
Contact - avec Stéphan Bureau
Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre monde. Dans l’air du temps sans être dans l’actualité brûlante, Contact se veut une tribune plurielle pour sortir des sentie...
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| 10/8/26 | ÂŤ J’ai accouchĂŠ de plusieurs ordinateurs top 10 au monde. Âť Nicolas DubĂŠ, un quĂŠbĂŠcois au cĹ“ur de la course Ă l’IA. | Nicolas Dubé évolue depuis plus de vingt ans dans les coulisses de la révolution informatique. Ingénieur de formation, il a commencé à travailler sur l’intelligence artificielle au début des années 2000, avant de consacrer sa carrière à la conception de superordinateurs parmi les plus puissants de la planète. Aujourd’hui vice-président chez Intel, il raconte dans cet épisode un parcours qui l’a mené des laboratoires de l’Université Laval jusqu’au laboratoire mythique d’ Oak Ridge, aux États-Unis, où il a participé à la mise au point de Frontier, le premier superordinateur à franchir la barre de l’exascale. « Un milliard de milliards de calculs par seconde », explique-t-il pour donner la mesure de cette puissance. Cette course à la puissance de calcul est aussi devenue une course géopolitique. Nicolas Dubé revient sur la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine, sur les puces devenues un enjeu de souveraineté et sur le rôle stratégique des centres de données. Il raconte notamment les dessous parfois rocambolesques de la mise en service de Frontier, jusqu’à la découverte d’algues dans son système de refroidissement — un problème qui a failli mettre en péril l’un des ordinateurs les plus coûteux jamais construits. Pour lui, l’enjeu dépasse largement la performance informatique : « To outcompete, you need to outcompute » — pour être plus compétitif, il faut être capable de faire davantage de calcul. Mais au-delà de la compétition entre puissances, cette puissance de calcul pourrait transformer notre capacité à comprendre et à agir sur le monde. Modélisation climatique, prévision des phénomènes météorologiques, jumeaux numériques, fusion nucléaire : l’intelligence artificielle et le supercalcul pourraient accélérer des découvertes encore difficiles à imaginer. Nicolas Dubé se montre également résolument optimiste face aux craintes entourant l’IA. « À la base, les AI, c’est pas maléfique, mais pas bienveillant non plus », dit-il, rappelant que les objectifs donnés aux systèmes sont ultimement définis par des humains. Dans cet épisode, il nous plonge ainsi au cœur d’une révolution technologique où se croisent science, énergie, sécurité nationale et rapports de force géopolitiques.Pour de l’information concernant l’utilisation de vos donnĂŠes personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr | 1h 19m 51s | ||||||
| 9/14/26 | Droit d’asile :  On a vraiment fait notre part, je pense que l’on peut dire trop . Entretien avec le chef du Parti libÊral du QuÊbec, Charles Milliard. | À quelques semaines de l’Êlection quÊbÊcoise, Charles Milliard vient dÊfendre sa vision et son projet pour le QuÊbec. Le chef du Parti libÊral du QuÊbec aborde de front les grands enjeux qui marquent la campagne : logement, immigration, construction, langue française et relations avec le reste du Canada. Il confirme son ambition de construire 100 000 logements supplÊmentaires par annÊe et plaide pour un changement de culture dans la manière de bâtir au QuÊbec :  Il faut arrêter d’acheter cheap au QuÊbec parce que quand on achète cheap, il faut rÊparer dix ans plus tard.  Sur la question de l’immigration, Charles Milliard appelle à davantage de nuance dans un dÊbat qu’il juge particulièrement sensible. S’il reconnaÎt les limites de la capacitÊ d’accueil du QuÊbec et la nÊcessitÊ d’une meilleure rÊpartition des demandeurs d’asile au Canada, il refuse d’en faire l’explication de tous les problèmes.  Le message, c’est que les immigrants, c’est la source de tous nos problèmes , dit-il en Êvoquant certains discours politiques, avant d’ajouter :  Le ton est important. Je crois au ton en politique.  Un Êchange qui mène aussi à la situation des Haïtiens dÊtenteurs d’un statut temporaire aux États-Unis et à la capacitÊ du QuÊbec à leur ouvrir ses portes. | 1h 21m 11s | ||||||
| 8/20/26 | Ruba Ghazal : La gauche ne doit pas avoir peur de l’argent ! | Ă€ quelques jours du dĂŠclenchement de la campagne ĂŠlectorale quĂŠbĂŠcoise, Ruba Ghazal avance avec une ambition assumĂŠe : ÂŤ Moi, je travaille pour devenir première ministre. C’est ce que je veux faire. C’est à ça que j’aspire. Âť La co-porte-parole de QuĂŠbec solidaire, qui publie ĂŠgalement Les gens du pays viennent aussi d’ailleurs, revient dans cet ĂŠpisode sur un parcours personnel marquĂŠ notamment par le dĂŠsir d’avoir des enfants et le deuil de ne pas en avoir eu. Économie, fiscalitĂŠ, services publics, ĂŠducation, logement, immigration : la dĂŠputĂŠe dĂŠfend une conception de l’État qui ne s’oppose pas au marchĂŠ, mais refuse de lui abandonner les commandes. Ă€ rebours de plusieurs clichĂŠs, elle refuse de faire de l’argent le mal absolu. Et contrairement Ă la campagne de 2022, la gauche solidaire tend aujourd’hui la main aux QuĂŠbĂŠcois dont le patrimoine est infĂŠrieur Ă 25 millions de dollars. Pas question de tondre ces ĂŠlecteurs qui forment peut-ĂŞtre la nouvelle classe moyenne ! Sur l’immigration, elle plaide pour une politique d’intĂŠgration rĂŠsolument francophone et refuse de faire reposer sur les femmes le devoir ÂŤ d’avoir des trâlĂŠes d’enfants Âť pour soutenir la dĂŠmographie. Face Ă la menace d’expulsion de milliers d’HaĂŻtiens des États-Unis, elle affirme sans dĂŠtour que le QuĂŠbec a la responsabilitĂŠ morale d’en accueillir s’ils se prĂŠsentent Ă la frontière. | 1h 36m 03s | ||||||
| 8/13/26 |  Très honnêtement, je pensais que j’Êtais beaucoup trop à droite pour être capable de m’exprimer sur la place publique.  Entretien avec le chef du Parti conservateur du QuÊbec Éric Duhaime. | Éric Duhaime aborde cette nouvelle campagne Êlectorale sous un jour inÊdit. Plus assurÊ qu'en 2022, oÚ il admet avoir ÊtÊ  un chef dÊbutant , le leader conservateur se montre prêt, aguerri... et lucide. MalgrÊ la confiance retrouvÊe qu'il affiche, il le reconnaÎt d'emblÊe : il ne sera pas le prochain premier ministre du QuÊbec. Ce renoncement au pouvoir suprême ne l'empêche pas de vouloir secouer le paysage politique. Derrière le chef rÊsolu qui prône  Oser pour vrai , la rÊduction de l'État et un marchÊ libÊrÊ, se dÊvoile un homme profondÊment marquÊ. Son passage en Irak, qui lui laisse encore aujourd'hui un choc post-traumatique et des insomnies tenaces, Êclaire d'une lumière intime ses rÊflexions sur la vulnÊrabilitÊ et la rÊsilience. De sa charge contre le bilan de la CAQ et le  fÊdÊralisme toxique  d'Ottawa à sa lecture des tensions dans l'Ouest canadien, Éric Duhaime fait sauter la langue de bois. Un entretien sans filtre avec un chef qui a appris de ses erreurs et choisit de jouer cartes sur table. | 1h 30m 57s | ||||||
| 6/23/26 | Censure en IsraÍl :  C’est une vÊritable campagne de terreur, ça ne va pas encore jusqu’au meurtre, mais ça s’arrête juste avant.  Entretien avec Charles Enderlin, ancien correspondant de France 2 à JÊrusalem. | À l’heure oÚ la guerre entre IsraÍl, les États-Unis et l’Iran bouleverse une nouvelle fois l’Êquilibre du Moyen-Orient, Charles Enderlin livre une analyse sans concession des choix stratÊgiques de l'État hÊbreu et de leurs consÊquences. Ancien correspondant de France 2 à JÊrusalem pendant plus de trente ans, fin observateur du conflit israÊlo-palestinien, il revient sur les erreurs de Benjamin Netanyahu, le traumatisme du 7 octobre et l'enlisement d'une rÊgion oÚ, selon lui, les logiques idÊologiques l'emportent dÊsormais sur toute perspective politique.  La coexistence existe dans la vie quotidienne. Le problème, c'est la coexistence politique.  Dans cet entretien, Charles Enderlin dÊmonte les mÊcanismes qui, selon lui, ont conduit IsraÍl à la catastrophe. Il dÊcrit un gouvernement qu'il juge prisonnier d'une vision messianique, explique pourquoi le Hamas a ÊtÊ sous-estimÊ pendant des annÊes et affirme que la rÊponse militaire ne pourra jamais, à elle seule, rÊsoudre le conflit.  On ne combat pas le fondamentalisme en tapant dessus. Ça se combat par la politique et par la diplomatie.  Il revient Êgalement sur les accusations de crimes de guerre à Gaza, les dÊrives de la colonisation en Cisjordanie et la profonde crise dÊmocratique que traverse aujourd'hui la sociÊtÊ israÊlienne. Au fil de cette conversation, l'ancien journaliste Êvoque aussi les fractures internes d'IsraÍl, la montÊe des extrÊmismes religieux, les pressions exercÊes contre les voix critiques et les inquiÊtudes d'une partie de la population face à l'avenir du pays. Sans cÊder aux simplifications, Charles Enderlin dresse le portrait d'un IsraÍl profondÊment transformÊ et lance un avertissement :  On a cru qu'on avait la grippe. En fait, on avait le cancer.  | 1h 05m 38s | ||||||
| 6/18/26 |  Le rÊgime de Zelensky ne vaut pas mieux que le rÊgime de Poutine, mais Poutine on ne l’aide pas, on ne lui donne pas notre chemise.  Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan. Candidat, Debout la France. | À l’approche de l’Êlection prÊsidentielle de 2027, Nicolas Dupont-Aignan dÊfend une vision radicalement souverainiste de l’avenir. De l’Union europÊenne à la guerre en Ukraine, en passant par la dette publique, la libertÊ d’expression et les institutions dÊmocratiques, l’ancien dÊputÊ d’Essonne dresse le constat d’un pays qu’il juge en dÊclin et plaide pour une rupture profonde avec ce qu’il appelle le  système  politique actuel.  La France est devenue un protectorat de l’Union europÊenne, des États-Unis, de la Chine et de l’Allemagne , affirme-t-il, tandis qu’il appelle les Français à  reprendre leur libertÊ individuellement et collectivement . Le candidat de Debout la France revient longuement sur la guerre en Ukraine, sujet sur lequel il assume une position très minoritaire dans le paysage politique français. Convaincu que l’Europe s’est engagÊe dans une impasse stratÊgique, il dÊnonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation du conflit et plaide pour un rapprochement futur entre l’Europe et la Russie.  Le vrai danger aujourd’hui pour l’Occident, c’est la Chine, ce n’est pas la Russie , soutient-il, tout en accusant les dirigeants europÊens d’avoir  sautÊ à pieds joints dans un piège gÊopolitique . Une analyse qui s’inscrit dans sa critique plus large de la mondialisation, de l’OTAN et du fonctionnement des institutions europÊennes. DÊfenseur d’un Frexit assumÊ, partisan du rÊfÊrendum d’initiative citoyenne et favorable à un dÊbat national sur la peine de mort, il affirme vouloir replacer la souverainetÊ populaire au cœur de la vie publique. Derrière les controverses, Nicolas Dupont-Aignan dit vouloir prÊparer le pays aux grands dÊfis du XXIe siècle : intelligence artificielle, rÊvolution numÊrique, rÊindustrialisation et crise dÊmocratique. | 1h 06m 19s | ||||||
| 6/11/26 | Le pouvoir de dÊclencher le feu nuclÊaire. Une plongÊe exclusive à bord d’un sous-marin lanceur d’engins en compagnie du vice-amiral d'escadre Didier Maleterre. | À l’heure oÚ le retour des rapports de force entre grandes puissances remet la dissuasion nuclÊaire au cœur de l’actualitÊ, Contact vous entraÎne dans un univers aussi secret que stratÊgique : celui des sous-marins nuclÊaires. Ancien commandant du Saphir et du Triomphant, le vice-amiral d’escadre Didier Maleterre ouvre les Êcoutilles d’un monde oÚ l’on disparaÎt pendant des semaines sous les ocÊans, sans nouvelles de ses proches, avec pour mission ultime de garantir la paix par la menace de la riposte.  Lorsqu’on ferme le sas et qu’on plonge, on se coupe dÊlibÊrÊment du monde , raconte-t-il, dÊcrivant une aventure humaine autant qu’un dÊfi technologique. Au fil de cet entretien, Didier Maleterre dÊcrypte aussi la profonde transformation des conflits contemporains. Guerre en Ukraine, tensions avec l’Iran, rivalitÊ entre les États-Unis et la Chine, explosion des drones et de l’intelligence artificielle : selon lui, les armÊes occidentales sont confrontÊes à une nouvelle rÊalitÊ stratÊgique.  On est dans un monde darwinien oÚ il y a des prÊdateurs et des herbivores. Soit vous vous adaptez, soit vous disparaissez , rÊsume-t-il. Un regard sans dÊtour sur une Êpoque oÚ le nuclÊaire, que beaucoup croyaient relÊguÊ à la Guerre froide, redevient un ÊlÊment central des Êquilibres internationaux. Mais derrière les doctrines militaires et les considÊrations gÊopolitiques se cache une question plus intime : comment vit-on avec la responsabilitÊ potentielle de l’arme absolue? De la vie quotidienne à bord d’un sous-marin aux procÊdures qui encadrent un Êventuel ordre de tir, l’ancien commandant raconte la discipline, le doute et le sens du devoir qui animent les Êquipages.  Si on est obligÊ de mettre en œuvre l’arme nuclÊaire, c’est qu’on n’a pas dissuadÊ. C’est un Êchec . Une plongÊe rare dans les coulisses de la dissuasion française, oÚ la technologie, le facteur humain et la politique se rejoignent dans une même quête : empêcher que l’impensable ne se produise. | 1h 20m 11s | ||||||
| 6/4/26 |  Je pense profondÊment que Trump va Êchouer parce que le système, la dÊmocratie amÊricaine, est beaucoup plus puissante que lui.  Entretien avec le journaliste FrÊdÊric Martel | Nous recevons FrÊdÊric Martel à l’occasion de la parution de son livre Occidents. Après plusieurs annÊes d’enquête et plus d’une centaine de voyages à travers le monde, il dresse une cartographie inquiÊtante des forces politiques, idÊologiques et mÊdiatiques qui contestent le modèle dÊmocratique occidental. De Vladimir Poutine à Xi Jinping, en passant par les rÊseaux proches du Hamas, du Hezbollah ou encore de Donald Trump, FrÊdÊric Martel raconte une  bataille mondiale des idÊes  oÚ se croisent propagande, rÊcits identitaires et guerre culturelle.  Derrière le mot Occident, il y a le mot dÊmocratie , affirme-t-il. Au fil de l’entretien, l’auteur revient aussi sur sa mÊthode d’enquête, qui l’a conduit aussi bien dans les cercles intellectuels russes qu’auprès de figures de la droite radicale amÊricaine. Une immersion totale qui donne au livre des allures de reportage gÊopolitique sous haute tension.  Ces gens-là veulent nous dÊtruire et je pense qu’on sous-estime la menace , lance-t-il, en Êvoquant les stratÊgies d’influence menÊes contre les dÊmocraties libÊrales. FrÊdÊric Martel dÊfend l’idÊe que la guerre contemporaine se joue dÊsormais autant dans les rÊcits que sur les terrains militaires :  Le contrôle du narratif est aujourd’hui l’enjeu fondamental.  Mais l’Êchange dÊpasse rapidement la seule gÊopolitique. Il est aussi question des limites de nos dÊmocraties, de la montÊe des populismes, du rôle des rÊseaux sociaux et de la fragilitÊ de l’État de droit face aux tentations autoritaires. À travers des dÊbats nourris sur Marine Le Pen, Viktor Orbån ou encore les  techno bros  de la Silicon Valley, FrÊdÊric Martel plaide pour une dÊfense assumÊe des valeurs dÊmocratiques.  On ne peut pas être en dÊsaccord sur l’État de droit , insiste-t-il dans une conversation dense, passionnÊe et profondÊment politique. | 1h 16m 49s | ||||||
| 5/28/26 |  Quand vous nÊgociez avec les Iraniens, vous n’avez jamais un interlocuteur, vous avez toutes les factions du rÊgime autour de la table . Entretien avec le diplomate Jacques Audibert, nÊgociateur du JCPOA sur le programme nuclÊaire iranien | À l’heure oÚ les tensions autour de l’Iran atteignent un nouveau sommet, le diplomate français Jacques Audibert nous ouvre les coulisses des nÊgociations nuclÊaires menÊes pendant plus de cinq ans avec TÊhÊran. Ancien directeur des affaires politiques au Quai d’Orsay et acteur central du fameux accord de Vienne, il raconte de l’intÊrieur la mÊcanique complexe des discussions avec le rÊgime iranien, les rapports de force entre grandes puissances et les fragilitÊs d’un Êquilibre aujourd’hui en miettes.  Quand vous nÊgociez avec les Iraniens, vous n’avez jamais un interlocuteur, vous avez toutes les factions du rÊgime autour de la table. , explique-t-il. Dans cet entretien dense, Jacques Audibert dÊconstruit plusieurs idÊes reçues sur l’Iran et sur l’Êchec de la stratÊgie occidentale depuis le retrait amÊricain du JCPOA. Il revient notamment sur les tensions entre alliÊs occidentaux, le rôle souvent mÊconnu de la diplomatie patiente et les erreurs stratÊgiques qui, selon lui, ont aggravÊ la situation actuelle.  L’utilisation de la force n’a conduit nulle part. , tranche-t-il. Audibert livre aussi une rÊflexion plus large sur la diplomatie contemporaine, les limites du rapport de force et les risques d’une escalade incontrôlÊe au Moyen-Orient. Entre anecdotes inÊdites sur les nÊgociations secrètes, analyse du rôle de Donald Trump et regard inquiet sur le sort du peuple iranien, cet Êpisode de Contact propose une plongÊe rare dans les arcanes du pouvoir international.  Les diplomates sont les derniers à se parler avant la guerre et les premiers à se reparler après. . | 1h 01m 48s | ||||||
| 5/21/26 | ÂŤ La Chine s’est engagĂŠe dans une posture qui est plus que oeil pour oeil, dents pour dents ! Âť Entretien avec Alice Ekman, directrice de la recherche Ă l‘Institut d’Êtudes de sĂŠcuritĂŠ de l’Union europĂŠenne. | Ă€ l’heure oĂš les tensions internationales se redessinent autour du tandem Washington-PĂŠkin, la sinologue Alice Ekman livre une analyse dense et sans dĂŠtour des ambitions chinoises et de la nouvelle phase de rivalitĂŠ qui s’installe avec les États-Unis. Au lendemain du sommet entre Xi Jinping et Donald Trump, elle dĂŠcrit une Chine ÂŤ beaucoup plus dure en nĂŠgociation Âť, assumant dĂŠsormais publiquement ses lignes rouges, notamment sur TaĂŻwan, l’Iran ou les sanctions occidentales. ÂŤ La Chine est de plus en plus dure en nĂŠgociation et le fait de manière de plus en plus publique et ouverte Âť, affirme-t-elle. Directrice de la recherche Ă l’Institut d'ĂŠtudes de sĂŠcuritĂŠ de l'Union europĂŠenne, Alice Ekman revient aussi sur la transformation idĂŠologique opĂŠrĂŠe sous Xi Jinping : centralisation du pouvoir, purges internes, contrĂ´le accru de la sociĂŠtĂŠ et affirmation d’un modèle prĂŠsentĂŠ comme une alternative au rĂŠfĂŠrentiel occidental. ÂŤ Pour la Chine, l’objectif n’est pas uniquement de dĂŠpasser les États-Unis ĂŠconomiquement : c’est aussi de marginaliser leur rĂŠfĂŠrentiel politique Âť, explique-t-elle. Derrière la puissance ĂŠconomique et technologique, elle dĂŠcrit un rĂŠgime obsĂŠdĂŠ par la stabilitĂŠ politique et profondĂŠment marquĂŠ par la peur de l’effondrement soviĂŠtique. La chercheuse ĂŠclaire ĂŠgalement les nouvelles solidaritĂŠs gĂŠopolitiques qui se dessinent entre PĂŠkin, Moscou et TĂŠhĂŠran. Entre soutien implicite Ă l’Iran, rapprochement stratĂŠgique avec la Russie et volontĂŠ de fĂŠdĂŠrer ce que PĂŠkin appelle le ÂŤ Sud global Âť, elle dĂŠcrypte une Chine qui cherche dĂŠsormais Ă remodeler l’ordre international selon ses propres codes. ÂŤ Il est temps de montrer au monde qui nous sommes vraiment Âť, rĂŠsume-t-elle en exposant la vision chinoise du monde, une vision oĂš l’Occident n’est plus la rĂŠfĂŠrence, mais l’adversaire Ă dĂŠpasser. | 48m 45s | ||||||
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| 5/14/26 |  Depuis que je suis enfant, j’aime l’histoire, la guerre et la politique. C’est pas un choix, c’est comme ça.  Entretien avec Louis Sarkozy, essayiste, chroniqueur et conseiller municipal à Menton | Entretien enregistrÊ le 22 avril 2026. Figure mÊdiatique et politique en ascension, Louis Sarkozy se livre dans un long entretien oÚ se mêlent convictions idÊologiques, rÊcit intime et fascination pour l’histoire amÊricaine. Entre rÊflexions sur le libÊralisme, dÊfense acharnÊe de la libertÊ d’expression et critique des nouvelles orthodoxies politiques, il assume une pensÊe à contre-courant, forgÊe autant par ses lectures que par son parcours atypique.  Le monde est rempli de mauvaises idÊes et de gens bêtes. Donc, une conclusion : on avance lentement , rÊsume-t-il pour expliquer sa vision du conservatisme. Louis Sarkozy revient aussi sur son rapport à son nom, à son père et à l’hÊritage familial. Loin du discours victimaire souvent associÊ aux dynasties politiques, il affirme porter ce patronyme  comme un honneur , tout en racontant les consÊquences très concrètes qu’il a eues sur son existence, notamment son exclusion de l’armÊe amÊricaine, après avoir ÊtÊ soupçonnÊ  d’influence Êtrangère . L’entretien prend une tournure encore plus personnelle lorsque Louis Sarkozy Êvoque son passage dans une Êcole militaire amÊricaine, un univers qu’il dÊcrit comme  extrêmement violent , mais fondateur. Il raconte comment cette expÊrience l’a arrachÊ à une jeunesse protÊgÊe pour lui apprendre la discipline, la rÊsistance et le goÝt de l’effort.  Il n’y a rien de pire qu’une vie de facilitÊ , affirme-t-il, convaincu que les sociÊtÊs modernes produisent des individus trop ÊloignÊs de l’Êpreuve. | 1h 27m 01s | ||||||
| 5/7/26 | Sommet Trump-Xi Jinping à PÊkin. La Chine va-t-elle se mouiller dans le dÊtroit d’Ormuz ? Entretien avec François Godement, Expert RÊsident principal et Conseiller spÊcial – Asie et États-Unis à l'Institut Montaigne | À quelques jours d’un important sommet Trump-Xi Jinping, François Godement, un des plus grands sinologues europÊens, dÊcrypte une Chine plus opaque que jamais, à la croisÊe des tensions gÊopolitiques et des fragilitÊs internes. Il dresse le portrait d’un rÊgime à la fois sÝr de sa trajectoire et inquiet de son environnement Êconomique.  Les contentieux se sont accumulÊs, mais les raisons de parler aussi , rÊsume-t-il, Êvoquant une rivalitÊ sino-amÊricaine oÚ s’entremêlent dÊpendances commerciales, guerre technologique et calculs stratÊgiques. Derrière la puissance affichÊe, la Chine reste vulnÊrable aux soubresauts du commerce mondial. Sur le plan intÊrieur, l’Êquilibre du modèle chinois apparaÎt plus fragile qu’il n’y paraÎt. Croissance ralentie, crise immobilière persistante, inÊgalitÊs massives : autant de signaux d’alerte pour un rÊgime qui fonde sa lÊgitimitÊ sur la prospÊritÊ.  Si on ne rallume pas la consommation, [‌] la ligne actuelle est insoutenable , rapporte Godement, soulignant les dÊbats internes qui traversent le pays. Mais mesurer le mÊcontentement rÊel relève du dÊfi dans un système oÚ  le contrôle [‌] est sans prÊcÊdent , notamment grâce aux outils numÊriques. À l’international, la Chine avance avec prudence, notamment face aux crises comme celle impliquant l’Iran. PÊkin privilÊgie ses intÊrêts Êconomiques et Êvite toute prise de risque directe, tout en profitant des tensions pour renforcer son influence.  La Chine est devant un exercice d’Êquilibrisme , explique Godement, entre opportunisme stratÊgique et retenue diplomatique. Dans ce jeu de puissance, une constante demeure : la capacitÊ chinoise à penser le temps long. Face à des dÊmocraties occidentales fragmentÊes, le rapport de force pourrait bien se jouer moins sur l’instant que sur la durÊe. | 1h 21m 06s | ||||||
| 4/30/26 |  Il ne faut pas avoir peur de la vÊritÊ . Les journalistes font-ils encore leur mÊtier ? Entretien avec Franz-Olivier Giesbert | Figure incontournable de la presse, passÊ par les plus grandes rÊdactions, Franz-Olivier Giesbert dresse le portrait d’un monde, celui de l’information, qu’il juge assez sÊvèrement. Mais derrière le polÊmiste se dessine aussi un parcours intime, marquÊ par des rencontres fondatrices, notamment celle avec Alberto Giacometti, et une ligne de conduite restÊe intacte :  N’Êcoute personne, fais-toi une opinion par toi-même . Giesbert revendique une forme de libertÊ absolue, quitte à en payer le prix.  Ne faites pas carrière , lance-t-il aux jeunes journalistes, plaidant pour un mÊtier exercÊ sans peur ni compromis. Une vision exigeante, presque brutale, du rôle d’informer, à rebours d’une profession qu’il juge aujourd’hui trop conformiste. Car c’est bien le journalisme contemporain qui se retrouve au cœur de ses critiques. Entre  vÊritÊs alternatives , pression idÊologique et perte de repères, Giesbert s’inquiète d’une dÊrive profonde :  Il y a des choses qu’on ne peut plus dire . À ses yeux, la disparition de figures indÊpendantes fragilise le dÊbat dÊmocratique, au profit d’un discours uniformisÊ. Dans un monde saturÊ d’informations et de tensions politiques, il appelle à retrouver une exigence fondamentale :  Il ne faut pas avoir peur de la vÊritÊ . Une injonction qui rÊsonne comme le fil rouge de cet Êchange dense et sans concession. | 1h 14m 02s | ||||||
| 4/23/26 | Comment les services secrets israÊliens et amÊricains ont-ils pÊnÊtrÊ l’appareil de sÊcuritÊ iranien ? Entretien avec le journaliste et spÊcialiste du renseignement RÊmi Kauffer | Le journaliste et spÊcialiste du renseignement RÊmi Kauffer nous plonge au cœur d’un univers aussi discret que dÊterminant : celui des services secrets. À l’occasion de la parution de son Dictionnaire mondial de l’espionnage, il propose une lecture alternative de l’histoire contemporaine, oÚ les opÊrations clandestines Êclairent autrement les grands ÊvÊnements.  Il y a un certain nombre de choses que ça explique [‌], les historiens qui se privent de cette dimension ne comprennent pas toute l’histoire . Kauffer dÊcrypte les logiques à l’œuvre dans les conflits actuels, notamment au Moyen-Orient, oÚ la guerre se joue autant dans l’ombre que sur le terrain. Entre assassinats ciblÊs, opÊrations psychologiques et infiltrations, les services secrets deviennent des acteurs centraux de la dÊstabilisation des États.  Le but de la manœuvre, c’est que vos adversaires s’autodÊtruisent , rÊsume-t-il, insistant sur l’importance de la peur et de la paranoïa comme armes stratÊgiques. Derrière l’image d’omnipotence du Mossad se cache une mÊcanique fine, oÚ la technologie et la manipulation psychologique se combinent pour affaiblir l’ennemi de l’intÊrieur. Mais au-delà des opÊrations spectaculaires, l’Êpisode met en lumière les ressorts profondÊment humains de l’espionnage : motivations, failles, loyautÊs. Qu’il s’agisse de recruter un agent ou de former un exÊcutant, tout repose sur une comprÊhension aiguÍ de la psychologie.  La raison principale, c’est le patriotisme , rappelle Kauffer, loin des fantasmes vÊhiculÊs par le cinÊma. Dans un monde oÚ les lignes entre alliÊs et adversaires se brouillent, le renseignement apparaÎt plus que jamais comme un rÊvÊlateur des rapports de force, et des fragilitÊs, qui structurent notre Êpoque. | 1h 13m 02s | ||||||
| 4/14/26 |  Les AmÊricains, en 1 mois de conflit, ont dÊpensÊ à peu près 50 milliards de dollars. Les chinois avec 50 milliards de dollars construisent 2500 km de train à voie rapide.  La suite de l’entretien avec Jacques Baud | Dans la foulÊe d’un premier entretien consacrÊ à ses sanctions par l’Union europÊenne, Jacques Baud prolonge la rÊflexion et Êlargit le regard. Au cœur de cet Êpisode : une actualitÊ brÝlante, marquÊe par l’escalade entre IsraÍl, les États-Unis et l’Iran, et ses rÊpercussions sur l’Êquilibre mondial.  On a l’impression qu’on est dans quelque chose qui est totalement Êmotionnel , observe-t-il, dÊnonçant des logiques de confrontation de moins en moins rationnelles. À ses yeux, les grandes puissances occidentales reproduisent les mêmes erreurs, en s’engageant dans des conflits sans en mesurer les consÊquences à long terme. L’ancien officier du renseignement pointe une constante : la sous-estimation des adversaires. De l’Afghanistan à l’Ukraine, en passant par Gaza, les conflits rÊcents tÊmoignent d’une lecture biaisÊe des rapports de force.  On lance des conflits sans rÊellement mesurer l’impact [‌] et avec une forme d’arrogance , tranche-t-il. Dans le cas iranien, il Êvoque une stratÊgie plus subtile qu’il n’y paraÎt, oÚ la notion de  victoire dÊcisive  ne signifie pas destruction totale, mais capacitÊ à dissuader durablement l’ennemi. Une dynamique qui, selon lui, pourrait prolonger l’instabilitÊ plutôt que la rÊsoudre. Enfin, Jacques Baud analyse les consÊquences globales de cette guerre, notamment sur le conflit en Ukraine et les Êquilibres gÊopolitiques. Il note un dÊplacement des prioritÊs amÊricaines vers le Moyen-Orient, au dÊtriment de Kiev, et entrevoit un possible recul de la prÊsence militaire amÊricaine dans la rÊgion. En filigrane, une autre puissance tire son Êpingle du jeu : la Chine.  Nous, on dÊpense notre argent dans des conflits [‌]. Les autres [‌] construisent, ils Êduquent , souligne-t-il, esquissant le portrait d’un monde en recomposition, oÚ la puissance ne se mesure plus seulement à la force militaire, mais aussi à la capacitÊ d’investir dans l’avenir. | 28m 00s | ||||||
| 4/9/26 | Comment manger quand on est sanctionnÊ par l’UE ?  J’ai ÊtÊ alimentÊ uniquement par des gens qui Êtaient choquÊs par l’attitude de l’UE, choquÊs par cette situation, et qui ont, de leur bon cœur, amenÊ de la nourriture.  Entretien avec Jacques Baud et son avocat William JuliÊ | Jacques Baud, ancien officier du renseignement suisse, raconte comment sa vie a basculÊ après avoir ÊtÊ placÊ sur une liste de sanctions de l’Union europÊenne, sans procès ni avertissement prÊalable. InstallÊ à Bruxelles, il dÊcouvre soudainement qu’il est accusÊ d’être  un propagandiste à la solde du Kremlin . Une dÊcision aux consÊquences immÊdiates et brutales : comptes gelÊs, dÊplacements restreints, isolement financier.  Du jour au lendemain, je n’avais plus accès à de quoi me nourrir , rÊsume-t-il, dÊcrivant une situation qu’il qualifie lui-même de  kafkaïenne . Aux côtÊs de son avocat William JuliÊ, l’entretien plonge au cœur d’un mÊcanisme opaque, oÚ la sanction prÊcède toute forme de dÊfense. Aucun jugement, aucune audience, mais une dÊcision politique aux effets très concrets :  Lorsque vous êtes sanctionnÊ, plus personne ne peut vous donner de l’argent , explique Me JuliÊ, Êvoquant même une forme d’ intouchabilitÊ  au sein de l’Union europÊenne. Ensemble, ils dÊnoncent une inversion du fardeau de la preuve et une atteinte potentielle aux principes fondamentaux de l’État de droit, notamment en matière de libertÊ d’expression. Au-delà du cas personnel, l’Êpisode soulève une question plus large : celle des limites du dÊbat public en temps de guerre. Jacques Baud insiste sur son rôle d’analyste, affirmant n’avoir  jamais pris parti , mais simplement cherchÊ à exposer les perceptions des deux camps dans le conflit ukrainien.  Dans mon cas, on sanctionne d’abord, et ensuite vient le procès , dÊplore-t-il. Pour ses dÊfenseurs, cette affaire pourrait devenir un prÊcÊdent majeur, rÊvÊlateur des tensions croissantes entre sÊcuritÊ, information et libertÊ dans l’espace dÊmocratique europÊen. | 1h 07m 46s | ||||||
| 4/2/26 | Guerre en Iran. Le rappel brutal au rÊel:  Nous sommes toujours dans un temps qui à l’Êchelle de la planète est le temps du pÊtrole et du charbon.  Entretien avec l’Êconomiste Philippe Chalmin | Philippe Chalmin est Êconomiste et un des plus grands spÊcialistes mondiaux des commoditÊs. Il estime que la guerre contre l’Iran vient acter une brutale rÊalitÊ, celle d’un monde entrÊ dans  le marchÊ de l’incertain . Alors que le dÊtroit d’Ormuz est dÊsormais perturbÊ, les repères vacillent.  Aujourd’hui, ma seule certitude est que demain sera diffÊrent d’aujourd’hui , rÊsume-t-il, illustrant une volatilitÊ extrême qui touche autant le pÊtrole que l’ensemble des grandes commoditÊs. Gaz, pÊtrole, engrais, mÊtaux, transport maritime : tout est affectÊ, jusque dans les chaÎnes d’approvisionnement les plus invisibles. Cette guerre agit comme un rÊvÊlateur brutal : malgrÊ les ambitions de transition,  les Ênergies fossiles font encore beaucoup fonctionner l’Êconomie mondiale . RÊsultat : un retour forcÊ aux rÊalitÊs ÊnergÊtiques, oÚ le gaz, le charbon, et même le nuclÊaire, redeviennent des pivots stratÊgiques. Mais au-delà du choc immÊdiat, c’est la durÊe de la crise qui inquiète. Même dans le scÊnario le plus optimiste, prÊvient-il,  il faudrait six mois pour revenir à la normale . Et encore, à condition d’un improbable apaisement gÊopolitique. Car cette guerre ne ressemble pas aux prÊcÊdentes : imprÊvisible, fragmentÊe, elle redÊfinit les rapports de force et rebat les cartes Êconomiques mondiales au profit, notamment, de puissances comme la Russie.  Nous ne savons pas oÚ nous allons , confie l’Êconomiste, comparant notre Êpoque à une ascension à l’aveugle. Entre instabilitÊ chronique, dÊpendances ÊnergÊtiques persistantes et recomposition gÊopolitique, cet Êpisode de Contact Êclaire une certitude : la guerre en Iran n’est pas un ÊvÊnement parmi d’autres, mais un tournant. | 1h 08m 41s | ||||||
| 3/23/26 |  Je pense que tous les ÊlÊments sont rÊunis pour que la RÊpublique islamique sombre [...], mais il faut en face que les oppositions iraniennes [...] soient soutenues par l’Occident.  Entretien avec le journaliste et grand reporter Emmanuel Razavi | Dans cet Êpisode de Contact, nous recevons le journaliste et grand reporter Emmanuel Razavi, spÊcialiste du Moyen-Orient et fin connaisseur de l’Iran. NÊ d’un père iranien et d’une mère française, il raconte un parcours façonnÊ par deux cultures et une curiositÊ prÊcoce pour les bouleversements politiques qui ont marquÊ son pays d’origine. De la rÊvolution de 1979 à ses reportages sur le Hezbollah ou les rÊseaux d’influence iraniens, il propose une lecture engagÊe et incarnÊe d’un rÊgime qu’il n’a cessÊ d’enquêter.  J’ai toujours eu la parole très libre , souligne-t-il, revendiquant un regard construit autant par son histoire personnelle que par son expÊrience de terrain. Mais cet entretien prend une dimension particulière : en raison de ses enquêtes, Emmanuel Razavi vit aujourd’hui sous protection policière.  Ma vie est menacÊe en raison des enquêtes que j’ai publiÊes , explique-t-il, Êvoquant notamment ses travaux sur les rÊseaux iraniens et les activitÊs clandestines du rÊgime. Au fil de la discussion, il dÊveloppe une rÊflexion plus large sur le rôle du journaliste et la difficultÊ d’atteindre une vÊritable objectivitÊ.  Je ne cherche pas l’objectivitÊ pour l’objectivitÊ , affirme-t-il, prÊfÊrant revendiquer une dÊmarche ancrÊe dans le rÊel et assumant un engagement en faveur de la dÊmocratie. De la rÊvolution iranienne à l’influence contemporaine du rÊgime, il dÊcrit un système qu’il juge profondÊment idÊologique et expansionniste. Un Êchange dense, oÚ se mêlent analyse gÊopolitique et tÊmoignage personnel, et qui pose une question essentielle : peut-on encore dire librement ce que l’on voit lorsque cela met sa propre sÊcuritÊ en jeu ? | 1h 22m 57s | ||||||
| 3/19/26 | Le fascisme, ça ne sort pas d’un chapeau de magicien :  c’est un glissement tranquille.  Entretien avec l’auteur et chercheur Jonathan Durand Folco | Dans son essai, Le fascisme tranquille, Jonathan Durand Folco propose une rÊflexion ambitieuse et dÊrangeante sur l’Êtat de nos dÊmocraties. Il explique pourquoi le mot  fascisme  doit être maniÊ avec prudence, mais ne doit pas non plus être ÊvacuÊ du dÊbat public.  Le mot en F est utilisÊ à toutes les sauces , reconnaÎt-il, mais certaines dynamiques contemporaines - peur, insÊcuritÊ, dÊfiance envers les institutions - crÊent, selon lui, un terrain propice à un glissement plus insidieux vers l’autoritarisme. Loin d’annoncer un basculement brutal, Durand-Folco parle plutôt d’un phÊnomène diffus, presque imperceptible.  Le fascisme n’est pas seulement un rÊgime politique : c’est aussi une attitude, une manière de voir l’autre et la sociÊtÊ , explique-t-il. Ce qu’il appelle le  fascisme tranquille , c’est prÊcisÊment ce processus graduel par lequel certaines idÊes, certains rÊflexes autoritaires ou identitaires s’installent peu à peu dans l’espace public.  C’est quelque chose qui s’installe progressivement, parfois à notre insu, dans nos têtes, dans nos interactions sociales.  Mais l’essai est aussi un appel à repenser la dÊmocratie elle-même. Pour l’auteur, les dÊmocraties libÊrales actuelles restent fragiles parce qu’elles reposent largement sur la dÊlÊgation du pouvoir.  La dÊmocratie, ce n’est pas seulement voter tous les quatre ans , rappelle-t-il.  Une dÊmocratie forte serait une sociÊtÊ oÚ les citoyens participent rÊellement aux dÊcisions qui les concernent.  Entre montÊe de l’autoritarisme, crises Êconomiques et dÊfiance politique, la question demeure : nos dÊmocraties sont-elles encore capables de se rÊinventer avant qu’il ne soit trop tard ? | 1h 14m 52s | ||||||
| 3/12/26 |  La libertÊ politique n’est pas un besoin fondamental, dans la mesure oÚ nos vÊritables besoins sont satisfaits.  Entretien avec le professeur agrÊgÊ de science politique Jean-François Caron | Entretien enregistrÊ le 12 janvier 2026. Professeur agrÊgÊ de science politique, installÊ depuis plus d’une dÊcennie au Kazakhstan et actuellement en poste à l’UniversitÊ amÊricaine d’ArmÊnie, Jean-François Caron revient au micro de Contact pour interroger l’un des grands angles morts de notre Êpoque : la fragilisation de l’esprit dÊmocratique face à la montÊe des rÊgimes autoritaires. Dans son prochain ouvrage, The Authoritarian Social Contract and the erosion of democratic legitimacy, Caron dÊveloppe une thèse dÊrangeante : la dÊmocratie n’est plus jugÊe à l’aune de ses idÊaux, mais de sa capacitÊ à satisfaire des besoins fondamentaux.  La libertÊ politique n’est pas un besoin essentiel, dit-il, si la sÊcuritÊ, le bien-être matÊriel et la libertÊ personnelle sont garantis.  En s’appuyant sur des exemples allant de l’Union soviÊtique post-stalinienne au Salvador de Nayib Bukele, il explique pourquoi certains citoyens sont prêts à renoncer à une part de leurs libertÊs politiques en Êchange d’un État perçu comme efficace, protecteur et prospère.  Le problème de la dÊmocratie, ce n’est pas le vote, c’est ce qui se passe entre les Êlections , affirme Caron, inquiet d’un climat oÚ la contradiction devient suspecte. Face à des modèles de  capitalisme autoritaire  qui semblent parfois plus performants, il pose une question vertigineuse : la dÊmocratie est-elle encore compÊtitive — ou devra-t-elle, pour survivre, se rÊinventer au risque de se renier ? | 1h 17m 41s | ||||||
| 3/5/26 | Attention, danger : L’IA vous connaÎt dÊjà mieux que vous vous connaissez ! Entretien avec l’entrepreneur et essayiste Rafik Smati | Entre accÊlÊration technologique et nÊcessitÊ de ralentir, l’entrepreneur et essayiste Rafik Smati pose un diagnostic sans dÊtour sur le monde qui vient. NÊ en AlgÊrie, entrepreneur français engagÊ dans le numÊrique et fondateur du mouvement Objectif France, il rÊflÊchit depuis plusieurs annÊes aux bouleversements politiques, Êconomiques et anthropologiques provoquÊs par l’intelligence artificielle. Rafik Smati lance un cri d’alarme. L’IA accÊlère un enjeu de souverainetÊ technologique qui rÊvèle la très grande dÊpendance de l’Europe et du Canada.  Nous sommes devenus des colonies numÊriques des États-Unis , avance-t-il, inquiet du retard face aux investissements colossaux des gÊants technologiques. Comparant la rÊvolution de l’IA à la dÊcouverte du feu, il Êvoque une mutation  vertigineuse  capable de transformer le travail, la santÊ et jusqu’à la nature humaine elle-même - une transition historique dont, selon lui, nous ne mesurons pas encore pleinement les consÊquences. Père de deux adolescents sans smartphone ni rÊseaux sociaux, Smati assume un choix à contre-courant qu’il prÊsente non comme une interdiction, mais comme une responsabilitÊ parentale.  Le courage, ce n’est pas l’interdiction. Le courage, c’est l’Êducation. , affirme-t-il, plaidant pour prÊserver chez les enfants un luxe appelÊ à disparaÎtre : le droit à l’ennui. Pour lui, la rÊvolution numÊrique impose surtout de repenser notre rapport au temps, en apprenant à accÊlÊrer lorsque nÊcessaire tout en conservant des espaces de recul et de rÊflexion. | 55m 17s | ||||||
| 2/26/26 | Puissances moyennes dans un monde brutal :  Si nous voulons ne pas avoir la guerre, il faut se faire respecter. Et pour se faire respecter, pour dissuader l’agresseur, il faut montrer qu’on est suffisamment fort.  Entretien avec Philippe Étienne, ancien ambassadeur de France à Washington | Ancien ambassadeur de la France à Washington, à Berlin et auprès de l’Union europÊenne, ex-conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, Philippe Étienne publie Sherpa, ses mÊmoires, et cosigne un article dans Le Grand Continent intitulÊ GuÊrir les dÊmocraties.  Nos dÊmocraties souffrent incontestablement de l’intÊrieur et de l’extÊrieur , affirme-t-il d’emblÊe. Mais loin du fatalisme, il insiste :  Je pense qu’on se trompe si on croit qu’elles sont condamnÊes.  À l’heure d’un monde qui se brutalise, Étienne dÊfend la diplomatie comme un outil plus nÊcessaire que jamais. Face aux empires dÊcomplexÊs - États-Unis, Chine, Russie - il plaide pour une Europe - et un Canada - lucides, capables de conjuguer coopÊration et rapport de force.  Plus un monde est conflictuel, plus on a besoin de diplomatie , soutient-il, rappelant que la puissance europÊenne existe, mais qu’elle doit se structurer. Sur la guerre en Ukraine et la menace russe, son propos est sans dÊtour :  Si nous voulons ne pas avoir la guerre, il faut se faire respecter.  L’esprit de dÊfense, dit-il, est devenu une condition de la paix. L’ancien ambassadeur dÊcrypte de l’intÊrieur l’ère Donald Trump, qu’il a côtoyÊ dès le premier mandat. Trump 2.0 ?  Un dÊveloppement exponentiel , observe-t-il, reconnaissant avoir ÊtÊ surpris par  la rapiditÊ et parfois la brutalitÊ  des dÊcisions. Mais il met en garde contre la caricature : derrière l’outrance, une stratÊgie, une lecture assumÊe des intÊrêts amÊricains. À travers crises diplomatiques, affrontements commerciaux et rivalitÊs technologiques, Philippe Étienne propose un diagnostic sans complaisance : la dÊmocratie n’est pas morte, mais elle exige un sursaut de volontÊ. | 1h 00m 53s | ||||||
| 2/19/26 |  L’ IA peut être dangereuse pour notre cerveau, notre raison, notre esprit critique, le libre arbitre, et surtout par la paresse intellectuelle qu’elle gÊnère, hÊlas. On est menacÊ d’une rÊgression contre laquelle il n’y a pas grand chose à faire.  Entretien avec l’Êcrivain Didier van Cauwelaert | Dans cet Êpisode de Contact, nous recevons l’Êcrivain et essayiste Didier Van Cauwelaert, laurÊat du prix Goncourt, qui poursuit depuis plusieurs annÊes une exploration singulière des frontières entre science, conscience et mystère du vivant. À l’occasion de la parution de son nouvel ouvrage L’Intelligence naturelle - Quand le gÊnie du vivant surpasse l’IA, il propose un regard dÊcalÊ sur notre fascination contemporaine pour l’intelligence artificielle, en la confrontant à quatre milliards d’annÊes d’Êvolution biologique.  Je m’attache aux faits et aux liens , explique-t-il, revendiquant une dÊmarche nourrie autant par la curiositÊ du romancier que par un travail minutieux de vÊrification. Loin d’opposer science et intuition, Didier Van Cauwelaert invite à reconsidÊrer ce que nous appelons  intelligence . Selon lui, le terme est souvent mal compris :  L’intelligence, c’est mettre en Êvidence les liens entre les choses et en crÊer de nouveaux.  Des bactÊries aux vÊgÊtaux, il dÊcrit un monde vivant capable d’adaptation, de communication et de stratÊgies complexes bien avant l’apparition des technologies humaines.  Nous sommes composÊs à 90 % de bactÊries. Tout le monde l’oublie, mais c’est la rÊalitÊ , rappelle-t-il, plaidant pour une humilitÊ renouvelÊe face aux mÊcanismes du vivant. L’auteur explore les limites de l’IA, les dÊcouvertes troublantes de la recherche sur le comportement des plantes et des animaux, mais aussi les implications philosophiques de ces phÊnomènes. Entre vulgarisation scientifique, rÊflexion existentielle et rÊcits Êtonnants, il appelle à conjuguer esprit critique et confiance :  Il faut être lucide‌ mais si vous n’êtes que lucide, vous êtes condamnÊ à un pessimisme stÊrile.  Un Êchange qui questionne notre rapport au progrès, à la connaissance - et à ce que signifie rÊellement comprendre le monde. | 1h 32m 23s | ||||||
| 2/12/26 |  J’ai dit que Le Devoir s’intÊressait plus à la thÊorie du genre qu’à l’avenir du QuÊbec, et je maintiens cette affirmation.  Entretien avec le chroniqueur Christian Rioux | CongÊdiÊ quelques jours avant NoÍl après de longues annÊes comme correspondant et chroniqueur du Devoir à Paris, Christian Rioux revient au micro de Contact pour raconter les coulisses d’une rupture qui dÊpasse son cas personnel. Plus qu’un diffÊrend professionnel, il y voit le symptôme d’un climat mÊdiatique devenu plus polarisÊ, oÚ certains points de vue deviennent difficiles à exprimer.  On m’a vraiment montrÊ la porte , affirme-t-il sans dÊtour, tout en rappelant que, selon lui, la question centrale reste celle de la pluralitÊ des opinions dans l’espace public.  J’ai dit que Le Devoir s’intÊressait plus à la thÊorie du genre qu’à l’avenir du QuÊbec, et je maintiens cette affirmation.  Rioux Êvoque une sociÊtÊ qui Êvite la confrontation d’idÊes et oÚ le consensus prend souvent le pas sur la controverse.  À force de ne pas dire les choses, on finit par s’engueuler , observe-t-il, estimant qu’un dÊbat ouvert permet au contraire d’apaiser les tensions. Pour lui, les mÊdias ont choisi de se radicaliser plutôt que de chercher à reflÊter toute la diversitÊ des sensibilitÊs prÊsentes dans la sociÊtÊ. La montÊe en force de Donald Trump pendant la campagne prÊsidentielle de 2016 serait un des points de bascule oÚ les journalistes des mÊdias traditionnels auraient choisi d’abandonner toute prÊtention à la neutralitÊ pour faire une information engagÊe. La crise du Covid n’aurait qu’accÊlÊrÊ ce pari Êditorial. RÊsultat des courses, une dÊfiance grandissante pour une partie de la population à l’endroit de ces mÊdias qui se disent  de rÊfÊrence . | 1h 20m 06s | ||||||
| 2/5/26 | 100 milliards de bêtes abattues chaque annÊe pour nourrir l’humanitÊ. Doit-on mettre le vÊganisme au menu ? Entretien avec l’avocate et essayiste Suzanne Zaccour | Dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es ! La consommation de viande animale trahit-elle autre chose que notre goÝt pour les protÊines ? Suzanne Zaccour en est convaincue. Docteure en droit de l’UniversitÊ d’Oxford, avocate et essayiste, elle s’intÊresse aux liens entre fÊminisme, antispÊcisme et alimentation. Autrice de La Fabrique du viol et du rÊcent Pourquoi Trump ne mange pas de tofu ?, elle dÊconstruit les normes sociales qui façonnent notre rapport à la violence et au pouvoir que nous exerçons sur les animaux. Chaque annÊe, 100 milliards de bêtes sont tuÊes pour satisfaire nos appÊtits. Une hÊcatombe qui viendrait aussi combler d’autres besoins.  La viande a un effet remasculinisant qui apaise l’ego des hommes fragilisÊs , avance-t-elle, s’appuyant sur des Êtudes sociologiques qui montrent une corrÊlation entre adhÊsion aux stÊrÊotypes de genre et rejet du vÊgÊtarisme. Pour Suzanne Zaccour, le vÊganisme n’est ni une posture morale supÊrieure ni un dogme, mais un refus de participer à une violence qu’elle juge Êvitable. Question: faut-il alors interdire la consommation de protÊines animales ? | 1h 11m 33s | ||||||
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