème. Les oiseaux marins parmi les espèces les plus menacées Les oiseaux marins sont le deuxième groupe d'oiseaux le plus menacé au monde, à cause des marées noires, des dégazages mais aussi de la pêche, juste après les perruches et les perroquets en raison de la déforestation. Et on risque de perdre les oiseaux marins à tout jamais, parce qu'il est impossible de mettre en place des programmes de réintroduction. « La spécificité de ces oiseaux marins, c'est qu'évidemment, on ne peut pas les élever, souligne Cédric Marteau, de la LPO. Parfois, avec des oiseaux terrestres, on peut espérer les faire se reproduire, et quand les conditions s'améliorent, les réintroduire dans leur milieu. Les oiseaux marins, c'est impossible. Si on perd une espèce ou si une espèce d'oiseau marin est en danger, on ne peut malheureusement rien faire. » À lire aussiFrance: 27 ans après le naufrage de l'Erika, du fioul identifié sur des oiseaux en Bretagne La question de la semaine | — | ||||||
| 1/24/26 | ![]() Des animaux pas si bêtes | Des chevaux, une vache et des corbeaux ont fait l'actualité cette semaine en raison de leur intelligence et de leurs capacités cognitives. Nos amis les bêtes n'ont jamais aussi mal porté leur surnom. La preuve en trois informations publiées cette semaine et qui révèlent, ou rappellent, les facultés cognitives parfois étonnantes du monde animal. Les chevaux, la sueur et la peur Les chevaux sentent la peur, au sens propre, si on peut dire : notre transpiration dégage une odeur différente selon que l'on a peur ou que l'on est joyeux, et les équidés sont capables de la ressentir, selon une étude scientifique française publiée ce 14 janvier. Les chercheurs ont soumis aux naseaux de chevaux des tampons imbibés de sueur humaine récupérés après le visionnage d'un film d'horreur. Les chevaux ont détecté l'odeur de la peur, en témoigne alors leur comportement : plus nerveux, le cœur qui bat plus fort... Une contagion émotionnelle, une communication chimique qui restent encore à expliquer. La vache et le bâton On reste à la ferme et c'est un grand meuh, ou un grand oui, pour Veronika, une brune autrichienne, la vache la plus célèbre au monde depuis la publication cette semaine d'une étude scientifique dont elle est l'héroïne. Veronika est le premier bovin à utiliser un outil. En l'occurrence, un bâton, pour se gratter le dos. La scientifique autrichienne venue observer le phénomène lui a alors donné un balai, et là, nouvelle surprise, Veronika a utilisé la brosse pour se gratter le dos, et le manche, au bout arrondi, pour se gratter le ventre. Un même outil pour deux fonctions : seuls les singes et les humains en sont capables. Dans un regard bovin, quoiqu'en disent les mauvaises langues, il y a de l'intelligence. Veronika rejoint ainsi le club VIP des animaux capables d'utiliser des outils – une centaine d'espèces ont ainsi été observées. Comme les chimpanzés, qui peuvent utiliser une quarantaine d'outils, par exemple une pierre pour casser des noix. Les corbeaux, eux, posent des noix sur la route et attendent que les roues des voitures viennent les briser. Les corbeaux anti-Trump Les corvidés sont sans doute les animaux les plus intelligents après les singes et, aux États-Unis, un militant anti-Trump fait le buzz sur les réseaux sociaux en dressant des corbeaux à attaquer les fameuses casquettes rouges MAGA portées par les partisans de Donald Trump. Plusieurs mois d'entraînement ont été nécessaires pour que les corbeaux détectent les casquettes rouges et les enlèvent d'un coup de bec pour aller déguster la nourriture cachée dessous. Les corbeaux ne font pas de politique, c'est juste l'appel du ventre. Mais voilà qui promet un drôle de remake du film d'Alfred Hitchcock, The Birds (Les Oiseaux), lors d'un prochain meeting de Donald Trump. La question de la semaine À écouter dans Autour de la questionSommes-nous trop bêtes pour comprendre l’intelligence des animaux? | — | ||||||
| 1/17/26 | ![]() Les animaux qui puent: sentir fort pour se sentir fort | Dans le monde animal, certaines espèces émettent une odeur nauséabonde pour faire fuir leurs prédateurs. Et c'est efficace. Attention, ça va puer. Le putois n'est pas très agréable à entendre, et pas très agréable à sentir non plus. Le petit mammifère au corps allongé doit son nom à sa réputation olfactive. Le putois pue, enfin pas tout le temps, seulement quand il est stressé. Une odeur putride, qui lui sert à marquer son territoire et à faire fuir les prédateurs, une odeur issue de ses glandes anales. « Casse-toi, je pue ! », ce que dit aussi la moufette face à un prédateur. L'animal à la fourrure noire, où se dessine un V en blanc, lève la queue et balance jusqu'à cinq ou six mètres un liquide visqueux qu'on peut sentir jusqu'à un kilomètre. Ça pue, et cela brûle. Une arme chimique, une arme de dissuasion massive, utilisée seulement en dernier recours parce qu'il faut du temps pour la produire. Le geste et l'odeur L'opossum, lui, joint le geste à l'odeur. Il pratique la thanatose : il fait le mort face à un prédateur. Et pour rendre la mise en scène encore plus crédible, son corps dégage une odeur de putréfaction. Les prédateurs font demi-tour. Une odeur pour faire fuir, mais aussi pour séduire. C'est le cas du chevrotain porte-musc – oui, le musc utilisé en parfumerie et en médecine traditionnelle. Les sept espèces de porte-musc présentes en Asie ont été tellement chassées par l'Homme pour leur odeur qu'elles sont aujourd'hui menacées d'extinction. Poisson pourri Mais il n'y a pas que les mammifères qui puent. Prenez le fulmar, un oiseau marin. Si on s'approche trop près du nid, il vomit, et ça sent le poisson pourri. Chez les insectes, il y a la punaise, et son nom là non plus ne doit rien au hasard. Chaque punaise a son propre parfum, unique, comme une empreinte digitale. C'est pour protéger ses petits que la punaise pue. Elle asperge ses œufs d'une substance odorante qui peut être paralysante. Parfois dans la nature, il faut sentir fort pour se sentir fort. | — | ||||||
| 1/10/26 | ![]() La mort du super éléphant Craig, une perte pour le Kenya et l'humanité | L'un des derniers « Big Tuskers » présents en Afrique est décédé à l'âge de 54 ans. Le pachyderme devait sa renommée à ses immenses défenses qui touchaient presque le sol. Un géant d'Afrique vient de disparaître, et c'est une perte pour l'humanité. Le Kenya a annoncé en début de semaine la disparition de Craig, l'un des derniers « Big Tuskers » (« grosses défenses »), comme on appelle ces éléphants aux défenses impressionnantes encore vivants en Afrique – il n'y en aurait plus qu'une trentaine. « Un éléphant comme Craig... personne ne peut rester indifférent face à une créature comme celle-là, parce que c'est vraiment quelque chose qui est en train de disparaître de la surface de notre planète. C'est bouleversant... », témoigne Vincent Jolly, grand reporter au Figaro Magazine, qui a eu la chance de rencontrer Craig en 2024. Craig est mort de sa belle mort, mais l'un de ses cousins a été tué un mois plus tôt, légalement, en Tanzanie, où la chasse est autorisée, alors que le Kenya, le pays voisin où vivait Craig, l'a abolie dès 1973. « La première crainte que j'ai eue en apprenant sa mort, poursuit Vincent Jolly, c'est qu'il se soit fait abattre de l'autre côté de la frontière, en Tanzanie. Les éléphants se fichent des frontières humaines. » À lire aussiKenya: mort de Craig, éléphant iconique aux défenses gigantesques Victimes de leur génétique Craig avait fière allure, fier de ses défenses : une cinquantaine de kilos chacune, elles touchaient presque le sol. De quoi attiser la convoitise des chasseurs et des braconniers. « De la même manière que chez les humains vous allez avoir des gens qui sont plus grands, les défenses sont uniquement dues à quelque chose de génétique », explique Vincent Jolly. Depuis la colonisation et ses massacres de masse, les super éléphants comme Craig ont été victimes de leur génétique. « On chassait les éléphants qui avaient les plus grosses défenses et donc il est rare de trouver chez les éléphants qui naissent aujourd'hui cette génétique qui va leur procurer des défenses aussi larges et aussi grosses. » On ignore si Craig avait des descendants. Il a vécu jusqu'à 54 ans, grâce aux rangers du parc national d'Amboseli. « Craig a eu une vie belle et longue grâce au travail de gens qui passent toute l'année à faire en sorte de trouver des solutions de médiation avec la population, parce qu'on ne peut pas protéger l'environnement si on ne donne pas une alternative aux populations ultra-précaires qui ont envie d'exploiter leurs terres et de vivre comme vous et nous », souligne Vincent Jolly. Sur notre petite Terre, il faut de la place pour tout le monde. La question de la semaine | — | ||||||
| 1/3/26 | ![]() Vol au-dessus de la canopée, le radeau des cimes de Francis Hallé | Le biologiste français Francis Hallé est décédé le 31 décembre 2025 à l'âge de 87 ans. Amoureux et défenseur des arbres, il avait imaginé un engin pour explorer le sommet des forêts tropicales, milieu le plus vivant au monde. C'est un radeau qui flotte non pas en mer mais dans l'air, au-dessus d'un océan vert, au-dessus des forêts tropicales. Un radeau imaginé par Francis Hallé, mort à 87 ans le 31 décembre. Le célèbre biologiste français voulait observer, sur un filet suspendu à un dirigeable, une biodiversité d'une richesse incroyable, comme l'avait montré peu avant le biologiste américain Teddy Erwin, aux méthodes peu orthodoxes. « Lui-même n'était pas monté, parce qu'à l'époque il n'y avait pas de système commode. Il a mis sur le sol un canon à gaz toxique qui tuait les bestioles qui étaient là-haut et qu'il recueillait au sol sur des draps blancs. Ce n'est pas très élégant, mais à l'époque on ne pouvait pas faire mieux. Grâce aux travaux de Terry Erwin, la biodiversité mondiale est passée de 3 millions à 30 millions [d'espèces] », racontait, en 2022, Francis Hallé au micro de Caroline Lachowsky dans l'émission Autour de la question. Plus forte biodiversité sur la planète Alors Francis Hallé décida d'aller voir au plus près, là-haut, tout là-haut, à 30 ou 50 mètres du sol, grâce au Radeau des cimes, respectueux de la biodiversité. « En bas, il y a 0,1% de l'éclairement total. Il y a très peu de lumière. Il faut que l'œil s'habitue, mais cela reste malgré tout très sombre, et on y trouve donc très peu de plantes et d'animaux. Tandis que lorsque vous êtes là-haut, il ne faut pas perdre de vue que c'est l'endroit où la biodiversité est la plus forte au niveau mondial. C'est le milieu le plus vivant du monde », précisait Francis Hallé. Trente ans d'expéditions ont ainsi été menées au-dessus de la canopée des forêts tropicales d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud. Quatre cents scientifiques y ont participé pour découvrir, au Cameroun, au Gabon, au Laos ou encore au Brésil, des milliers d'espèces nouvelles. « Les journalistes nous demandaient souvent si on en avait trouvées. Ça nous faisait rigoler parce que la difficulté là-haut est de trouver une espèce qui soit déjà connue », souriait Francis Hallé. La beauté des forêts primaires Des lézards, des grenouilles, des cigales, quantité d'insectes, des mammifères et bien sûr des oiseaux. D'autres plantes que les arbres aussi, qui ne touchent jamais terre : des orchidées ou des fougères qui vivent accrochées aux branches. Francis Hallé a aussi vu que la canopée était une vraie machine climatique : l'évapotranspiration des feuilles engendre des nuages – oui, les arbres peuvent faire pleuvoir. Dans son Radeau des cimes, au-dessus des forêts tropicales, Francis Hallé a révélé un autre monde, suspendu, ignoré quand on est au sol. Il a rencontré la beauté. « Entre une forêt primaire et une forêt secondaire, ce qui apparait immédiatement, c'est la beauté. Si je vous parle de biodiversité, il va falloir faire des inventaires pendant des années. Tandis que la beauté, elle apparait immédiatement. C'est ça que j'aime bien », racontait encore le biologiste. À lire aussiPourquoi remonter sur le radeau des cimes? | — | ||||||
| 12/27/25 | ![]() Rétro 2025: de belles histoires animales | Une ourse et une orque maternelles, un sanglier materné... Cette année, des animaux ont marqué l'actu. Maman ourse C'est presque un conte de Noël, qui s'est passé en novembre, dans le Grand Nord canadien. Une ourse polaire avait un petit, et puis quelque temps plus tard, les scientifiques qui la suivent l'ont aperçue avec un deuxième ourson, qui n'était pas le sien, qu'elle a donc adopté, dans des circonstances inconnues. C'est extrêmement rare, mais dans le froid de l'hiver arctique, maman ourse a un cœur chaud comme ça. Histoires d'orques L'amour maternel, jusqu'au bout. L'amour d'une orque, appelée Talequah, aperçue dans le Pacifique, au large des États-Unis, portant sur son dos la dépouille de son petit, sans vie, pour l'empêcher de disparaître en mer à tout jamais. L'amour, la mort, et puis la vie : quelques jours plus tard, les scientifiques au chevet de cette espèce d'orque menacée d'extinction ont observé une naissance. Une histoire d'orque, encore, avec la mort de Kshamenk, connue comme le cétacé le plus seul au monde. L'orque avait été capturée, dressée et exposée dans un parc aquatique argentin, enfermée dans un bassin à la taille scandaleuse, à y tourner en rond pendant 33 ans. La mort comme une libération. Rillette rieuse En 2025, Rillette a fait vibrer le cœur des Français. Rillette est un sanglier, ou plutôt une laie, la femelle du cochon sauvage. Rillette fut sauvée des chasseurs par une famille d'accueil humaine, mais Rillette et ses 100 kilos étaient à présent menacés d'euthanasie par les autorités. Le sort de Rillette a alors ému le pays. Un sanglier devenu presque cause animale, au point de déclencher des pétitions, et même une chanson. Puisqu'on vous a promis de belles histoires, celle-ci finit bien. Le préfet a cédé, Rillette a été graciée, Rillette ne finira pas en pâté. Raton buveur Une dernière pour la route, avec la folle soirée alcoolisée d'un raton laveur aux États-Unis. Le petit mammifère à la queue rayée s'était introduit dans un magasin d'alcool et il s'en est donné à cœur joie. Pas moins de quatorze bouteilles éclatées, menu dégustation en formule all inclusive, avec un petit penchant pour le whisky. Le raton buveur a fini sa nuit dans des circonstances qui vous rappelleront peut-être des souvenirs : affalé, complètement ivre, dans les toilettes. À lire aussiL'intelligence animale: les hiérarchies bouleversées du vivant | — | ||||||
| 12/20/25 | ![]() Éléphants, lions, guépards... D'où viennent les animaux de la CAN? | Des Lions de l'Atlas aux Éléphants de Côte d'Ivoire, en passant par les Aigles du Mali et les Guépards du Bénin, pourquoi la majorité des sélections nationales de foot en Afrique ont-elles pour emblème des animaux ? Six équipes de foot africaines sur dix ont pour emblème un animal, parce que l'Afrique abrite quelques-unes des espèces les plus charismatiques, à commencer par le lion. Trois pays se sont choisi comme emblème le roi des animaux, dans l'espoir d'être les dieux du stade : le Cameroun, et les Lions indomptables, le Maroc et les Lions de l'Atlas, une sous-espèce disparue à l'état naturel, et le Sénégal, avec les Lions de la Teranga. « Par sa crinière, le lion impose la respectabilité. Il vous fait peur, souligne le journaliste Rémy N’Gono, consultant à Radio Foot Internationale. Quand les Sénégalais entrent dans un stade, ils agissent comme des lions : ils se jettent sur la proie. Ils ont faim. Ils ont envie de te dévorer ! » Des animaux puissants Les félins, superprédateurs, se taillent d’ailleurs la part du lion. « L’animal représente souvent la puissance dans les totems. Prenez le léopard du Zaïre de Mobutu Sese Seko. Il avait décidé que ce serait et son emblème et l’emblème de l’équipe nationale », rappelle Rémy N’Gono. « Dans le choix d’un emblème, précise le sociologue du sport Patrick Mignon, il y a quelque chose qui relève de ce qu’on va penser être un consensus sur une représentation de soi ; quel est, effectivement, l’animal sur lequel on va pouvoir trouver un accord qui satisfera tout le monde. À partir de là, c’est aussi une image qu’on renvoie à l’adversaire. » La force tranquille des Zébus de Madagascar, le mordant des Scorpions de Gambie, ou la puissance des Étalons, l’animal symbole du Burkina Faso… On choisit un emblème, lié à son pays, pour ses qualités physiques. « En Afrique, il y a des animaux qui sont beaucoup respectés, mais qu’aucune équipe ne peut prendre comme nom ou comme sobriquet. Par exemple : la tortue. Tout le monde te dira en Afrique que c’est l’animal le plus intelligent. Mais le football représente un combat, donc à partir de cet instant, on cherche celui qui peut avoir la force de pouvoir gagner, pas par la ruse, mais par la détermination, l’endurance, le côté physique », explique Rémy N’Gono. La loi de la jungle sur la pelouse Trois pays ont choisi l'aigle : la Tunisie, le Nigeria et le Mali. Mais que dire alors des Hirondelles du Burundi ? En 2023, le Bénin a officiellement changé de nom. Les Écureuils sont devenus les Guépards. Ce qui fait sourire Rémy N’Gono : « Dans la forêt, où les fauves sont là, l’écureuil est sur des branches en train de chercher des noix de palmiste. Mais qu’est-ce que l’écureuil peut gagner ? Du coup, [les Béninois] se sont dit : nous allons devenir des guépards. Mais vous le savez très bien : l’âne a beau changer de nom, il restera toujours un âne ! ». En 2019, les Lions de la Teranga se faisaient battre en finale par les Fennecs, les renards rusés du désert algérien. La loi de la jungle n'est pas toujours respectée. À lire aussiLe lion de l’Atlas, disparu mais vivant | — | ||||||
| 12/13/25 | ![]() Les céphalopodes font pieuvre d'intelligence | Les poulpes ont-ils vraiment neuf cerveaux ? Comment sont-ils capables de résoudre des problèmes complexes ? Gros plan sur les plus perspicaces des animaux invertébrés. [REDIFFUSION DU 18 MAI 2025] C'est une expérience, réalisée par le commandant Cousteau, qui a révolutionné la compréhension des céphalopodes et suscité le plus grand intérêt pour cette famille de mollusques à laquelle appartiennent les poulpes, les sèches ou les calamars. Un poulpe est placé devant un bocal dans lequel est enfermé un crabe. « Que fait le poulpe ? Non seulement il voit qu'il y a un crabe – très bonne vision. Ensuite, il arrive à comprendre qu'il y a un couvercle. Et il arrive à trouver les moyens, avec ses bras munis de ventouses, d'ouvrir le bocal, c'est-à-dire de tourner le couvercle, raconte Laure Bonnaud-Ponticelli, professeure au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris. Quand les scientifiques se sont aperçus de cela, ils se sont dit : "Ah, mais en fait, ces bêtes ont un cerveau qui pourrait correspondre au nôtre". Et comme nous sommes intelligents, on s'est dit : "Ils sont donc intelligents." » Les poulpes ou les pieuvres (ce sont les mêmes animaux, le mot pieuvre ayant été inventé par Victor Hugo) sont les invertébrés les plus intelligents. En regardant un tuto sur une vidéo, un poulpe avait ensuite été capable de résoudre le problème auquel il était confronté. En revanche, contrairement à une idée reçue, ces céphalopodes n'ont pas neuf cerveaux. « Ils ont un gros cerveau, précise Laure Bonnaud-Ponticelli. Et puis ils ont des espèces de petits amas de cellules nerveuses à la base de chacun de leurs huit bras. Il semblerait qu'il y ait malgré tout une certaine autonomie de ces mini-centrales nerveuses qui pourraient commander les bras indépendamment. » Paul le poulpe C'est aussi ce cerveau qui commande l'incroyable capacité des poulpes à changer de forme, de texture et de couleur, pour se fondre dans le paysage, en un millième de secondes. « Ils ont dans leur peau un très grand nombre de cellules qui sont responsables de ces changements. Quand un ordre est donné par le cerveau à la vitesse de l'influx nerveux, si rapide qu'on ne le voit pas à l'œil nu, tout est interconnecté. Ce qui fait que l'animal va complètement disparaître aux yeux des prédateurs, également aux yeux des proies », explique Laure Bonnaud-Ponticelli. Un poulpe avait défrayé la chronique pendant la Coupe du monde de football en 2010. Le célèbre Paul le poulpe, une pieuvre enfermée dans un aquarium en Allemagne. Un champion des pronostics qui désignait presque toujours le drapeau du futur vainqueur. Mais ici pas d'intelligence ni de compétence sportive. C'était juste le hasard, les poulpes ne voyant pas les couleurs. La question de la semaine | — | ||||||
| 12/7/25 | ![]() L'okapi, le discret trésor de la RDC | Le sommet mondial de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées), qui s'est achevé vendredi 5 décembre en Ouzbékistan, a accordé la plus forte protection à l'animal emblématique du Congo-Kinshasa, mi-girafe mi-zèbre. Rediffusion du 28 janvier 2024 Les Congolais ont sûrement vu plus d'okapis sur leurs billets de banque que dans la forêt. L'animal est si rare et si discret que ceux qui ont pu le croiser dans les forêts tropicales d'Ituri, dans le nord-est du pays, où l'espèce est endémique, sont des privilégiés. « Je suis chanceux, reconnaît Berce N'Safuansa, qui gère le projet okapi de l'ONG Wildlife Conservation Global au sein de la Réserve de faune à okapis, créée en 1992 et inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco cinq ans plus tard. C'est fantastique, vous ne pouvez pas imaginer l'enthousiasme qu'on a d'être en face d'un okapi ! » Et pour cause ! Avec sa tête de girafe (il est, avec la girafe, l'une des deux seules espèces encore vivantes de la famille des giraffidés), son corps d'antilope, les pattes avant et l'arrière-train rayés noir et blanc comme un zèbre, et son coup de langue phénoménal (40 centimètres de long), l'okapi est un animal plein de mystères, quasi mythique, surnommé parfois la licorne africaine. Unique, rare et irremplaçable Unique au Congo-Kinshasa, mondonga (okapi en lingala) n'a été découvert par un explorateur européen qu'à la toute fin du 19ᵉ siècle. En 1901, il est scientifiquement nommé Okapia johnstoni. Il s'agit d'un des trois derniers mammifères recensés dans le monde. Mais, depuis bien longtemps, l'okapi était connu des populations locales. « Ici, nous avons par exemple la communauté locale des Mbuti, les Pygmées : pour elle, l'okapi représente un ami de leurs ancêtres. C'est donc un animal qu'il faut protéger, qu'il ne faut pas tuer pour sa viande ou pour un quelconque besoin », explique Berce N'Safuansa. L'okapi tient une place à part parmi la riche faune qu'abrite le Congo-Kinshasa. « C'est un animal d'une importance capitale, poursuit Berce N'Safuansa, à cause de la valeur exceptionnelle et universelle qu'il représente : une espèce unique, rare, irremplaçable, qui ne vit à l'état sauvage qu'en République démocratique du Congo. » Braconniers et miliciens Si rare que l'espèce est menacée : en danger, selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). « Dans un avenir proche, prédit Berce N'Safuansa, cette espèce se retrouvera dans la catégorie probablement la plus élevée, le risque d'extinction, avec des effectifs en baisse. » Les principaux prédateurs de l'okapi ? Les léopards et les humains. L'habitat naturel du ruminant est chaque jour menacé par les activités humaines illégales. Berce N'Safuansa pointe « les braconnages armés, en quête de la peau de l'okapi, de sa viande, de sa graisse, de ses os, tellement recherchés aujourd'hui sur le marché noir. À cela, il faut ajouter la perte des habitats naturels ainsi que la présence de groupes de milices et de mineurs illégaux dans et autour de la réserve. » Les milices armées qui sévissent dans la région n'épargnent personne, ni les okapis ni les humains. Il n'existe pas de recensements récent et scientifique de la population d'okapis, compte tenu des difficultés du terrain et de la grande discrétion de cet animal solitaire. On estime seulement qu'il ne reste, à l'état naturel, que plusieurs milliers d'okapis. À lire aussiRDC: une réserve à Okapis d'Ituri menacée par l'exploitation minière | — | ||||||
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