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Dette sénégalaise : comment éviter une catastrophe - Abdoulaye Ndiaye, économiste
Jun 26, 2026
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Investir malgré les crises : du Moyen-Orient à l'Afrique, les nouvelles routes du commerce mondial
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| 6/26/26 | ![]() Dette sénégalaise : comment éviter une catastrophe - Abdoulaye Ndiaye, économiste | Abdoulaye Ndiaye, économiste sénégalais et professeur à la Stern School of Business de l'Université de New York (États-Unis) est le grand invité de l'émission économie RFI Jeune Afrique. Premier lauréat du prix Africa NextGen Economist, il décrypte sans détour les grands défis économiques de l'Afrique et du Sénégal : crise de la dette, déficits de financement, enjeux fiscaux, emploi des jeunes, développement de l’IA. Un entretien sans concession animé par Bruno Faure et Aurélie M’Bida. Découvrez l'émission en vidéo en cliquant sur ce lien Une nouvelle réalité géoéconomique pour l’Afrique Face à la montée des tensions entre les grandes puissances, l’Afrique ne peut plus compter sur les mêmes flux d’aide au développement qu’auparavant. Pour Abdoulaye Ndiaye, le continent doit désormais s’appuyer davantage sur ses propres ressources, tout en multipliant les partenariats économiques. L’économiste appelle à sortir des logiques d’alignement idéologique pour privilégier des relations de coopération fondées sur les intérêts économiques. « La position de force de l’Afrique, ce n’est pas de clamer la souveraineté, c’est de pouvoir substituer un partenaire à un autre. » Selon lui, l’enjeu est de faire jouer la concurrence entre les partenaires internationaux afin d’obtenir de meilleures conditions de financement et d’investissement. « La priorité pour toutes les économies africaines, c’est une croissance soutenable et durable de 10% sur une génération. » Finances publiques : le défi de la mobilisation des ressources L’Afrique souffre d’un déficit chronique de ressources fiscales et de financement du développement. Mais pour Abdoulaye Ndiaye, la question n’est pas seulement le niveau des impôts collectés, mais l’efficacité des administrations fiscales. Il souligne que les pays développés collectent des centaines de dollars de recettes pour chaque dollar dépensé dans l’administration fiscale, quand de nombreux pays africains restent très en retrait. L’amélioration de la collecte passe par des réformes de long terme : digitalisation, prélèvement à la source, élargissement de l’assiette fiscale et intégration progressive du secteur informel. « Ce n’est pas du jour au lendemain qu’on change la productivité de la collecte fiscale, mais il y a des réformes progressives à faire. » Dette publique : emprunter pour investir, pas pour consommer Pour l’économiste, le principal problème de nombreuses économies africaines réside dans l’usage de la dette. Trop souvent, les emprunts servent à financer des dépenses de consommation ou des subventions, sans générer suffisamment de croissance pour assurer leur remboursement. « Même si le Sénégal résout son problème de la dette aujourd’hui, dans vingt ou vingt-cinq ans, il peut se retrouver dans une nouvelle crise de la dette liée au fait qu’on s’endette pour consommer. » Abdoulaye Ndiaye défend une gestion plus sélective de l’endettement : réserver la dette de marché aux fonctions régaliennes et utiliser les financements concessionnels pour l’éducation et la santé, qu’il considère comme de véritables investissements. L’emploi des jeunes, l’urgence absolue du continent Chaque année, entre 10 et 12 millions de jeunes Africains arrivent sur le marché du travail. Pour Abdoulaye Ndiaye, cette réalité démographique doit être considérée comme une priorité politique absolue. « L'emploi des jeunes doit être une urgence pour tous les décideurs africains. » L’économiste estime que l’Afrique ne pourra absorber cette vague de nouveaux actifs sans une véritable stratégie d’industrialisation. Le continent a besoin de grandes entreprises capables d’employer des milliers de personnes, et non uniquement de petites structures ou de start-up. « Il nous faut des entreprises qui peuvent employer 20 000 personnes à la fois. Il nous en faudrait cent comme Dangote » Selon lui, le rôle des États n’est pas de créer eux-mêmes les industries, mais de lever les obstacles qui empêchent leur émergence : coût de l’énergie, accès au foncier, lourdeurs administratives ou manque de compétences. Sénégal : une crise budgétaire et une crise de confiance Concernant son pays, Abdoulaye Ndiaye parle clairement d’une crise budgétaire, aggravée par les tensions politiques et la dégradation de la perception du Sénégal auprès des investisseurs. Le pays doit, selon lui, restaurer la transparence sur sa dette et retrouver une trajectoire de croissance durable. « La destination Sénégal n’est plus ce qu’elle était avant. » Pour autant, il estime que le pays dispose encore d’atouts importants et que les nouvelles autorités ont pris la mesure de la gravité de la situation. « Il est essentiel que la croissance inclusive soit restaurée au plus tôt. » Restructuration de la dette : la moins mauvaise des solutions ? L’économiste défend l’idée qu’une restructuration préventive de la dette peut parfois être préférable à un défaut de paiement. En s’appuyant sur de nombreuses études internationales, il affirme que les pays qui restructurent leur dette avant d’être en cessation de paiement retrouvent plus rapidement le chemin de la croissance. « Une restructuration préventive serait moins pire qu’un défaut total. » Il insiste toutefois sur le fait qu’il n’existe pas une seule forme de restructuration et que tout dépend des modalités de négociation avec les créanciers. Serigne Malick Tall : « Sortir de la dette, pas par l’austérité, mais par la prospérité » Invité à réagir au débat sur la dette sénégalaise, l'entrepreneur en série sénégalais Serigne Malick Tall exprime ses profondes inquiétudes face à l'hypothèse d'une restructuration de la dette qui rappellerait, selon lui, les traumatismes de l'ajustement structurel des années 1990. Marqué par les conséquences sociales de la dévaluation du franc CFA en 1994, il redoute qu'une nouvelle cure d'austérité ne se traduise par des coupes dans l'éducation, la santé et l'investissement public. Il plaide au contraire pour une stratégie fondée sur un reprofilage de la dette, une réforme fiscale ambitieuse, le renforcement du secteur privé et une relance de la croissance afin de préserver le bien-être des populations. Pour lui, la question de la dette est avant tout un choix politique et de souveraineté. « Ce n'est pas par l'austérité, mais par la prospérité qu'on rembourse ses dettes et qu'on paie ses créanciers. » Pétrole et gaz : une opportunité à ne pas surestimer L’exploitation des ressources pétrolières et gazières peut constituer un levier de développement pour le Sénégal, mais elle ne représente pas une solution miracle. L’enjeu est d’obtenir des contrats équilibrés et d’utiliser les revenus tirés des hydrocarbures pour soutenir la transformation économique du pays. « Il est important que l'on ne dise pas que le Sénégal sera sauvé uniquement par le pétrole et le gaz. » Intelligence artificielle : ne pas manquer le train Abdoulaye Ndiaye estime que l’Afrique risque de rester à l’écart de la compétition mondiale autour des grands modèles d’intelligence artificielle. En revanche, le continent peut encore tirer profit de cette révolution technologique en utilisant les outils existants pour améliorer sa productivité et créer de nouvelles activités. « Il y a un risque que l’Afrique manque cette révolution. » Pour lui, l’objectif n’est pas nécessairement de rivaliser avec les géants américains ou chinois, mais d’exploiter l’IA comme un accélérateur de développement économique. À écouter aussi«Les ports africains ont tout à gagner avec l'intelligence artificielle» | — | ||||||
| 6/19/26 | ![]() Investir malgré les crises : du Moyen-Orient à l'Afrique, les nouvelles routes du commerce mondial | Corridors économiques, nouvelles routes maritimes, investissements innovants, diversification vers l'Afrique : malgré les tensions géopolitiques, les entreprises continuent d'investir. Dans l'attente de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, décideurs économiques et chefs d'entreprise expliquent comment ils s'adaptent à un monde où la géographie redevient un facteur stratégique majeur. Le Moyen-Orient, entre attractivité économique et instabilité géopolitique Depuis plusieurs décennies, le Moyen-Orient s'est imposé comme une région incontournable pour le commerce mondial. Les États du Golfe investissent massivement dans les infrastructures, la logistique, l'énergie, les technologies et les services financiers. Mais la région demeure exposée aux tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part considérable des exportations mondiales d'hydrocarbures. Malgré ces incertitudes, les investisseurs continuent de croire au potentiel de la région. Pour Khalifah Al Yaqout, avocat d'affaires koweïtien, associé gérant du cabinet Al-Yaqout & Al-Fouzan Legal Group, la priorité reste avant tout la stabilité. Rencontré à l'occasion de l'événement Vision Golfe 2026 organisé par Business France à Paris, il indique que les pays du Moyen-Orient continueront à attirer les compétences internationales et les investissements tant qu'ils préserveront un environnement stable et prévisible. Gérard Mestrallet et le pari du corridor Inde–Moyen-Orient–Europe Ancien dirigeant d'Engie et de GDF Suez, Gérard Mestrallet pilote aujourd'hui pour la France le projet IMEC (India-Middle East-Europe Economic Corridor), lancé lors du sommet du G20 en 2023. L'objectif est ambitieux : relier l'Inde, le Moyen-Orient et l'Europe grâce à un vaste réseau combinant infrastructures portuaires, ferroviaires, énergétiques et numériques. À l'origine, le corridor reposait sur un itinéraire unique reliant Mumbai à Marseille via les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Israël. Mais les crises récentes ont conduit les promoteurs du projet à revoir leur copie. Gérard Mestrallet explique que le corridor s'appuie désormais sur plusieurs routes alternatives afin de limiter les risques liés aux conflits ou aux accidents logistiques. Des ports en Égypte, au Liban et à Oman pourraient ainsi compléter les infrastructures initialement prévues. L'Égypte, le Maroc et plusieurs ports méditerranéens pourraient devenir des points d'entrée stratégiques dans ce nouvel écosystème logistique. Des projets de câbles sous-marins numériques sont également envisagés. Les entreprises françaises regardent désormais vers l'Afrique L'émission donne ensuite la parole à plusieurs entreprises confrontées aux conséquences concrètes des tensions géopolitiques. C'est le cas de Petroseal, société normande spécialisée dans le colmatage de fuites sur installations industrielles à haute pression. Sa directrice opérationnelle Emmanuelle Mayor explique que l'entreprise continue de travailler dans le Golfe mais accélère désormais son développement en Afrique notamment au Nigeria, en Libye, en Côte d'Ivoire et au Sénégal. Ces pays cherchent à augmenter rapidement leurs capacités de production de pétrole et de gaz, créant ainsi de nouvelles opportunités pour les entreprises de services industrielles. Pour les acteurs de la logistique internationale, la réorientation progressive des flux maritimes vers l'Afrique constitue une tendance de fond. Le contournement de certaines zones à risque favorise de nouvelles connexions avec les ports africains. Le Havre bénéficie notamment de l'intensification des échanges avec l'Afrique de l'Ouest. Le développement du « nearshoring », qui consiste à rapprocher les chaînes d'approvisionnement des marchés finaux, renforce également cette dynamique. Le Havre, carrefour stratégique des échanges mondiaux L'émission se poursuit dans le port du Havre, premier port français pour le commerce maritime international. Kris Danaradjou, directeur général adjoint d'Haropa Port, responsable du développement rappelle que la plateforme traite environ 85 millions de tonnes de marchandises chaque année et plus de trois millions de conteneurs. Malgré les perturbations géopolitiques, les routes commerciales se réorganisent : diversification des fournisseurs énergétiques ; développement de nouvelles escales ; adaptation des chaînes logistiques ; recours à des itinéraires alternatifs. Ludivine Bayon, déléguée générale de l'Union maritime et portuaire du Havre, présente les investissements réalisés sur Port 2000. Le site accueille certains des plus grands porte-conteneurs du monde et bénéficie d'un accès maritime permanent. Les opérateurs portuaires visent désormais six millions de conteneurs par an à l'horizon 2030, soit quasiment le double du trafic actuel. Cette croissance repose notamment sur : la multimodalité ; le transport fluvial ; le développement ferroviaire ; la décarbonation des activités portuaires. La Normandie face aux mutations du commerce mondial Président de la Chambre de commerce et d'industrie Seine Estuaire, Yves Lefebvre livre une vision optimiste de la situation économique normande. Selon lui, le territoire bénéficie d'une grande diversité d'activités – industrie, aéronautique, naval, agroalimentaire, logistique – qui lui permet de mieux résister aux ralentissements sectoriels. Lorsqu'un secteur traverse une période plus difficile, un autre prend le relais, contribuant ainsi à maintenir le dynamisme économique local. Yves Lefebvre souligne également l'atout majeur que représentent la façade maritime normande, le port du Havre et l'axe de la Seine pour attirer de nouvelles entreprises et soutenir les exportations. Pourquoi l'Afrique devient incontournable Thomas Courtier, directeur de l'Union portuaire rouennaise, souligne la solidité des relations commerciales avec des pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale. Chaque année, environ 2 500 navires y font escale. Rouen s'est spécialisé dans le groupage de marchandises, une activité qui consiste à réunir dans un même conteneur des produits provenant de plusieurs fournisseurs afin de réduire les coûts logistiques pour les importateurs africains. Cette expertise repose notamment sur la proximité du port avec l'Île-de-France et sur la présence d'importantes diasporas africaines en région parisienne, qui contribuent au dynamisme des échanges commerciaux. Malgré les crises politiques ou sécuritaires, les volumes restent relativement stables grâce à la diversification des clients et à l'ancienneté des échanges commerciaux. 💻 Réalisation : Guillaume Munier. 🎵 Choix musical : Nour - Alo ?! | — | ||||||
| 6/12/26 | ![]() Mondialisation : qui profite de la fragmentation de l'économie mondiale ?✨ | mondialisationéconomie mondiale+4 | Elvire FabryChristophe Rodrigues+2 | Institut Jacques DelorsLPA+2 | — | mondialisationéconomie+5 | — | 1h 02m 15s | |
| 6/5/26 | ![]() Dette française : faut-il vraiment en avoir peur?✨ | French public debteconomic analysis+3 | Philippine RobertDorothée Rouzet | Direction générale du Trésor | FranceEurope | French debtpublic debt+3 | — | 1h 06m 22s | |
| 5/29/26 | ![]() Nouvelle-Calédonie : le caillou au bord du gouffre économique✨ | Nouvelle-Calédoniecrise économique+3 | Olivier Sudrie | DME | Nouvelle-CalédonieParis | Nouvelle-Calédoniecrise économique+5 | — | 53m 31s | |
| 5/22/26 | ![]() Pétrole : la crise profitera-t-elle aux producteurs africains?✨ | pétrolecrise+4 | Gacyen MouelyCyril Ruchonnet+4 | 3M - Partners & ConseilsS&P Global+6 | GabonCasablanca | pétrolecrise+6 | — | 54m 43s | |
| 5/15/26 | ![]() Investissements en Afrique : risques perçus et risques réels, les voies de la rentabilité✨ | investissementsrisques+3 | Françoise LombardThierry Déau | EcobankProparco+3 | NairobiKenyatta International Convention Centre | investissementsrisques+5 | — | 1h 13m 07s | |
| 5/9/26 | ![]() Canal+ Afrique veut devenir un géant audiovisuel panafricain✨ | audiovisual industryAfrican media+4 | David Mignot | Canal+ AfriqueRFI+2 | JohannesburgAfrique | Canal+ AfriqueDavid Mignot+7 | — | 48m 30s | |
| 5/1/26 | ![]() Newspace, datacenters, climate tech: les nouveaux horizons de l'économie✨ | data centersclimate tech+3 | Louis Blanchot | Etix Everywhere | — | data centersdigital economy+3 | — | 1h 00m 14s | |
| 4/25/26 | ![]() Démographie : une bombe économique silencieuse?✨ | demographyeconomics+4 | Thibault Prébay | RFIDémographie, la bombe tranquille | EuropeChine+1 | demographic bombaging population+4 | — | 55m 20s | |
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| 4/18/26 | ![]() L'Afrique numérique entre ambitions continentales et réalités du terrain✨ | digital transformationartificial intelligence+4 | Amal El Fellah SeghrouchniYasmine Ndassa+1 | RFIVodacom RDC | MarrakechMaroc+3 | Gitex AfricaAI in Africa+3 | — | 48m 40s | |
| 4/11/26 | ![]() «L'Union européenne reste le partenaire le plus fiable de l'Afrique» - Moussa Batraki (OEACP)✨ | partenariats internationauxéconomie+4 | Moussa Batraki | Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du PacifiqueRFI+1 | Guinée Équatoriale | Union européenneAfrique+5 | — | 48m 29s | |
| 4/3/26 | ![]() Guerre, pétrole, marchés financiers : qui gagne, qui perd ? | Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient autour du détroit d’Ormuz et du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, les marchés financiers mondiaux sont sous pression. Hausse du pétrole, incertitudes économiques, volatilité accrue : dans ce contexte instable, une question s’impose à tous — investisseurs, États, entreprises : qui va gagner de l’argent, et qui va en perdre ? Pour y répondre, Eco d’ici Eco d’ailleurs réunit plusieurs spécialistes de la finance et des marchés afin d’analyser les risques… mais aussi les opportunités. Des marchés sous tension permanente L’émission met en lumière un changement profond : les marchés sont désormais influencés en temps réel par les déclarations politiques, les réseaux sociaux et les algorithmes de trading. Une simple déclaration peut provoquer des réactions instantanées sur les marchés mondiaux. Dans ce contexte, deux scénarios se dessinent : Les risques choc énergétique durable ralentissement économique, hausse de l'inflation et des taux d'intérêt instabilité financière accrue Les opportunités secteurs énergétiques et matières premières stratégies d’investissement opportunistes arbitrages rapides pour les investisseurs avertis NOS INVITÉS 🎙️ Clémentine Gallès - cheffe économiste chez Société Générale Private Banking, accompagne des clients dans la gestion de leur patrimoine financier à l’échelle internationale. Elle souligne une évolution notable du comportement des investisseurs : une meilleure résistance au stress une habitude croissante de la volatilité une approche plus rationnelle face aux crises « Sur les marchés actions, le choc jusqu'à présent reste plutôt contenu quand on regarde l'indicateur de volatilité, l'indicateur de la peur. » 🎙️ Omar Dibo - cofondateur de Finneko. Basé à Monaco, il développe une approche d’éducation financière visant à rendre les investisseurs autonomes. Sa méthode repose sur une analyse dite « top-down », inspirée des grands investisseurs internationaux : partir de la géopolitique et de la macroéconomie identifier les tendances globales en déduire les secteurs porteurs « Les taux augmentent parce qu'il y a une certaine spéculation, cela reflète une certaine prime de risque sur les dettes européennes et américaines. Mais si on a une accalmie du conflit dans les prochaines semaines, je ne serai pas étonné de voir les taux revenir sur un pricing normal. » 🎙️ Alexandre Baradez - analyste marchés chez IG France, observe en temps réel les réactions des actifs aux événements mondiaux. Dans un environnement dominé par la géopolitique, il met en lumière les mécanismes en chaîne : tensions → hausse du pétrole hausse du pétrole → hausse des taux hausse des taux → pression sur les marchés Mais, son analyse se veut nuancée : la situation actuelle pourrait ressembler davantage à un choc économique qu’à une inflation durable. « Le risque aujourd’hui, c’est plutôt un scénario type 2008 : une flambée de l’énergie suivie d’un retournement brutal plutôt qu'une vraie vague inflationniste comme celle post-Covid. » 🎙️ Laurent Fontaine, designer de profession, représente ces investisseurs individuels de plus en plus nombreux à intervenir sur les marchés. Son parcours illustre l’apprentissage progressif nécessaire : premières pertes dès ses débuts importance de la diversification nécessité de comprendre ses investissements « J’ai compris assez vite qu’il fallait diversifier ses investissements, conserver des poches de liquidité et profiter des creux de marché. » En fin d'émission, notre entretien avec Yassine El Yattioui Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient sont multiples : énergétiques, commerciales, géopolitiques, y compris en Afrique. Nous avons reçu le chercheur Yassine El Yattioui, docteur en science politique et relations internationales à l'université de Salamanque (Espagne). Un entretien à découvrir en vidéo et en intégralité sur la chaîne Youtube de RFI. 🖥️ Réalisation de l'émission : Guillaume Munier / Yann Bourdelas 🎵 Choix musical : You know I'm down - Juls ft. Tyler Daley | — | ||||||
| 3/27/26 | ![]() Tunisie : entreprendre, innover, verdir l’économie | De Sousse à Bizerte, de Sfax à Tunis, ce numéro d’« Éco d’ici, Éco d’ailleurs » vous emmène en Tunisie à la rencontre de celles et ceux qui transforment l’économie réelle : entrepreneures rurales, start-upers de la tech et de la « green tech », chercheurs et accompagnateurs de projets. Une immersion au plus près des initiatives qui misent sur l’agriculture durable, la transition écologique et l’innovation numérique pour créer des emplois et ouvrir de nouveaux marchés. 👉 Son de Blé, la biscuiterie artisanale qui fait bouger la filière healthy À Sousse, la biscuiterie « Son de Blé » propose des biscuits 100% naturels, riches en fibres, sans additifs ni conservateurs, pensés pour la santé des consommateurs – sportifs, personnes diabétiques ou en recherche d’une alimentation plus équilibrée. Derrière cette petite usine à taille humaine, une fondatrice passée de l’informatique à la gastronomie, entourée d’une équipe majoritairement féminine. 🎤 Wissal Fehmi, fondatrice de Son de Blé : « Je rêve d’un peu de stabilité pour que les petites entreprises puissent fixer des prix justes et se développer sans craindre chaque hausse brutale des matières premières. » 👉 Femmes rurales, climat et autonomie économique À Bizerte, un consortium d’associations, de centres de recherche tunisiens et français travaille sur l’impact du changement climatique sur les femmes rurales, très exposées à la sécheresse, à la pénurie d’eau et à la précarité de l’emploi agricole. L’objectif : co-construire avec elles des solutions concrètes pour renforcer leurs droits, leur pouvoir de négociation et leur accès aux marchés. 🎤 Najoua Bouraoui, présidente de l’Association pour la protection de l’environnement et le développement durable de Bizerte (APEDDUB) : « Ces femmes vivent dans des sociétés plutôt masculines. C’est l’homme qui commande, qui autorise, qui ordonne… Nous les aidons à surmonter cela, petit à petit, sans entrer en conflit avec leur contexte social. » 🎤 Anissa Hanafi, enseignante-chercheure à l'INAT (Institut national agronomique de Tunisie) : « L'ouvrière agricole fait face à différents problèmes - mauvaises conditions de travail, de transport, faible rémunération, etc... » 🎤 Mazhoud Houda, chercheure à l'INRAT (Institut National de la Recherche Agronomique de Tunisie) : « Les femmes représentent 70% de la main-d’œuvre agricole en Tunisie, mais leur statut d’ouvrière agricole n’est même pas reconnu officiellement. » 🎤 Nicolas Faysse, socio-économiste au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) : « Notre travail avec les associations, c’est de produire des connaissances avec les femmes rurales elles‑mêmes, puis de transformer ces connaissances en propositions très concrètes de politiques publiques. » 👉 Agro Sahteen, l’hydroponie au service de l’agriculture africaine La société Agro Sahteen, fondée par Mohamed Dahmani, développe des systèmes de culture hors-sol en hydroponie, dans des serres où l’environnement est entièrement contrôlé (eau, nutriments, lumière, hygrométrie). L’objectif : produire des cultures « intelligentes », résilientes à la sécheresse et exportables dans d’autres régions du monde confrontées à la rareté de l’eau. 🎤 Mohamed Dahmani, fondateur d’Agro Sahteen : « L’hydroponie permet d’économiser jusqu’à 95% d’eau. Pour produire un kilo de quinoa, j’utiliserai 95% d’eau en moins que dans un champ classique. » Pour soutenir l’export de cette technologie, Agro Sahteen a été accompagnée par le cabinet Stecia International dans le cadre du programme Qawafel, financé par l’AFD et mis en œuvre par Expertise France. Une mission de prospection au Sénégal a permis de confronter les solutions tunisiennes aux besoins d’agriculteurs sénégalais et d’institutions publiques. 🎤 Walid Gaddas, directeur général de Stecia International (sélection de start-up tunisiennes, étude de marché, mise en relation avec des partenaires, institutions et bailleurs de fonds) : « Contrairement à ce que beaucoup pensent, il y a énormément de points communs entre la Tunisie et le Sénégal : manque d’eau, petits agriculteurs, difficultés d’accès à la technologie… Avec quelques ajustements, les mêmes solutions peuvent fonctionner. » 👉 Sfax : un écosystème entrepreneurial en mouvement Le Centre d’affaires de Sfax accompagne depuis 2005 les TPE, PME et start-up de la région, dans un contexte de transition de l’entrepreneuriat « classique » vers l’entrepreneuriat innovant et l’économie verte. Malgré les crises politiques et la pandémie de Covid-19, la ville conserve un fort esprit entrepreneurial, notamment chez les jeunes. 🎤 Abir Hosni, directrice du Centre d’affaires de Sfax : « À Sfax, l’esprit entrepreneurial est très élevé chez les jeunes. Nous avons créé le premier réseau de business angels de la région, Syphax Angels, pour les aider à lever des fonds. » Artiste multidisciplinaire, Yassine Sellami a créé avec ses associés une entreprise de création de vidéos, bandes dessinées et figurines, accompagnée par le Centre d’affaires de Sfax. Formations à la gestion, à la propriété intellectuelle et aux études de financement lui ont permis de structurer son projet et de clarifier ses objectifs : 🎤 « Créer une start-up en Tunisie, c’est possible, mais ce n’est pas facile. Nous visons d’abord la reconnaissance à l’international, puis nous reviendrons ici pour donner la même chance à d’autres talents. » 👉 ProVerdy, l’IA au service du climat À Tunis, la start-up ProVerdy utilise l’intelligence artificielle pour aider les entreprises à calculer, réduire et reporter leurs émissions de gaz à effet de serre. Elle s’adresse en priorité aux entreprises d’Afrique et du Moyen-Orient, souvent sous-représentées dans les outils de reporting internationaux. 🎤 Souha Bejaoui, fondatrice et CEO de ProVerdy : « Avec ProVerdy, nous voulons démocratiser le bilan carbone en Afrique : une plateforme simple, accessible, qui transforme les données en actions concrètes pour le climat. » 👉 PigmentOCO, teindre sans eau et sans rejets chimiques La start-up PigmentOCO développe un procédé de teinture « sèche » pour l’industrie textile, sans utilisation d’eau et sans rejets chimiques dans l’environnement. L’ambition : réduire fortement les ressources utilisées dans la teinture des fibres naturelles, tout en coupant les coûts opérationnels pour les industriels. 🎤 Amal Chebbi, cofondatrice de PigmentOCO : « Nous offrons un procédé de teinture qui n’utilise pas d’eau, sans rejets chimiques, et qui réduit les coûts opérationnels de 50%. » 👉 Savoirs éco, Qawafel, Greenov'i, des programmes pour changer d’échelle ➡️ Savoirs Éco, financé par l’UE (4,5 M€ sur 3 ans) et mis en œuvre par Expertise France, renforce les structures productrices de savoirs économiques tunisiennes (think tanks, universités) via formations, mentorat et production de policy briefs sur développement durable et économie verte. ➡️ Qawafel, soutenu par l’AFD via Expertise France, cible l’internationalisation des startups/PME tunisiennes (agritech, healthtech, climatetech) avec subventions jusqu’à 120 000 € pour conquérir l’Afrique (Sénégal, RDC, Kenya…) – comme Agro Sahteen au Sénégal. ➡️ Greenov’i (12 M€, 2023-2028), également UE/Expertise France avec CITET, débloque subventions et vouchers verts pour éco-entreprises et clusters artisanaux, avec 1,3 M€ déjà accordés à 4 projets phares (Lead4Green). 💻 Réalisation : Guillaume Munier. 🎵 Choix musicaux : Ghali - Bayna Sabry Mosbah - Mansit | — | ||||||
| 3/20/26 | ![]() Iran, Ukraine, IA: la tech nouvelle arme de guerre mondiale | Intelligence artificielle, cybersécurité, données : les technologies sont désormais au cœur des conflits contemporains. De l’Ukraine au Moyen-Orient en passant par Pékin et la Silicon Valley, une nouvelle guerre se joue, invisible mais stratégique. La tech devient à la fois un outil militaire, un levier économique et un enjeu de souveraineté. Décryptage avec nos invités réunis au Printemps de l’économie à Paris. Retrouvez ici toutes les conférences du 14ème Printemps de l'économie. NOS INVITÉS 🎤 Damien Douani, responsable de l'innovation à l'école Narratiiv, fondateur de Topos, cocréateur du podcast "Les Éclaireurs du Numérique" 🎤 Julien Pillot, économiste, enseignant à Inseec grande école (groupe OMNES Education) 🎤 Yrieix Denis, consultant en cybersécurité & business intelligence au sein du cabinet Alyghieri 🎤 Nicolas Arpagian, directeur de la stratégie de Jizô AI. Une guerre technologique déjà bien réelle Pour Damien Douani, expert du numérique, la transformation est déjà visible sur le terrain. Mais au-delà du matériel, la guerre se déplace vers des dimensions immatérielles : « Il y a des guerres qu’on pourrait qualifier de cognitives, de vol de données ». Cette mutation marque une rupture : l’information, l’opinion et les systèmes numériques deviennent des cibles stratégiques. Des marchés colossaux et une économie de la guerre L’essor de ces conflits technologiques génère une économie massive. L’économiste Julien Pillot explique que « les montants sont tellement colossaux qu’ils sont impossibles à mesurer ». La cybersécurité et la cyberdéfense sont devenues des secteurs-clé, allant de la protection des entreprises jusqu’aux opérations de renseignement et de déstabilisation. Cybersécurité : un pilier stratégique Pour Yrieix Denis, spécialiste en cyberdéfense, les enjeux sont aussi organisationnels que technologiques. Il rappelle que la cybersécurité repose sur trois piliers : gouvernance, outils, usages. Et les investissements peuvent être massifs, notamment dans les secteurs sensibles : « il y a une domination énorme du secteur par les États-Unis et Israël ». Silicon Valley et armée : une alliance assumée Jusque-là parfois réticentes, les entreprises technologiques américaines collaborent désormais ouvertement avec le secteur militaire. Damien Douani résume ce basculement : « il y avait des réflexions éthiques […], le fait que Donald Trump dynamite les lignes a décomplexé certains acteurs ». Les logiques économiques et géopolitiques prennent souvent le dessus sur les considérations morales. Une guerre globale entre puissances La rivalité entre les États-Unis et la Chine structure largement cette nouvelle guerre technologique. Yrieix Denis rappelle l’ampleur du rattrapage chinois : « Pékin a réussi le plus grand transfert technologique de l’histoire […] grâce à l’espionnage informatique ». La cyberguerre, arme totale Pour Nicolas Arpagian, la cyberguerre est devenue incontournable : « toutes les dimensions sont activées dans le cadre de la cyberguerre ». Elle permet de cibler les infrastructures critiques, paralyser des économies, influencer les opinions publiques. Il insiste sur un point-clé : « les équipements numériques sont des cibles à part entière ». Une vulnérabilité humaine persistante Malgré les technologies avancées, le facteur humain reste le maillon faible. Julien Pillot le résume ainsi : « Beaucoup de cybermenaces passent par la capacité à se faire remettre les clés ». Damien Douani ajoute : « On dit souvent entre geeks que le chaînon manquant en informatique, il est entre le fauteuil et le clavier ». 🎼 Choix musical : Moonchild - Fear (Hey Friend) ft. PJ Morton. 🖥️ Réalisation : Guillaume Munier. | — | ||||||
| 3/13/26 | ![]() Guerre en Iran : vers un nouveau choc pétrolier mondial? | La guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël provoque un effet fulgurant sur les marchés énergétiques mondiaux. Blocage du détroit d’Ormuz, envolée des prix du pétrole, conséquences pour les pays producteurs et importateurs, repositionnement des grandes puissances : Éco d’ici Éco d’ailleurs analyse les effets économiques d’une crise qui pourrait provoquer un nouveau choc pétrolier mondial, y compris sur le continent africain. Les impacts pétroliers et géoéconomiques Notre invité : Homayoun Falakshahi, analyste des marchés pétroliers chez Kpler, société spécialisée dans l’analyse des flux maritimes de matières premières. Son travail consiste à suivre les déplacements des navires transportant du pétrole afin de comprendre les dynamiques du commerce mondial. « On sait quasiment exactement ce qui est transporté, d’où les navires partent et où ils arrivent. » 👉 Le détroit d’Ormuz au cœur de la crise Depuis le début du conflit, la navigation dans le détroit d’Ormuz est fortement perturbée. Cette voie maritime stratégique, située entre l’Iran et Oman, constitue l’un des principaux passages du commerce pétrolier mondial. En temps normal, près d’une centaine de navires y transitent chaque jour. Mais depuis les menaces iraniennes visant les navires occidentaux et les risques militaires dans la zone, seuls quelques pétroliers continuent d’emprunter ce passage. Résultat : une partie considérable du pétrole produit dans le Golfe ne peut plus être acheminée vers les marchés internationaux. Les estimations évoquées dans l’émission indiquent qu’environ 12,5 millions de barils par jour sont aujourd’hui bloqués, soit près de 12,5% de la demande mondiale. Conséquence immédiate : la tension sur les prix du pétrole. Ce niveau rappelle les épisodes de forte tension énergétique observés ces dernières années. « Si on a davantage de signaux montrant que la guerre pourrait durer plus longtemps, rien n’est impossible et on pourrait voir les prix vraiment exploser. » 👉 Du pétrole immobilisé Selon Homayoun Falakshahi, environ 100 pétroliers chargés de brut seraient immobilisés dans la zone du détroit d’Ormuz. À cela, s’ajoutent 150 autres navires qui attendent dans le golfe d’Oman avant de pouvoir franchir le passage. Pour les pays producteurs, cette situation devient critique : certains États du Golfe disposent de capacités de stockage limitées et pourraient être contraints de réduire leur production si la situation se prolonge. 👉 Des routes alternatives ? Face aux tensions dans le détroit d’Ormuz, certains pays du Golfe ont développé des oléoducs permettant de contourner partiellement ce passage stratégique. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent ainsi d’infrastructures reliant leurs champs pétroliers directement à des ports situés hors du Golfe persique. « Les pays de la région ont construit des oléoducs pour contourner le détroit, mais ces deux oléoducs ne permettent pas de contourner à 100 %. » 👉 Le pétrole iranien continue de circuler vers la Chine Paradoxalement, malgré les tensions militaires et les sanctions occidentales, l’Iran continue d’exporter du pétrole. Les cargaisons partent principalement de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien dans le Golfe persique. Les pétroliers quittent le port, parfois en désactivant temporairement leurs systèmes de localisation, puis reprennent leur route. « Les systèmes d’exportation restent très opaques : les bateaux arrivent près de l’île de Kharg, éteignent leur signal, chargent le pétrole et traversent ensuite le détroit comme des navires normaux. » Aujourd’hui, la Chine est devenue l’unique acheteur du pétrole iranien. Cette situation illustre la transformation des relations énergétiques internationales et la montée en puissance de Pékin dans le commerce pétrolier mondial. 👉 La Chine teste sa stratégie énergétique De Pékin, la correspondante de RFI Cléa Broadhurst explique que cette crise constitue un véritable test pour la stratégie énergétique chinoise. La Chine a constitué d’importantes réserves stratégiques de pétrole, estimées à plus d’un milliard de barils. Ces stocks permettent au pays d’amortir temporairement les chocs d’approvisionnement. Par ailleurs, Pékin a progressivement diversifié ses sources d’importation en se tournant davantage vers la Russie. Cette stratégie s’inscrit dans une politique plus large visant à réduire la dépendance au pétrole grâce au développement des véhicules électriques et des énergies alternatives. 👉 La Russie, gagnante indirecte de la crise ? La crise actuelle pourrait aussi profiter à la Russie. Les perturbations dans le Golfe pourraient pousser certains pays asiatiques à augmenter leurs achats de pétrole russe. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Moscou vend son pétrole à prix réduit pour contourner les sanctions occidentales. « Le régime de Vladimir Poutine est un des grands gagnants de ce qui se passe actuellement. » Dans le même temps, les États-Unis ont temporairement assoupli certaines sanctions afin de faciliter l’écoulement de certains stocks et limiter la flambée des prix. 👉 Les réserves stratégiques pour éviter un choc énergétique Face aux tensions sur le marché, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé une mobilisation exceptionnelle des réserves stratégiques des pays membres. Au total, 400 millions de barils de pétrole pourraient être injectés sur le marché afin de compenser les perturbations d’approvisionnement. Cependant, selon les analystes, cette quantité ne couvrirait qu’un mois à un mois et demi de déficit si le blocage du détroit d’Ormuz devait se prolonger. « 400 millions de barils, ça représente à peu près entre un mois et un mois et demi d’approvisionnement si on perd 9 millions de barils par jour. » 👉 Une crise révélatrice des dépendances énergétiques mondiales Cette situation pourrait accélérer certaines transformations déjà engagées : diversification des sources d’énergie, développement des véhicules électriques ou renforcement des réserves stratégiques. « Cette crise va aussi inciter les économies mondiales, notamment en Europe, à aller vers les voitures électriques. Mais d'abord, la priorité sera de constituer davantage de réserves stratégiques en prévision de futurs chocs. » L’Afrique face à la hausse du prix de l’énergie La seconde partie de l’émission s’intéresse aux conséquences de cette crise pour deux économies africaines. 🇨🇮 Côte d’Ivoire : la question de la souveraineté énergétique Basé à Abidjan, Kamel Koné, directeur général de la société Hydrodrill SA et président du groupement des entreprises pétrolières et gazières ivoiriennes, souligne les fragilités énergétiques du continent. De nombreux pays africains exportent du pétrole brut mais doivent importer des carburants raffinés. « L’Afrique dispose de ressources importantes mais dépend encore largement de l’extérieur pour les transformer et les consommer. » La hausse du prix du pétrole risque donc d’alourdir les factures énergétiques et d’alimenter l’inflation. Kamel Koné souligne également la nécessité de renforcer les financements pour les entreprises énergétiques locales et d’encourager les banques africaines à mieux accompagner ce secteur stratégique. Enfin, il plaide pour une coopération régionale accrue, avec la constitution de stocks stratégiques communs et l’interconnexion des infrastructures énergétiques, comme les pipelines et les réseaux logistiques, afin de mieux résister aux chocs internationaux. 🇹🇳 Tunisie : une économie particulièrement vulnérable L’économiste Ridha Chkoundali, professeur à l’Université de Carthage, explique que l’impact sur la Tunisie dépendra largement de l’évolution des prix du pétrole. Plusieurs scénarios sont envisagés : un baril à 85 dollars avec un impact modéré un baril à 100 dollars entraînant un coût budgétaire de plusieurs milliards de dinars un baril à 120 dollars provoquant une forte inflation un baril à 150 dollars avec des conséquences très graves pour l’économie tunisienne La dépendance énergétique du pays reste importante : la balance énergétique représente environ la moitié de la balance commerciale tunisienne. Dans ces conditions, toute hausse du prix du pétrole se répercute directement sur l’économie nationale, en aggravant le déficit commercial et en pesant sur les finances publiques. Cette dépendance limite également la marge de manœuvre du gouvernement. Les importations énergétiques, comme celles d’équipements ou de matières premières, sont difficiles à réduire sans affecter la production nationale et la croissance économique. L’économiste Rim Tekaya, enseignante universitaire, insiste elle aussi sur la vulnérabilité énergétique de la Tunisie dans le contexte actuel. Pour réduire cette dépendance, elle souligne l’importance de développer les énergies renouvelables, en particulier le solaire et l’éolien, dont le potentiel reste encore largement sous-exploité en Tunisie malgré un ensoleillement exceptionnel. 👉 GI4T (Global Institute For Transitions) : réfléchir aux transitions économiques en Tunisie Pour Khalil Ben Cherif, directeur exécutif du Global Institute for Transitions, think tank indépendant issu du projet Savoirs éco financé par l'Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, l’un des enjeux majeurs consiste à nourrir le débat public sur les questions économiques en Tunisie. Rassemblant économistes et experts, il produit des analyses et des propositions concrètes destinées aux décideurs politiques. À travers ses publications et ses conférences, l’institut cherche à éclairer les politiques publiques et à diffuser la réflexion économique auprès d’un public plus large. Dans ce travail collectif, les contributions portent à la fois sur la conjoncture économique et sur les transformations. 📖 À lire : L'économie tunisienne 2025 (éditions Nirvana) 📻 Éco d’ici Éco d’ailleurs est à retrouver sur le site de RFI et sur toutes les plateformes de podcast. | — | ||||||
| 3/7/26 | ![]() Mark-Alexandre Doumba, ministre gabonais de l'Économie numérique, gd invité de l'économie RFI / JA | Ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation du Gabon, Marc-Alexandre Doumba fait partie de la nouvelle génération de responsables africains qui misent sur la technologie pour accélérer le développement économique. Grand invité de l'économie RFI / Jeune Afrique, il revient au micro de Bruno Faure et Quentin Velluet sur sa vision du numérique comme levier stratégique de croissance pour l’Afrique, les enjeux de régulation des plateformes et le potentiel de l’intelligence artificielle dans les économies émergentes. Les principales thématiques de l’entretien Les conséquences de la guerre au Moyen-Orient 💬 « Le commerce qui passe par le détroit d’Ormuz va être perturbé : cela peut créer un choc énergétique, avec une hausse du prix du pétrole. Pour un pays exportateur comme le Gabon, cela peut être positif, mais pour les pays importateurs, ce sera un renchérissement du coût de l’énergie. » Le style de gouvernance de Brice Oligui Nguema 💬 « Le président a une vision souverainiste, progressive et d’ouverture du Gabon vers le monde, avec une forte préoccupation pour les enjeux sociaux, le développement et un attachement à la démocratie. » La transformation numérique du Gabon 💬 « Le numérique fait partie des enjeux majeurs aujourd’hui, liés à la donnée, aux minerais critiques et à la gouvernance numérique de demain. » 💬 « Nous devons comprendre les tendances du monde pour les insérer dans nos politiques publiques et attirer des investissements dans le numérique. » Numérique et diversification économique 💬 « Il y a une volonté d’accélérer la croissance et de rattraper les retards accumulés sur les sujets qui préoccupent les populations gabonaises. » La régulation des réseaux sociaux Sujet sensible au Gabon : la suspension temporaire de certaines plateformes. Marc-Alexandre Doumba défend la responsabilité de l’État face aux risques de désinformation. 💬 « La responsabilité première de l’État est d’assurer la sécurité de ses populations et de ses institutions. » Il souligne aussi le manque d’éducation aux médias chez les jeunes utilisateurs. 💬 « Quand vous consommez une information sur les réseaux sociaux, il est très probable qu’elle ne soit pas vraie. » Les relations avec les géants du numérique L’entretien aborde également la relation entre États africains et grandes plateformes technologiques mondiales, ainsi que les questions de cybersécurité et de souveraineté numérique. 💬 « Le Gabon seul n’arrivera pas à infléchir une dynamique mondiale. Il faut que les pays africains se mettent d’accord sur des référentiels juridiques communs pour dialoguer avec les GAFAM et protéger nos populations. » Le passage du privé au public Ancien entrepreneur, le ministre estime que les profils issus de l’entreprise seront de plus en plus nombreux à rejoindre la Fonction publique. 💬 « De plus en plus d’Africains du secteur privé veulent participer à l’effort collectif et apporter leur expertise au service public. » 📻 Réalisation : Steven Helsly / Guillaume Munier 🎶 Choix musical : Ayayé / Créol - L'oiseau rare. | — | ||||||
| 2/27/26 | ![]() Automobile : l’Europe face au choc électrique | L'industrie automobile mondiale traverse une mutation historique, entre transition électrique, rivalités géopolitiques et pressions réglementaires. Nous vous proposons une plongée au cœur de cette révolution : un reportage exclusif au plus près des lignes de production de l'usine Volvo Cars à Gand (Belgique) et des analyses d'experts pour mieux comprendre les défis et les enjeux d'une filière en pleine recomposition. Reportage à l'usine Volvo Car Gent (Belgique) L'usine en chiffres : 👉 Création en 1965, dernière usine automobile en Belgique 👉 212.000 véhicules produits en 2025 : modèles EX30, XC40, EX40, EC40 et V60 👉 6.500 salariés répartis sur trois équipes 👉 Production de véhicules thermiques, hybrides et 100% électriques 👉 Site pionnier d’assemblage de batteries pour Volvo (plus de 500 produites par jour dans chaque unité dédiée) 👉 Actionnaire : le groupe chinois Geely. Intervenants : • Barbara Blomme, Communications Manager Volvo Plants • Frederick Marchant, Superintendent Battery Plant & Engine Center • Michiel Van Goethem, Manager Battery Plant Volvo Car Gent • Eleen Bosteels, Procurement Program Manager Volvo Cars • Willem Schreyen, Senior Leader Manufacturing & Supply Chain • Godfried Stockman – Guide de l'usine Volvo Car Gent Thèmes principaux du reportage : 📌 Transition vers l’électrique : investissements, nouveaux métiers, formation 📌 Dépendance aux chaînes logistiques mondiales et défis d’approvisionnement 📌 Avantage concurrentiel de produire des batteries localement 📌 Capacité de Volvo à produire deux technologies : NMC et LFP 📌 Production à flux tendu : 950 véhicules/jour 📌 Importance de la flexibilité (moins d’automatisation que prévu) 📌 Analyse – Le marché automobile européen en mutation. Nos entretiens ✔️ Athina Argyriou, présidente déléguée de la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle) évoque ces sujets : 📍 Déclin historique de l’emploi dans l’automobile européenne 📍 Mutation de l’industrie et nouveaux métiers 📍 Rôle des réglementations environnementales 📍 Problèmes d’harmonisation entre politiques européennes 📍 Difficulté de produire des petits véhicules en Europe 📍 Dépendance européenne aux batteries chinoises 📍 Nécessité d’une stratégie industrielle cohérente. Messages clés : 💬 L’industrie européenne n’est pas en déclin mais en transformation. 💬 Les différences de politiques nationales affaiblissent la compétitivité. 💬 La Chine domine le marché des batteries, pas des voitures. 💬 Donald Trump, en misant sur le pétrole, affaiblit l'industrie automobile américaine. ✔️ Anaïs Voy-Gillis, Chercheuse associée à l’IAE Poitiers, docteure en géographie et spécialiste des politiques industrielles dans le monde, auteure « Pour une révolution industrielle » (Presses de la Cité) aborde ces points principaux: 📝 L’Europe a pris trop tard le virage de l’électrique 📝 Réaction politique au dieselgate plutôt que stratégie à long terme 📝 Chine : 20 ans d’avance grâce à une vision systémique 📝 Triple pression sur les constructeurs européens : réglementaire, géoéconomique, technologique (logiciels, data) 📝 Fragmentation européenne (27 politiques industrielles différentes) 📝 Risques de renoncer trop vite à l’électrique 📝 Nécessité de politiques de réciprocité (localisation, antidumping) 📝 Importance vitale de ne pas abandonner les investissements en batteries. 🎵 Musique : Lukx – « Hands in the Dirt » 📻 Réalisation : Quentin Moulin. | — | ||||||
| 2/20/26 | ![]() Compétitivité mondiale : l’Europe face au défi industriel | Dans un contexte de tensions géo-économiques accrues (qu'adviendra-t-il des droits de douane imposés par Donald Trump et retoqués par la Cour suprême américaine), un vocabulaire domine désormais les débats internationaux : compétition, concurrence, déclassement, compétitivité. Longtemps réservée aux entreprises, la rivalité s’étend aujourd’hui aux États, aux blocs régionaux et aux grandes puissances économiques — Union européenne, Chine, États-Unis et pays émergents — engagés dans une course permanente à l’influence industrielle et technologique. NOS INVITÉS 👉 Marie Krpata, chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri (Institut français des relations internationales, spécialiste des relations économiques internationales, de la Chine et de la politique industrielle européenne. 👉 Pieter Timmermans, directeur général de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Une Europe en situation d’urgence économique ? Lors d’un récent sommet sur la compétitivité, le président français Emmanuel Macron a lancé un appel clair : « Place à l’action ». Face à la désindustrialisation, à la concurrence américaine et chinoise et à la fragmentation du marché intérieur, l’Europe cherche à redéfinir sa stratégie. Parmi les questions clés abordées dans l’émission : La politique industrielle européenne est-elle cohérente ou réactive ? Quels secteurs sont les plus exposés ? Pourquoi la relocalisation industrielle progresse-t-elle moins vite que prévu ? L’autonomie stratégique est-elle compatible avec le libre-échange ? Le point de vue des entreprises européennes À Bruxelles, nous avons recueilli l’analyse de Pieter Timmermans, directeur général de la Fédération des entreprises de Belgique. Les entreprises dénoncent notamment : coûts énergétiques élevés pression réglementaire fragmentation du marché européen lenteur décisionnelle. Les réponses institutionnelles européennes La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, propose notamment : un statut juridique commun « EU Inc. » pour simplifier la création d’entreprise dans toute l’Europe l’approfondissement de l’Union de l’épargne et de l’investissement l’intégration accrue des marchés de capitaux Objectif : réduire la fragmentation et renforcer la compétitivité globale. Protéger sans devenir protectionniste ? L’Europe cherche un équilibre délicat. Le chancelier allemand Friedrich Merz et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni défendent une position commune : lutter contre les pratiques commerciales déloyales sans basculer dans le protectionnisme. Mais plusieurs tensions demeurent : concurrence mondiale subventionnée dépendance technologique transition énergétique coûteuse désaccords sur l’endettement européen. Dette commune ou discipline budgétaire ? Faut-il mutualiser les investissements industriels ? Le débat oppose les partisans d’une dette européenne commune aux défenseurs de la rigueur budgétaire nationale. Une divergence qui reflète les lignes de fracture économiques du continent. Gouvernance, financement, souveraineté : les grandes contradictions européennes Au cœur de l’analyse de Marie Krpata : fragmentation des stratégies nationales règles de concurrence limitant les « champions européens » dépendances persistantes dans les chaînes de valeur stratégiques tensions entre transition écologique et compétitivité risque de course aux subventions entre États membres. L’Afrique dans la compétition mondiale Ces enjeux ne concernent pas uniquement l’Europe. Ils traversent aussi le continent africain, engagé dans ses propres stratégies industrielles et partenariales. Dans un entretien vidéo disponible sur la chaîne YouTube de RFI, le banquier d’affaires Khaled Igué — cofondateur de la French-African Foundation - exprime sa vision des alliances nécessaires pour le continent. | — | ||||||
| 2/13/26 | ![]() Enquêter au péril de sa vie : les journalistes face aux crimes économiques | Corruption, blanchiment, fraude fiscale ou détournement de fonds : quel est le rôle du journalisme d’investigation face aux crimes économiques mondiaux ? L'émission met en lumière le travail des journalistes qui enquêtent dans des contextes dangereux pour révéler des réalités souvent dissimulées. Elle a été enregistrée dans les locaux du réseau international de journalistes d’investigation Forbidden Stories, une organisation qui poursuit les enquêtes de reporters menacés, emprisonnés ou assassinés. Une mission : faire vivre les enquêtes menacées Créé en 2017, Forbidden Stories rassemble des centaines de journalistes dans le monde. Leur objectif : empêcher que des enquêtes disparaissent lorsque leurs auteurs sont réduits au silence. Ses missions : 👉 reprendre les investigations interrompues, 👉 les diffuser à l’échelle internationale, 👉 envoyer un message clair : supprimer un journaliste ne supprime pas l’information. Ce travail collaboratif s’appuie sur des partenaires dans de nombreux pays et sur l’analyse de données complexes, souvent issues de fuites ou d’enquêtes transnationales. Les invités de l’émission 🎙️ Laurent Richard, fondateur et directeur de Forbidden Stories. 🎙️ Eloïse Layan, journaliste d’investigation. Elle a repris plusieurs enquêtes sur le contournement des sanctions et sur les réseaux économiques illicites, au Kirghizistan et en Haïti. 🎙️ Emmanuel Colombié, journaliste d'investigation, auteur d'une enquête sur l'or illégal au Pérou 🎙️ Thibaut Bruttin, secrétaire général de Reporters sans frontières. Au départ, une enquête emblématique : le projet Daphne Parmi les premières grandes investigations du collectif, figure le projet consacré à la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, assassinée en 2017 alors qu’elle enquêtait sur des affaires de corruption liées au pouvoir politique et à des circuits financiers internationaux. Des dizaines de journalistes de plusieurs grands médias internationaux ont poursuivi son travail, révélant notamment l’implication d’acteurs proches du pouvoir. Cette mobilisation internationale a contribué à provoquer une crise politique majeure à Malte. Des enquêtes de terrain à travers le monde 🇵🇪 Les seigneurs de l’or : la mainmise des gangs sur les mines du Pérou Les journalistes de Forbidden Stories poursuivent l’enquête du journaliste local Manuel Kayo Quispe, menacé de mort et contraint de se cacher après avoir dénoncé les activités d’un gang près de la frontière bolivienne, une région marquée par l’exploitation illégale de l’or. Une organisation criminelle a progressivement pris le contrôle des mines et de toute la chaîne économique : sécurisation des sites d’extraction, collecte et transport de l’or, alliances avec des entreprises enregistrées, mélange d’or illégal et légal pour l’exportation internationale. Une activité extrêmement lucrative : l’or illégal représente un volume économique bien supérieur à celui du trafic de drogue dans la région. Un désastre environnemental majeur : déforestation massive, pollution des rivières par les produits chimiques utilisés pour l’extraction, destruction des territoires des communautés autochtones. Un impact social très lourd : violences, assassinats, disparitions et climat de peur généralisée. 🇭🇹 Haïti – gangs, contrebande et pouvoir économique En Haïti, l’économie est fortement influencée par les gangs et les réseaux de contrebande. L'enquête s’appuie sur le travail du journaliste haïtien assassiné Néhémie Joseph, qui enquêtait sur la contrebande à la frontière avec la République dominicaine. Les investigations ont révélé : des réseaux d’import-export contrôlés par quelques acteurs dominants, des soupçons de corruption douanière, des flux illégaux d’armes dissimulées dans des cargaisons commerciales, l’implication présumée de l’ancien sénateur Rony Célestin. Ces activités alimentent la violence armée et déstabilisent l’économie du pays. 🇰🇬 Sanction breakers au Kirghizistan – contournement des sanctions et commerce international L’émission évoque une enquête sur les circuits commerciaux permettant de contourner les sanctions internationales, notamment via l’Asie centrale. Ces réseaux impliquent des échanges complexes entre plusieurs pays, montrant comment les flux économiques mondiaux peuvent servir à masquer l’origine réelle des marchandises ou des capitaux. 🇬🇭 Ghana – l’économie mondiale de l’or illégal Au sud-ouest du Ghana, l’exploitation illégale de l’or est visible jusque depuis l’espace. Les conséquences sont multiples : destruction des forêts, pollution des rivières, enrichissement de réseaux criminels, violences et menaces contre les journalistes enquêtant sur le terrain. L’enquête montre que l’or suit un circuit international : extraction illégale → blanchiment dans un autre pays → raffinage ailleurs → vente sur les marchés mondiaux. Ce commerce illustre parfaitement la dimension globale des crimes économiques. Le regard de Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières Thibaut Bruttin analyse les pressions économiques et politiques qui menacent les médias dans le monde. Le gel ou la réduction de l’aide internationale américaine fragilise les médias indépendants : baisse des financements, affaiblissement du soutien diplomatique aux journalistes menacés ou emprisonnés. Les médias d’investigation font face à des attaques politiques croissantes visant à limiter leur influence et leur capacité de contrôle démocratique. L’audiovisuel public est particulièrement ciblé dans plusieurs pays, souvent pour des raisons électorales ou stratégiques. Cette fragilisation est perçue comme un phénomène mondial qui menace directement le pluralisme de l’information. Nos choix musicaux Afrrotronix / Stonebwoy - Beyond The Sky Coupé Cloué - Mon Compe ti Bom. | — | ||||||
| 2/7/26 | ![]() Crise du cacao en Côte d'Ivoire : un modèle en questions | Cette émission explore en profondeur la crise actuelle du secteur du cacao en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial avec plus de 40% de la production globale. Face à une volatilité historique des cours et des difficultés majeures pour les producteurs, l'émission donne la parole aux acteurs de terrain, experts et décideurs pour comprendre les enjeux économiques, sociaux et politiques de cette filière stratégique. Points clés de la situation : Prix bord champ fixé à 2 800 francs CFA/kg par l'État ivoirien en début de campagne 2025-2026 Chute brutale des cours mondiaux Accumulation de stocks estimés à 130 000 tonnes Producteurs privés de trésorerie malgré la livraison de leurs fèves Intervention de l'État pour racheter les stocks et restaurer la fluidité NOS INVITES : 👉 Alahassane Diakité, directeur général de la Maison du Cacao et Diakité Cocoa Products, député de Divo (Côte d'Ivoire). Fils de planteurs, il représente une nouvelle génération d'entrepreneurs ivoiriens engagés dans la transformation locale du cacao. « Le producteur de cacao vit de la sueur de son front, pas de la politique » L'entretien en vidéo et en intégralité ici 👉 Dr Lansana Gagny Sakho, secrétaire général du CAVIE (Centre Africain de Veille et d'Intelligence Economique), spécialiste des chaînes de valeur et de l'intelligence économique. « Tant que l’Afrique n’assurera pas la transformation locale de ses matières premières, elle restera dépendante. » 👉 Oscar Toukpo, chargé de recherche à l'Institut d'Ethno-Sociologie de l'Université Félix Houphouët Boigny d'Abidjan, spécialiste de la ruralité et des questions de vulnérabilité dans la filière cacao. « Il y a un phénomène de migration des producteurs vers des terres plus fertiles au Libéria et en Guinée forestière. » La transformation locale : une solution ? Avec son frère jumeau Fousseini, Alahassane Diakité, qui a débuté comme pisteur (collecteur de fèves), a créé deux unités de transformation : Diakité Cocoa Products : capacité de 15 000 tonnes/an La Maison du Cacao (inaugurée août 2025) : capacité de 32 000 tonnes/an Objectif 2030 : atteindre 80 000 tonnes/an Emplois : plus de 200 actuellement, objectif de 1 000 employés Leurs produits vont au-delà du chocolat : pâtes à tartiner, gels douche, savons... avec l'ambition de créer des produits accessibles aux Ivoiriens. « Aujourd'hui, le chocolat n'est pas trop dans nos habitudes alimentaires. Nous voulons aussi limiter l'exportation pour que les produits que nous allons faire soient consommés ou utilisés localement. » L'analyse de l'intelligence économique Dr. Lansana Gagny Sakho met en lumière les faiblesses structurelles du modèle africain : Les obstacles à la transformation locale : Difficulté à attirer les investissements (l'Afrique représente moins de 5% des IDE mondiaux) Problèmes de compétitivité face à l'Asie Absence de collaboration entre pays producteurs (Côte d'Ivoire et Ghana produisent 70% du cacao mondial mais ne coordonnent pas leurs politiques) Marchés de consommation situés principalement en Occident Manque de respect des normes internationales « L'Afrique s'est toujours contentée à produire et à exporter ses matières premières brutes et rester en marge, là où on fait la valeur ajoutée [...] Nous n'avons jamais été capables d'anticiper. » Selon lui, la transformation locale pourrait multiplier par quatre la valeur des produits, mais nécessite une alliance stratégique entre pays producteurs, à l'image de l'OPEP pour le pétrole. La vulnérabilité des producteurs Oscar Toukpo décrit les facteurs de paupérisation des planteurs : : Revenus inférieurs à 750 francs CFA/jour (moins de 1,15 dollar), sous le seuil de pauvreté Pratiques agricoles destructrices (cacao plein soleil, déforestation) Impact du swollen shoot (maladie des pousses du cacaoyer) et vieillissement des plantations Appauvrissement des sols et migration constante vers de nouvelles terres Endettement auprès d'usuriers pendant la période de soudure Déperdition scolaire : familles nombreuses ne pouvant pas financer l'éducation des enfants Phénomène préoccupant : migration de producteurs ivoiriens vers le Libéria et la Guinée forestière pour trouver des terres plus fertiles, avec risque de conflits fonciers futurs. « Ces paysans là, qui produisent le cacao donc la matière première, n'ont aucunement d'influence sur la fixation des prix. » La réponse de l'État ivoirien et du Conseil Café-Cacao Yves Brahima Koné, directeur du Conseil Café-Cacao, explique la stratégie d'intervention : « L'État va s'appuyer en priorité sur des opérateurs nationaux crédibles, solides et structurés qui conduiront les opérations d'achat et d'enlèvement [...] Ce mécanisme mis en place se poursuivra tout au long de la campagne principale afin de décongestionner le bord champ. » Les défis futurs Alahassane Diakité, dans son nouveau rôle de député, identifie les priorités législatives : Programme d'action : Relecture de la loi d'orientation agricole de 2015 Préparation à la réglementation européenne RDUE sur la déforestation Anticipation des normes de sécurité alimentaire plus strictes Accès des producteurs et coopératives aux marchés à terme Tenue d'Assises nationales du cacao Modernisation de l'agriculture (IA, transition écologique) Adaptation des formations professionnelles aux besoins du secteur « Il faut que les choses soient faites réellement pour le bien-être des producteurs [...] On essaie d'oublier l'essentiel et on se concentre sur ce qui est ponctuel. » | — | ||||||
| 1/30/26 | ![]() La FED défie Trump, l'indépendance des banques centrales en danger ? | Ce sont des tensions inédites entre le pouvoir politique américain et la Réserve fédérale (Fed), au moment où Donald Trump multiplie les attaques publiques contre son président, Jerome Powell. Accusé de ne pas baisser les taux d’intérêt assez rapidement, le patron de la Fed est au cœur d’un bras de fer qui dépasse la simple controverse conjoncturelle et pose une question fondamentale : l’indépendance des banques centrales est-elle en train de vaciller ? 👉 L’émission revient d’abord sur la nature et l’ampleur de ces critiques, leur caractère inhabituel par leur virulence, et les tentatives de recours à des procédures judiciaires pour fragiliser certains membres de la Fed. Les invités montrent que, si les pressions politiques sur les banques centrales ne sont pas nouvelles, la forme prise aujourd’hui aux États-Unis marque une rupture dans les usages. Olivier Garnier, chef économiste de la Banque de France, ancien économiste à la Fed 💬 « Ce qui est plus nouveau, c’est que Trump s’est lancé dans des attaques pour essayer d’évincer certains membres du board de la Fed avec des procédures judiciaires. » 👉 À travers un éclairage historique, les débats replacent la situation actuelle dans une longue trajectoire, depuis l’entre-deux-guerres jusqu’à l’émergence, dans les années 1990, d’une conception moderne de l’indépendance des banques centrales, fondée sur un mandat clair de stabilité des prix et sur la maîtrise autonome des instruments de politique monétaire. L’émission explore également les différences institutionnelles entre la Fed et la Banque centrale européenne, ainsi que les raisons pour lesquelles le cadre européen offre, sur certains aspects, des garanties plus solides. Adriano do Vale, maître de conférences en économie à l'Université de Poitiers – Auteur «L’indépendance des banques centrales, à l'aune de l'histoire de la pensée et des pratiques» (Classiques Garnier) 💬 « La politique monétaire est une affaire éminemment politique, et ça, ça a toujours été comme ça. Ce qui marque la singularité de ce moment, c’est surtout la forme, le vocabulaire et le ton. » 👉 Les échanges abordent aussi la dimension internationale du dossier : la solidarité exprimée par plusieurs gouverneurs de banques centrales envers Jerome Powell, les réactions observées jusqu’en Nouvelle-Zélande, et le rôle de forums comme la Banque des règlements internationaux dans la constitution d’une véritable communauté mondiale de banquiers centraux. Enfin, l’émission se projette vers l’avenir en analysant les perspectives de politique monétaire américaine : maintien ou reprise des baisses de taux, risques d’une détente prématurée, crédibilité de la Fed face aux marchés et conséquences pour l’économie mondiale. Maxime Darmet, économiste senior chez Allianz Trade 💬 « La question centrale aujourd’hui est de savoir si la Fed pourra baisser ses taux dans les prochains mois sans compromettre sa crédibilité. » 👉 Dans la seconde partie de l'émission, nous vous proposons un entretien avec le député et ancien ministre de RDC Kin Kiey Mulumba, par ailleurs fondateur du journal Le Soft et président du Conseil d’administration de la Régie des Voies Aériennes (RVA). Il publie « Une histoire du Congo, de Mobutu à Tshisekedi » (Le Cherche Midi). Découvrez l'entretien en vidéo sur la chaîne Youtube de RFI. | — | ||||||
| 1/24/26 | ![]() «Champions d'Afrique dans la gestion du risque» - Philip Sigwart, PDG de Baobab (microfinance) | Notre Grand invité de l’économie RFI – Jeune Afrique est un spécialiste du financement des entreprises sur le continent africain, en particulier les très petites entreprises et les PME, moteurs essentiels de la croissance et de l’emploi : Philip Sigwart, président-directeur général du groupe panafricain de finance inclusive Baobab détaille sa stratégie et livre un diagnostic sur les défis du secteur au micro de Bruno Faure (RFI) et Aurélie M'Bida (Jeune Afrique). À la tête du groupe Baobab depuis 2019, Philip Sigwart incarne une trajectoire singulière, à la croisée de la banque internationale, du terrain et de la finance inclusive. Formé à l’économie à l’Université de Saint-Gall (Suisse) puis titulaire d’un MBA de Chicago Booth, il débute sa carrière à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), où il travaille sur le financement des petites entreprises dans des économies en transition. Il rejoint ensuite ProCredit Holding, groupe bancaire spécialisé dans les PME, et occupe des fonctions de direction dans plusieurs pays : Kosovo, Géorgie et République démocratique du Congo. Cette expérience de terrain, au contact direct des entrepreneurs, façonne durablement sa vision du crédit et du risque. Entre 2015 et 2019, Philip Sigwart poursuit son parcours en Afrique de l’Est, au Kenya, où il pilote l’activité PME d’Equity Group, l’un des plus grands groupes bancaires africains. Depuis Paris, il dirige aujourd’hui le groupe Baobab, acteur majeur de la finance inclusive, présent dans sept pays africains, au service d’environ 1,6 million de clients, principalement des entreprises de petite taille, artisans et commerçants. Sous son impulsion, Baobab a opéré un recentrage stratégique sur l’Afrique et revendique une croissance responsable, conciliant performance financière, inclusion et impact social. Au cours de cet entretien, il revient sur : le rachat de Baobab par le groupe égyptien Beltone, les enjeux de consolidation de la microfinance africaine, le financement des TPE, PME et entrepreneurs, la gestion du risque de crédit, la place des fintechs, l’inclusion financière des femmes, les défis climatiques et agricoles, et les priorités stratégiques du groupe, notamment au Nigeria et en RDC. Avec la participation d'Eric Ntumba, directeur général de Baobab Nigeria, filiale stratégique du groupe dans la première économie d’Afrique. Retrouvez les grands invités de l'économie ici | — | ||||||
| 1/15/26 | ![]() Europe - Afrique : vers une nouvelle relation économique ? | Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation économique et la montée de nouvelles puissances, la relation entre l’Europe et l’Afrique est à un tournant. Longtemps structurée autour de l’aide au développement, elle cherche aujourd’hui à évoluer vers un véritable partenariat fondé sur l’investissement, la co-construction et la création de valeur locale. C’est l’un des grands enjeux débattus lors du dernier sommet Union européenne – Union africaine, organisé à Luanda, en Angola. NOS INVITÉS 👉Mario Pezzini, économiste, ancien directeur du Centre de développement de l'OCDE, auteur du rapport Europa 360° pour la fondation espagnole Avanza 👉Benoît Chervalier, président de BCH Invest, vice-président Afrique du Medef international, président Africa Business Europe, cofondateur et directeur exécutif de la Chaire Business et industrie en Afrique de l'ESSEC, auteur de l'essai «Ce qu'attend l'Afrique» (éditions de l'Aube) 👉 Youssouf Camara, coach de dirigeants, directeur de la Maison de l'Afrique. D’un modèle d’aide à un modèle de partenariat Pendant des décennies, la relation euro-africaine a reposé sur une logique de donateurs et de bénéficiaires. Mais ce modèle montre aujourd’hui ses limites. Pour l’économiste Mario Pezzini, ancien directeur du Centre de développement de l’OCDE, il est temps de passer à une alliance fondée sur le dialogue et la co-gouvernance : « Il faut construire une relation différente, basée sur des règles définies ensemble, et non plus sur des projets pensés uniquement côté européen. » Même constat du côté du secteur privé. Benoît Chervalier, banquier d’affaires et président Afrique de Business Europe, plaide pour une rupture avec l’aide publique au développement telle qu’elle existe aujourd’hui : « Il faut sortir de la logique de l’aide et aller vers une logique d’investissement. Ce que veulent les citoyens, c’est un retour sur investissement, pas seulement des promesses. » Une Afrique plurielle, des partenariats multiples L’Afrique n’est pas un bloc homogène. Ses réalités économiques, politiques et sociales varient fortement d’un pays à l’autre. De plus, l’Europe n’est plus le seul partenaire stratégique du continent. La Chine, les pays du Golfe, la Turquie ou encore l’Inde renforcent leur présence économique. Les pays africains revendiquent désormais la liberté de choisir leurs partenaires. « Personne ne veut être sous tutelle, ni les Africains, ni les Européens », rappelle Benoît Chervalier. Cette diversification se traduit aussi par des relations bilatérales plus dynamiques entre certains pays européens et africains, au-delà des cadres institutionnels. Global Gateway : 300 milliards d’euros pour l’Afrique L’Union européenne a lancé en 2021 le programme Global Gateway, un vaste plan d’investissement de 300 milliards d’euros, dont la moitié destinée à l’Afrique. Les priorités : infrastructures transition énergétique numérique santé transports éducation L’objectif est de proposer une alternative aux investissements chinois, en misant sur des financements durables et transparents. Mais le président sud-africain Cyril Ramaphosa met en garde : « Ces investissements ne doivent pas remplacer une dépendance par une autre. Ils doivent être transformateurs et créateurs de capacités locales. » Le défi de la transformation locale Un point fait consensus : l’Afrique doit transformer davantage ses ressources sur place. Produire localement, développer les chaînes de valeur, créer des emplois et réduire la dépendance aux exportations de matières premières sont des priorités. Mario Pezzini insiste : « Une infrastructure sans compétences ni institutions devient un décor. Une route seule ne crée pas de développement. » Les investissements doivent donc s’accompagner : de formation de politiques industrielles de soutien aux PME de renforcement des institutions PME, agriculture et jeunesse au cœur du développement Les petites et moyennes entreprises, souvent familiales, constituent l’essentiel du tissu économique africain. Pourtant, elles rencontrent de nombreux obstacles : normes, accès au financement, compétitivité, logistique. Youssouf Camara, directeur général de la Maison de l’Afrique, plaide pour une coopération plus opérationnelle : « Les accords politiques ne suffisent pas. Il faut accompagner concrètement les entreprises africaines pour qu’elles accèdent aux marchés européens. » L’agriculture, l’agro-industrie et les industries locales sont également des secteurs-clé pour absorber la forte croissance démographique du continent. D’ici 2050, environ 800 millions de jeunes entreront sur le marché du travail africain. Vers une relation plus équilibrée La nouvelle doctrine européenne repose sur une idée centrale : créer de la richesse là où elle est produite. Cela suppose : une industrialisation progressive des investissements ciblés une meilleure intégration régionale un dialogue politique plus équilibré L’objectif n’est plus seulement de financer, mais de co-construire. Retrouvez nos invités de l'économie ici. | — | ||||||
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