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Vingt ans après sa mort, Cheikha Rimitti reste inoxydable
May 15, 2026
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De La Soul à Art Rock: le hip-hop quand il avait encore des idées
May 14, 2026
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Zocco Baia: «L'Ora d'Oro», une aube sans frontières
May 13, 2026
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«Long Wave Home» le nouvel album de Jesca Hoop enregistré sur la route
May 12, 2026
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Yassine Nana, star méconnue de la pop mauritanienne des années 80
May 11, 2026
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| 5/15/26 | ![]() Vingt ans après sa mort, Cheikha Rimitti reste inoxydable | Il y a 20 ans, le 15 mai 2006 s'éteignait à Paris la reine du raï, Cheikha Rimitti. Elle avait 83 ans. Au cours de sa carrière débutée dans les cafés et les bars d'Algérie, elle a composé deux cent chansons qui ont constitué le fond patrimonial du raï. Une musique qui a explosé dans les années 90. Féministe, femme libre et chanteuse hors pair, Cheikha Rimitti fut un symbole de liberté. Imaginez l'Algérie des années cinquante. Un pays soumis, conservateur et profondément rural. Imaginez ensuite une jeune femme qui, d'Alger à Oran, de bars en cafés, chantait l'amour, le désir, les hommes, l'alcool et les cigarettes. Vous aurez alors une idée du degré d'audace qu'il fallait à celle qui s'appelait à l'état-civil Saadia Bedief. Née en 1923, elle a gagné le surnom de Rimitti déformation de « remettez », sous-entendu une tournée de boisson dans les bars où elle se produisait. Cheikha Rimitti était une femme de la nuit, de l'alcool, de l'amour. De la vie en quelque sorte... Cheikha Rimitti a appris le chant et la musique avec Cheick Mohamed Ould Ennems. Un musicien qu'elle a rencontré dans une troupe d'artistes nomades qu'elle a rejointe dans les années 40 et avec laquelle elle a fui une vie de misère. La flûte gasba et le tambour gallal utilisés dans la musique berbère structurent ses premières compositions. Car l'orpheline analphabète qui n'est jamais allée à l'école, n'a pas eu besoin d'autre chose que son imagination, son talent et sa poésie pour composer en un demi-siècle plus de deux cents chansons. À lire aussiCheikha Rimitti: 20 ans après sa mort, pourquoi cette artiste nous obsède encore? Des chansons, comme son premier tube, « Charrag Gatta » où évoque l'amour charnel, la force du désir et s'en prend au tabou de la virginité, ce qui lui sera amèrement reproché par les puritains. A l'époque, nous sommes dans les années 50, les Cheikh, les musiciens, sont respectés, mais les cheikhas sont considérées comme des femmes de petite vertu, pour ne pas dire plus. Et Cheikha Rimitti ne fait rien pour arranger sa réputation. Elle moque les conservateurs et leur obsession de la virginité et surtout elle donne libre cours à sa sensualité. Ses textes parlent de corps, de désir, d'amour irrépressible, de cette envie de faire grincer le lit avec un homme. Elle parle aussi de son goût pour l'alcool. « Les gens adorent Dieu, moi j'adore la bière » chantait-elle. Cette femme à la sensualité affirmée, au parler populaire et à la gouaille rocailleuse déplait aussi aux leaders politiques. Surtout après l'indépendance, quand l'époque devient rigoriste, quand les mots d'ordres sont à l'arabisation, politique qui marginalise la culture berbère d'où elle est issue. Cheikha Rimitti est mise à l'index, ses chansons ne passent plus à la radio nationale, mais elle continue sa vie de bohème. Après un pèlerinage à la Mecque, elle arrête le tabac et l'alcool, tout en continuant à en chanter les plaisirs. En 1978, elle s'installe à Paris dans le quartier de la Goutte d'Or. Pendant ces années, à Alger, les cheb et les cheba, autrement dit les jeunes popularisent le raï en Algérie puis en Europe. Cheb Khaled, Cheb Sahraoui, Cheba Fadela, tous s'appuient en partie sur le corpus artistique de Cheikha Rimitti. Au début, elle leur en a voulu, s'estimant pillée, puis avec l'âge elle a accepté sa position de mère du raï, la racine comme elle disait. Rachid Taha compose une chanson à son nom. Et Cheb Khaled reprend l'un de ses succès « la Camel ». Cheikha Rimitti s'est éteinte le 15 mai 2006 à 83 ans. Deux jours après avoir partagé la scène du Zénith parisien avec Cheb Khaled. | — | ||||||
| 5/14/26 | ![]() De La Soul à Art Rock: le hip-hop quand il avait encore des idées | Légende du rap américain, De La Soul revient avec un neuvième album, Cabin In The Sky, très attendu à la 43e édition du Festival Art Rock, à Saint-Brieuc. Plus de quarante artistes et groupes nationaux et internationaux défileront en Bretagne du 22 au 24 mai 2026. Mais entre un nouveau disque après presque dix ans de silence et le retour des New-Yorkais sur scène, l’événement a déjà trouvé sa tête d'affiche. En 1989, De La Soul faisait exploser les codes avec son premier album 3 Feet High And Rising. Un ovni capable de mélanger rap, jazz, funk, pop et même rock pendant que l’Amérique du hip-hop glorifiait surtout le gangsta rap criant la haine de la police, armes a feu, grosses bagnoles et porte feuilles épais comme des Maxi Burger. Eux débarquaient sans chaînes en or ni regards méchants. Juste des têtes d’étudiants intellos un peu baba cool, amoureux des samples et décidés à secouer un genre alors verrouillé. Trente-sept ans plus tard, les pionniers n’ont rien perdu de leur ADN. Le trio devenu duo après la mort en 2023 de Trugoy, rappeur mythique de la bande de Long Island, continue de défendre le pacifisme porté par un son chaleureux funky et sans cynisme, loin de la nostalgie sous perfusion. Avec ses vingt nouveaux titres, Cabin In The Sky poursuit cette trajectoire lumineuse. Pas de retour tapageur pour De La Soul, mais toujours une élégance tranquille légèrement irrévérencieuse. De La Soul sera au Festival Art Rock, De 22 au 24 mai 2026 à Saint-Brieuc en Bretagne. | — | ||||||
| 5/13/26 | ![]() Zocco Baia: «L'Ora d'Oro», une aube sans frontières | Zocco Baia, collectif bordelais né en 2021, trace une route musicale sans frontières. Après plus de 170 concerts et un premier EP, Birra & Caffè, paru en 2022, le quintet franco‑italo‑béninois dévoile son premier album. À travers onze titres et tout un kaléidoscope de styles, de langues et de légendes, L’Ora d’Oro célèbre une aube nouvelle. Un voyage musical entre cumbia, tarentelle, blues et seggae, mêlant italien, français et langues inventées, pour dire la renaissance, la résistance et l’espoir dans un monde en crise. Rythmes latins, cordes africaines et énergie solaire : Zocco Baia revendique un « cocktail italo‑tropical » aussi brûlant que fédérateur. Des Caraïbes aux Balkans, de l’Amérique latine à l’Afrique, le quintet explore les musiques du monde pour mieux les faire dialoguer. Leur album L’Ora d’Oro est une invitation au mouvement, à la danse et à la liberté. Pour la chanteuse italienne Benedetta Agostini, ce disque marque un tournant, bien plus qu’une simple étape artistique. « Pour nous, c’était une nouvelle aube. Ça a été un projet de vie. On rêvait de faire notre musique, pas la musique mainstream, comme un pont vers l’au‑delà, vers la lumière. » Un élan créatif nourri par l’époque, aussi sombre soit‑elle. « Dans un moment où le monde entier semble brûler sous nos yeux, où l’on se sent parfois perdu ou désespéré, on pense sincèrement que la musique est le meilleur moyen de ne pas oublier l’espoir et surtout de ne jamais lâcher. » Entre onirisme et engagement Chez Zocco Baia, l’engagement se glisse dans le récit et la poésie. Dans l’album, les images se croisent et se répondent : un « Océan de feu » où une voix qui s’envole, se transforme en souffle, parfois en cri. Ailleurs, « Boom Boom » évoque à la fois les battements du cœur et les explosions des bombes. L’histoire, l’onirisme et la conscience politique avancent main dans la main. Le titre « Osselfir » en est un exemple frappant. Écrit comme un jeu de miroirs, il convoque la Méditerranée comme symbole de paix et de fraternité. « On s’imaginait que ce miroir, c’était celui de la Méditerranée. Le message est le même, même à l’envers : on est tous pareils, mais le monde s’obstine à ne voir que les différences. » Sorcières, légendes et revanche musicale Avec « La Strega », Zocco Baia s’attaque à la stigmatisation des femmes à travers une cumbia‑reggaeton enflammée, portée par la figure ambivalente de la sorcière : persécutée mais puissante. Le groupe pousse encore plus loin la charge symbolique dans « Le Teste di Moro », une tarentelle joyeusement diabolique inspirée d’une légende sicilienne où une femme décapite ses amants infidèles pour transformer leur tête en pot de fleurs. Autant dire qu'avec Zocco Baia, la colère se danse et la légende devient résistance. | — | ||||||
| 5/12/26 | ![]() «Long Wave Home» le nouvel album de Jesca Hoop enregistré sur la route | La chanteuse américaine Jesca Hoop sort son nouvel album Long Wave Home. Composé de dix titres auto-produits. Ils ont été enregistrés tout au long d'un périple qui a mené la chanteuse aux quatre coins de l'Angleterre. Un album séduisant, tout en douceur et en subtilité. C'est un disque séduisant à ranger dans la catégorie pop-folk, qui se base sur des compositions simples en guitare-voix auxquelles Jesca Hoop apporte des arrangements assez originaux, qui soulignent bien ses qualités de mélodiste. Jesca Hoop est une musicienne californienne qui a grandi dans la communauté mormone de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, une communauté stricte dont la vie quotidienne est rythmée par la messe et les prières. Mais, cet environnement rigoureux a une vertu, puisque c'est à l'église qu'elle apprend le chant et les harmonies vocales. La fuite vers une vie alternative Elle décide pourtant de s’enfuir pour se réfugier dans une autre communauté au nord de la Californie : des survivalistes, qui rejettent le consumérisme et vivent dans la forêt en complète autarcie. Le soir, dans sa tente, elle écrit des chansons et, après quelques années de vie sauvage à se nourrir du vertige des grands espaces, elle décide de s’installer à Los Angeles pour lancer sa carrière de chanteuse. Malheureusement, malgré ses efforts, sa carrière a du mal à décoller. Elle signe pourtant des contrats avec des petits labels et sort plusieurs albums, mais le succès n’est pas au rendez-vous et, après plusieurs tentatives infructueuses, elle se décourage et est à deux doigts d’abandonner. La rencontre décisive avec Guy Garvey Jusqu’à ce qu’elle rencontre Guy Garvey, le chanteur du groupe anglais Elbow, qui l’invite d’abord dans son émission à la BBC, puis à assurer les premières parties du groupe. Résultat : elle tombe amoureuse du régisseur de tournée et s’installe avec lui à Manchester. Long Wave Home est un disque qui va connaître un processus créatif un peu particulier. Jesca Hoop dispose de plusieurs morceaux qu’elle a composés. Elle part sillonner l’Angleterre avec son camping-car et s’arrête dans divers studios, où elle enregistre ses morceaux avec, à chaque fois, des musiciens et des ingénieurs du son différents. Elle se retrouve donc avec un disque dur bien rempli et une multitude de versions de ses propres morceaux. Elle va ensuite s’atteler à tout un travail de sélection et de mixage pour obtenir les meilleures versions de ses chansons. Le disque est plein de mélodies délicates, très bien produit, et recèle tout un tas de petites surprises. Il s’écoute facilement, et c’est un compliment ! | — | ||||||
| 5/11/26 | ![]() Yassine Nana, star méconnue de la pop mauritanienne des années 80 | Yassine Nana : Modern Pop From Mauritania 1984-1989, c'est le titre de la compilation sortie sur les labels Bongo Joe et Sofa Records. Une découverte inédite de tubes pop des années 80. Une pop joyeuse et hybride qui permet de redécouvrir un chanteur emblématique et sa famille de musiciens. Au milieu des années 80, le chanteur Yassine Nana, ses frères et sœurs forment un groupe immensément populaire qui anime les bals et remplit les salles. Le tout aux rythmes d'une pop absorbant à la fois de la soul, du funk, du reggae et de la musique new wave à coup de boîtes à rythmes et de synthétiseurs. Saupoudrez ce mélange avec de la musique traditionnelle mauritanienne et vous obtenez une fusion hybride mais enracinée. Yassine Nana et sa famille ont connu le succès en Mauritanie et dans les pays du Golfe où ils se produisaient, ainsi qu'au Maroc. Puis, ils sont tombés dans l'oubli, emporté par la vague raï qui commence alors à déferler sur le monde. Et l'on doit au travail d'un passionné, Simon Debarbieux, le plaisir de redécouvrir cet immense artiste. Anthropologue et disquaire à Lyon, Simon Debarbieux passe une partie de ses nuits à fouiller le web à la recherche de pépites. Et il découvre Yassine Nana dont les K7 (à l'époque la musique se diffusait sur cassettes) ont été numérisées par un passionné sur une page YouTube. Simon Debarbieux, grand amateur de culture mauritanienne, part alors en quête de ce musique festive et moderne. Il retrouve l'un des arrangeurs de Yassine Nana, met la main sur les masters, « les bandes originales », et il prend contact avec la famille de Yassine Nana, lui-même étant décédé en 2013. De ce travail est née cette compilation magistrale et très bien produite. « Moi ce qui m'a absolument fasciné, c'est ce mélange entre des sonorités sahariennes qui sont propres à la Mauritanie, et une production très avant-gardiste pour l'époque, les années quatre-vingt. Et c'est dû au multiculturalisme qu'il a derrière la production de cette cassette. A savoir que l'arrangeur est marocain, le bassiste est sénégalais, Yassine, ses frères et sœurs sont mauritaniens. » La famille Ahl Nana a grandement contribué à moderniser la musique en Mauritanie et ce, à une époque postindépendance où la culture et les arts étaient des vecteurs d'affirmation de l'identité des jeunes nations. Mais, Yassine Nana n'a pas eu la carrière que sa musique aurait mérité. Peut-être était-il un peu trop en avance sur son temps. Un peu décalé par rapport à la vague raï qui comme alors à déferler en Europe. Labels : Sofa records et Bongo Joe | — | ||||||
| 5/8/26 | ![]() Beverley Knight : la soul en feu sous les volcans de l’ile de Sainte-Lucie | Mélanger stars internationales et artistes locaux, c'est la recette du succès du Festival Jazz & Arts de Sainte-Lucie. Depuis 34 ans, ce confetti anglophone de 620 km², État à part entière, voisin de la Martinique, se transforme en carrefour musical mondial le temps de l’événement. Cette année, 39 artistes se sont produits dans un cadre idyllique jusqu'au 10 mai 2026. Rihanna, Herbie Hancock, Elton John, Amy Winehouse, tous ont joué sur ce véritable paradis sur terre baigné d’eaux limpides et à la nature exubérante. Sainte-Lucie pousse la singularité jusqu'aux scènes, nichées entre deux cônes volcaniques. Le décor est spectaculaire et la programmation à sa hauteur. En tête d'affiche : Tems, Nigériane, double Grammy Awards, figure incontournable du r'n'b contemporain. Et en clôture, Beverley Knight, une Britannique qui n'a plus rien à prouver à personne. Plus d’un million d'albums écoulés, trois décennies de carrière et zéro concessions. A 53 ans, cette fille de la diaspora jamaïcaine, s’est d’abord imposée comme reine de la soul dans les années 90. Puis, elle est devenue une vedette de comédies musicales engagées, traversées par le funk, le gospel et le hip-hop. Les pieds dans le sable avec vue sur la mer des Caraïbes, le public mélangé et métissé l’attendait impatiemment. L’interprète, autrice et compositrice anglaise, par ailleurs diplômée en théologie, a tenu sa promesse d’une grande messe groove avec combats féministes assumés et célébration de la liberté. Fidèle à son ADN jazz, le festival s'est aussi démarqué avec Esperanza Spalding et Branford Marsalis, deux légendes qui ne cherchent plus la lumière, ils l’ont diffusée sur toute l’ile. Quant au reggae, fil rouge obligé de l'ancienne colonie anglaise bercée par le dance-hall, il a était confié à Skip Marley et Capleton, disciples de Bob Marley. Le reste, un millefeuille d’artistes locaux de grande qualité. La Caraïbe vibrante s'est exprimée notamment à travers Kes The Band. La programmation 2026 ressemble à Sainte Lucie. Plus de 80 % de la population est d'ascendance afro-caribéenne et les organisateurs en font une fierté sans pour autant renoncer à la carte postale. Le festival sait d'où il vient et dans quelle direction il veut aller. La musique comme cap et le tourisme en ligne de mire. | — | ||||||
| 5/7/26 | ![]() «spleen. social club» d'Aupinard: cœur ouvert sur fond de bossa moderne | Il s'est d'abord fait remarquer sur les réseaux sociaux en 2021, et quelques années plus tard il sort son premier album… Le chanteur et guitariste Aupinard dévoile spleen. social club. Un disque à la fois mélancolique et plongé dans la tristesse, mais aussi pensé comme un endroit où retrouver ceux qui nous comprennent. Aupinard accueille ses auditeurs dans son univers, dans cet album de 12 titres, fruit de toutes ses expérimentations de ces dernières années. Bordelais d'origine congolaise, Aupinard a commencé la musique dès son plus jeune âge avec du djembé, du piano et un coup de cœur pour la guitare rendu possible notamment grâce au confinement pendant la pandémie de Covid 19. Il raconte : « Je commence les percussions à 11 ans je crois, et la guitare quand j'en ai 12. Ce qui se passe ensuite, c'est que je lâche un peu la guitare. Moi, je suis grand fan de skate. Donc j'ai fait du skate pendant longtemps. Sauf qu'au bout d'un moment, on est confinés. À ce moment-là, je ne peux plus sortir en faire dehors. Alors je me remets à la guitare. J'apprends des sons classiques de bossa nova, et je finis par vraiment tomber amoureux de la guitare. Je fais plein de reprises de plein de morceaux différents. Mon morceau confinement par exemple, c'était "Entre dos aguas" de Paco de Lucia. J'apprends plein de morceaux de Luidji, d'Henri Salvador, jusqu'à commencer à faire mes premiers morceaux à moi. Et voilà, nous y sommes. » Un album comme un journal intime Aupinard n'hésite pas à se raconter et à confier ses histoires personnelles à cœur ouvert. Ses textes sont le plus souvent assez intimes : il raconte sa vie amoureuse, son cœur brisé puis réparé, les moments difficiles de sa vie, sa vision de l'avenir et la nostalgie aussi, le regret mélancolique typique de la saudade portugaise. On sent qu'il a encore un peu mal au cœur, mais il en parle sur des instrus enjouées et solaires pour créer le contraste. Le chanteur nous livre des confessions portées par sa voix grave, sublimée par des riffs de guitare chaleureux ou des accords de claviers jazzy et modernes. Il s'amuse tout simplement à naviguer entre les genres musicaux et mélange la bossa au funk, à la néo-soul, au rap et au r'n'b, sans aucune limite. Au centre, on trouve toujours la bossa nova, même s'il commence maintenant à s'en éloigner un peu... « Je me suis beaucoup renseigné quand j'étais petit sur tous les styles musicaux qui existaient. Donc j'en avais cherché plusieurs et j'étais tombé sur la bossa nova. C'est quelque chose qui m'a directement parlé. Même lorsque j'avais arrêté de faire de la guitare, j'écoutais beaucoup de bossa nova. Ça me mettait dans une espèce de nuage, dans un confort que j'apprécie fortement toujours. Donc je continue à écouter de la bossa, je continue à en faire aussi, mais c'est vrai que je me suis un petit peu enfermé au début de ma carrière dans ce spectre "bossa-novesque". Et j'ai préféré vraiment exploser cette carapace pour être capable de faire ce que j'ai vraiment envie de faire aujourd'hui. » confie-t-il. | — | ||||||
| 5/6/26 | ![]() Le rappeur Isaiah Rashad règle ses comptes avec son passé dans son nouvel album | It's Been Awful, ce fut horrible. Le titre du troisième album du rappeur américain Isaiah Rashad annonce d'emblée la couleur. Un album introspectif et intime où il revient sur ses douleurs et ses addictions. Il le fait cependant avec un esprit positif porté par des collaborations qualitatives comme celle avec la chanteuse de r'n'b, SZA. Voilà un artiste de 34 ans qui a décidé de régler ses comptes avec son passé. Drogue, alcool et argent.. Ses addictions donc, mais aussi celles des autres, comme celles de ses parents dont il découvre à l'âge de 12 ans qu'ils sont accrocs au sexe. Entre hip hop conscient et r'n'b modernisée, It's Been Awful est un album très riche. C'est aussi un album sombre et méditatif. Une mise en garde contre les difficultés de la vie. Mais Isaiah Rashad n'a pas son pareil pour transformer une introspection douloureuse en épiphanie sonore. La patte soul, drum'n bass, et r'n'b est à la fois sophistiquée et dynamique. Un vecteur parfait pour les émotions qu'il renforce avec des collaborations de qualité comme la chanteuse SZA ou encore le rappeur Dominic Fike, artiste élégant et d'une sensibilité jumelle à celle de Rashad. L'album doit aussi beaucoup à Julian Sintonia producteur attitré de l'écurie Top Dawg Entertainment, le label de Los Angels qui a découvert Kendrick Lamar et Ab-Soul, et accueille aujourd'hui Doechii. Tout ce beau monde redessine les contours actuels d'un rap américain plus sensible et plus ouverts aux débats qui agitent nos sociétés. | — | ||||||
| 5/5/26 | ![]() Soviet Suprem voit «Rouge» et relance la révolution du dancefloor | Alors que la petite ritournelle des replis identitaires gagne du terrain, le collectif français Soviet Suprem riposte avec Rouge, son quatrième album, conçu comme une radio pirate diffusant des appels à la résistance culturelle. Satire politique, folklore historique, mélodies entêtantes et beats contagieux s’unissent pour faire du dancefloor un lieu de réflexion collective et de joie assumée. La couleur est annoncée : Rouge. C’est le nom du quatrième album de Soviet Suprem, le collectif français qui fait rimer engagement politique et dancefloor incandescent depuis plus de dix ans. Onze titres à l’énergie révolutionnaire, taillés pour faire réfléchir autant que bouger. Derrière ce nom volontairement anachronique se cachent deux personnages hauts en couleur : John Lénine et Sylvester Staline. Contrairement à ce que leurs pseudonymes pourraient laisser croire, ils sont bien français, joyeux banlieusards de l’Est parisien, le regard tourné vers l’Est de l’Europe et le monde. Autour d’eux gravitent le DJ Didier Croute Chef et toute une galaxie de camarades musiciens aux noms évocateurs – PanPan Kalachnikov, Yugo Chávez – qui participent à cette épopée musicale unique en son genre. Autoproclamé en 2013 héros de la révolution du dancefloor, Soviet Suprem célèbre un communisme joyeux et profondément humain à travers une musique aux allures militaro-punk, mêlant reggae, rap et rythmes balkaniques explosifs. Une internationale musicale et engagée Dans Rouge, le duo ne part pas seul faire le putsch. Le disque multiplie les collaborations et les croisements culturels. Sur « On fait le putsch », Soviet Suprem s’allie notamment à Tracy De Sa, jeune rappeuse féministe et polyglotte, d’origine indienne, passée par l’Espagne et le Portugal avant de s’installer en France. Sur le mordant « Fashion facho », c’est la chanteuse brésilienne Flavia Coelho qui apporte sa voix à ce faux défilé de mode martial, satire féroce d’un fascisme devenu tendance. Le groupe ose aussi un mot devenu presque subversif : le pacifisme. Dans « Pacifique », Soviet Suprem réunit deux invités symboliques, Aurélie Saada et Mourad Musset, pour faire dialoguer les voix, les cultures et les espoirs. Ailleurs, le collectif s’attaque avec jubilation à l’industrie musicale et aux réseaux sociaux (« Hip Hop Condrie »), confirmant sa posture de résistance culturelle. La fête comme acte politique Conçu comme une radio pirate diffusant des appels à la résistance joyeuse, Rouge est un album-manifeste qui rappelle que la fête n’exclut jamais l’engagement — elle peut même en être l’un des plus puissants relais. La démonstration se prolonge sur scène : après un Trianon complet en janvier, Soviet Suprem annonce son retour à Paris le 9 juillet au Cabaret Sauvage, avec ses légendaires concerts-meetings mêlant hip-hop, chanson, électro, instruments acoustiques, injonctions à la danse et grands procès pour les récalcitrants. Le combat pour la révolution du dancefloor continue. Et il est furieusement contagieux. | — | ||||||
| 5/4/26 | ![]() Le chanteur Balu revisite l'esprit de la rumba congolaise avec «Borumba» | Il fait partie des artistes RFI Talents : le chanteur congolais Balu dévoile son nouvel album Borumba, soit « l'esprit de la rumba ». Un disque dédié à la rumba congolaise des années 1940 à 1970, hommage à la fois au genre musical mais aussi à tous les anciens qui lui ont appris. Le chanteur y cite notamment Wendo Kolosoy, Franco Luambo Makiadi et Papa Bikunda, tous ces pionniers qui ont fait de lui l'artiste talentueux et passionné qu'il est aujourd'hui. Balu aime rappeler que la rumba congolaise est certes influencée par la rumba cubaine, mais aussi et surtout mélangée avec toutes les musiques traditionnelles venues du Congo. Il raconte : « Si on écoute toute la musique des pionniers de la rumba congolaise, on voit qu'ils sont inspirés de leurs musiques traditionnelles. C'est pour ça qu'il y a aussi cette richesse dans la rumba congolaise, parce qu'on a plus de 400 et quelques ethnies. Donc, chaque ethnie a sa musique. Il suffit d'écouter la musique de Luambo Makiadi, c'est différent de la musique de Tabu Ley parce qu'ils ne sont juste pas de la même ethnie. Le Docteur Nico, il était du Kasaï. Si tu connais la musique traditionnelle du Kasaï, qui est le mutuashi, tu comprends directement d'où vient la musique du Docteur Nico. » Le chanteur met aussi en avant la diversité des langues au Congo. Car si la plupart des musiques congolaises sont chantées en lingala, lui veut présenter au monde la moins connue et moins parlée langue kikongo, qu'il emploie sur plusieurs des morceaux, parfois mêlée au lingala. Un retour aux racines linguistiques et musicales Autre point important pour Balu : garder les éléments de base de la rumba congolaise, soit la guitare rythmique et les claves qui ont petit à petit remplacé le tambour lokole à partir des années 1940. Sur Borumba, il a donc vraiment voulu préserver les percussions et les rythmes caractéristiques emblématiques de la rumba. À lire aussi«Borumba», premier album de Balu: une rumba congolaise héritée Dans le morceau « Eyo » par exemple, il utilise un riff kintueni, la musique traditionnelle du Bas-Congo, dont il ralentit le tempo pour l'adapter à la rumba congolaise. Placer l'humain au centre de tout Dès les années 2010 avec son groupe Les Aigles de la révolte, Balu a toujours prôné la rébellion culturelle et politique, et c'est encore le cas sur Borumba. Les textes évoquent la société congolaise, les jeunes engagés pour défendre le pays, la révolution, mais aussi l'hypocrisie et la violence des êtres qui oublient de placer l'humain au centre de tout et de prôner la paix. Balu décrit l'intention du morceau « Tata nimi » : « Sur ce titre je raconte l'histoire des gens qui abusent du pouvoir, ou les gens qui confondent leur mission. Tu es un ministre, tu as le budget de l'État : ce n'est pas ton argent (rires). Ce n'est pas pour acheter des maisons, ce n'est pas pour détourner, non. Tu es serviteur du peuple, tu ne te sers pas du peuple. » | — | ||||||
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| 5/1/26 | ![]() Avec le douzième album des Foo Fighters, le grunge n'a pas dit son dernier mot | Ils font partie des vétérans du rock : les Foo Fighters ont dévoilé, ce 24 avril, leur douzième album, Your Favorite Toy. Un disque dense - dix titres en 36 minutes - sur lequel le leader Dave Grohl et ses acolytes renouent avec l'essence du punk et du grunge : des textes pessimistes, des guitares saturées à l'outrance, et un profond sentiment d'urgence. Passé de mode le grunge ? Certainement pas ! Plus de trente ans après les grandes heures de Nirvana et la mort de Kurt Cobain, son ancien copain, Dave Grohl, porte toujours haut la flamme de ce courant musical. À l'approche de la soixantaine, l'ancien bassiste devenu multi-instrumentiste affectionne toujours autant les guitares électriques saturées et les paroles éructées dans le micro - un air des années 1990 semble souffler sur des titres comme « Spit Shine » ou « Asking for a Friend ». Une renaissance après des années difficiles Le grunge s'est toujours caractérisé par des paroles sombres et pessimistes - et l'album Your Favorite Toy ne fait pas exception. « Je suis courbaturé d'avoir trop dormi / Tout me fait mal / Je ne peux pas dire à quoi je pense, / Je n'en suis pas sûr, » chante un Dave Grohl perdu sur « Unconditional ». Il faut dire que les dernières années n'ont pas été tendres avec le groupe. En 2022, les Foo ont perdu leur batteur historique, Taylor Hawkins ; et l'an dernier, Dave Grohl s'est retrouvé englué dans un scandale d'infidélité qui a écorné à la fois l'image de son groupe et sa réputation de gentil rockeur. Cela fait 30 ans que le musicien vit sous les lumières des projecteurs - une surveillance qui semble lui peser. « Eteignez les caméras », supplie-t-il sur « Child Actor », où il regrette de n'avoir été qu'« un enfant acteur, un visage sur le mur / Qui retient sa respiration en attendant que le rideau retombe. » Retour aux sources et spontanéité retrouvée Est-ce ce contexte qui a poussé le groupe à revenir à ses origines ? Avec Your Favorite Toy, les Foo Fighters semblent en tout cas renouer avec la spontanéité des débuts. Ce disque est l'un des plus punks qu'ils proposent depuis de nombreuses années - après une incartade un peu déconcertante, en 2021, du côté de la pop rock. Avec 30 ans de carrière à leur actif, les musiciens ont les moyens de s'offrir le matériel le plus sophistiqué, et les studios les plus pointus. Pourtant, ils ont choisi de tout enregistrer dans le studio maison de Dave Grohl. Résultat : un disque très ressérré, de 36 minutes, d'où se dégage un profond sentiment d'urgence. Fidèle à ses origines, Your Favorite Toy n'est pas poussiéreux pour autant - notamment grâce à l'arrivée de l'ancien batteur des Nine Inch Nails. Tout juste manque-t-il d'un peu de folie : les Foo ne sont pas fous, ils font juste du Foo. | — | ||||||
| 4/30/26 | ![]() Avec «Hope!!», Angélique Kidjo fait de l’espoir une force musicale collective | Angélique Kidjo, 40 ans de carrière, une vingtaine d’albums, cinq Grammy Awards … et toujours cette même énergie communicative. À 65 ans, la star béninoise et ambassadrice de l'UNICEF - bientôt première personnalité africaine honorée d’une étoile sur le Walk of Fame d’Hollywood - dévoile un nouveau projet musical : Hope!! - avec deux points d’exclamation. Un disque de métissages et de convictions, né de rencontres avec une constellation de stars et d'étoiles montantes - Pharrell Williams, Florent Pagny, Ayra Starr et Fally Ipupa - comme une réponse musicale aux fractures du monde. Rien ne semble pouvoir arrêter Angélique Kidjo. Portée par un groove incandescent et une énergie résolument solaire, l’artiste béninoise traverse les frontières musicales avec une aisance rare. Africaine, latine, américaine ou caribéenne : chez elle, les styles dialoguent et s’unissent. Avec Hope, son nouvel album dédié à sa mère disparue il y a cinq ans, Angélique Kidjo livre bien plus qu’un disque. C’est un manifeste. Un appel vibrant à l’unité, à l’action et à la confiance dans l’avenir. « Ma philosophie de vie vient de ma maman. Son mot magique, c’était l’espoir. Parce que sans espoir, on ne peut pas faire de plan de vie : il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de société. Aujourd’hui, face à tant d’angoisse et de divisions, concentrons‑nous sur l’espoir pour construire le monde de demain. » — Angélique Kidjo Transformer le deuil en lumière De la douleur naît la joie. Dans « Joy », Angélique Kidjo chante cette traversée intime, cette capacité à trouver le soleil même après la pluie. La mémoire devient avenir, le deuil se transforme en lumière. Pour porter ce message, l’artiste s’entoure d’un casting impressionnant, à l’image de son ambition : rassembler. Elle partage « Joy » avec la star nigériane Davido, célèbre l’émancipation dans « Superwoman » aux côtés du rappeur franco‑congolais Dadju, s’embrase avec The Cavemen, groupe ghanéen de highlife, et fait appel au Soweto Gospel Choir pour illuminer son chant d’une ferveur collective. Un message clair, au‑delà des générations Le résultat est à la hauteur de la promesse : un album qui dépasse les styles, les frontières et les générations. Une œuvre profondément humaine, tournée vers l’action et la solidarité. « Nous, les êtres humains, nous avons le pouvoir de bouger les montagnes. Et quand on travaille ensemble, rien ne peut nous arrêter. » Angélique Kidjo le rappelle avec force : l’espoir n’est pas une naïveté, c’est un acte. Et la musique, lorsqu’elle rassemble, devient une puissance capable de tout transformer. | — | ||||||
| 4/29/26 | ![]() «Window Tax» de Maxwell Farrington et Le SuperHomard: un festin cinq étoiles | Window Tax, troisième album de l’Australien Maxwell Farrington, crooner installé en Bretagne et cuisinier à ses heures et du Français Christophe Vaillant, alias Le SuperHomard. Ils alignent douze chansons nappées d’un velouté vocal irrésistible sur fond d'épices digitales savoureuses. À table ! Maxwell Farrington et Le SuperHomard : nous servent un disque qui se rêve en menu gastronomique. L’entrée annonce la couleur avec « Brussels Sprouts » (Choux de Bruxelles) , fantaisie à la sauce comédie musicale où ils jouent la carte du décalage. Leur projet naît en 2019 de la collision entre un passé noise breton pour l’un et une trajectoire électro-pop pour l’autre. Il en sort un duo d’esthètes antidatés, préférant recycler les codes rétro plutôt que coller à l’époque. L’entreprise exige du savoir-faire et du certain culot pour dérouler au XXI siècle une musique en cinémascope pour cowboys de canyons imaginaires. Leurs deux premiers albums esquissaient déjà des balades fantomatiques et des enchantements raffinés qui trichaient avec l’horloge du temps. Celui-ci prolonge la recette en épiçant le tempo . Le morceau-titre, « Window Tax », fait surgir huîtres et mascarpone dans un swing délicieusement suranné et pétillant. Pour l’occasion, ils confient la production à Mike Lindsay, producteur insaisissable, surtout connu comme fondateur du groupe Tunng, l’un des projets majeurs du folk électronique britannique des années 2000. Il poursuit ici son art de brouiller les pistes entre organique et digital. L’album prend forme en Angleterre et invite la chanteuse Lily Buchanan, qui s’amuse sur « Do Da Da Da » à citer Bach et Beethoven sur des accents sixties. L'album avance entre parenthèses lyriques et orchestrations en clair-obscur avec des airs rappelant parfois Tindersticks et The Divine Comedy. De la mise en bouche au dessert, les mélodies intemporelles maîtrisées du tandem franco-australien se dégustent sans modération jusqu’au bout du festin. Un régal ! | — | ||||||
| 4/28/26 | ![]() Ramon Pipin s'amuse de l'absurdité de l'époque sur son dernier album | C'est mieux que si c'était pire, c'est pire que si c'était mieux. Voilà le titre complet du dernier album de Ramon Pipin. Le musicien, compositeur, arrangeur, homme orchestre depuis un demi-siècle sait tout faire, et surtout manier l'humour et la dérision comme personne. Le chainon manquant entre Jacques Dutronc et Philippe Katerine. Il ne fait pas vraiment du rock, ni du roll, il fait du rock'n'drôle. Un drôle de rock où l'absurde et l'humour sont les accords majeurs d'une partition qui a débuté dans les années soixante-dix avec le groupe Au bonheur des dames et s'est écrite dans les années quatre-vingt avec le cultissime groupe Odeurs. Ramon Pipin qui mène en dehors de ses multiples activités de producteur, d'arrangeur et de compositeur une brillante carrière solo, propose un dix-huitième album en deux parties. La première, C'est mieux que si c'était pire comporte sept chansons, drôles et joyeuses, dans lesquelles il se rit des travers de notre époque et de notre incurable tendance à croire que la technologie et la science vont sauver le monde. Or, Ramon Pipin nous l'enseigne, nous sommes aussi perdus sur cette planète que « Trois physiciens dans une voiture », il nous dit aussi que « Les chiffons », sont aussi beaux qu'utiles dans notre vie. A travers ces titres, celui qui fut l'ami des humoristes français, aujourd'hui disparus, Pierre Desproges et Coluche a compris depuis belle lurette qu'à force de caresser un cercle il devient vicieux pour reprendre la phrase du dramaturge Eugène Ionesco, et il s'en donne à coeur joie, du moins jusqu'à la deuxième partie de l'album. C'est pire que si c'était mieux se veut plus sombre, plus mélancolique, parfois même désespérée, avec des thématiques sur la solitude des grandes villes, (« Mort devant la télé », « L'ami à louer »). On rit moins, mais on rit quand même, et parfois on se souvient des trains de la mort et du terrible génocide orchestré par les nazis avec « Pitchi Poï ». Ramon Pipin n'est pas ici dans la posture du clown, mais dans celle de l'humoriste, l'humour étant, on le sait la politesse du désespoir. | — | ||||||
| 4/27/26 | ![]() «Passion Congo» du pianiste congolais Ray Lema, éternel apprenti des sons | C'est une rencontre entre les traditions africaines et européennes, orchestrée par le pianiste, guitariste, chanteur et compositeur congolais Ray Lema. Il dévoile un nouvel album intitulé tout simplement Passion Congo. Un disque comme un CV musical où le pianiste de 80 ans, et presque autant d'années d'expérience pianistique, déploie avec précision ses connaissances musicales, fruits de toute une vie passer à jouer et à apprendre avec la curiosité d'un débutant. Dès ses débuts à l'orgue dans les églises, l'enfance de Ray Lema à Kinshasa a été nourrie par les traditions musicales congolaises mais aussi par le répertoire classique européen : Mozart, Chopin, Bach, Beethoven... Sur Passion Congo, il fusionne ces deux univers, entouré de six musiciens italiens de haut niveau : un quatuor à cordes, un saxophone soprano et des percussions qui forment l'ensemble Partage. Ray Lema avait déjà joué avec des orchestres symphoniques et des formations de musique de chambre, mais il se considère toujours comme en apprentissage. Il en parlait au micro de Joe Farmer dans l'émission L'épopée des musiques noires sur RFI : « Le problème des cordes, c'est qu'il y a énormément d'articulations différentes. Ce n'est pas comme la guitare, où il suffit de prendre son plectre et ça fonctionne... Le violoniste, il faut lui expliquer que quand on envoie l'archet vers le haut, c'est une articulation qui sonne très différemment de quand on l'envoie vers le bas. Et ça change aussi selon si on s'approche ou si on s'éloigne du sillet. Il y a mille articulations dans les cordes, donc moi je me sens étudiant dans cet univers. » Une écriture et une composition complexes et exigeantes Le pianiste ne se pose pas simplement en soliste avec les cordes derrière, en accompagnement. Ici, tous les musiciens interagissent avec le piano, un vrai dialogue se crée avec Ray Lema qui s'efface même parfois derrière l'ensemble Partage à qui il laisse le devant de la scène. Ses interventions sont parfois très discrètes, seulement pour maintenir un ostinato à la basse ou appuyer les contre-temps. Le tempo change en cours de morceaux, la tonalité aussi, les musiciens superposent des mélodies différentes avant de se rejoindre à l'unisson... Une écriture riche et joyeuse, où l'on sent tous les musiciens à l'écoute les uns des autres. Au-delà du jazz et de la musique classique, Ray Lema s'amuse aussi avec la salsa, comme dans le morceau « Salsa Gombo », mais aussi avec la rumba congolaise qui lui colle à la peau. Ici l'Afrique est présente dans les mélodies, la rythmique, les accentuations et la sensation de transe. Il en parlait également dans l'émission L'épopée des musiques noires sur RFI. « J'ai la rumba en moi, forcément ! Tu ne peux pas être congolais et vivre dans la cité de Kinshasa sans avoir la rumba en toi. A Kinshasa, les haut-parleurs sont tournés vers la rue, jamais vers l'intérieur de la maison. Donc quand on traverse la cité, on passe d'un morceau de rumba à l'autre. Tout le temps, tout le temps, tout le temps. C'est ça la vie d'un Kinois ! » s'exclamait-il. | — | ||||||
| 4/24/26 | ![]() Retour sur l'œuvre musicale de Papa Wemba | Il y a dix ans, le 24 avril 2016 Papa Wemba s'effondrait lors d'un concert à Abidjan à l'âge de 67 ans. En près d'un demi-siècle de carrière l'immense artiste a modernisé le soukouss et la rumba qu'il a portés de par le monde. une star international et un héritage flamboyant. À lire aussiMusée de la rumba à Kinshasa: «C’est comme si Papa Wemba était encore vivant» À lire aussiInoubliable Papa Wemba: les cinq albums essentiels VidéoPapa Wemba : quand la rumba devint mondiale | — | ||||||
| 4/23/26 | ![]() K.O.G, machine à groove venue d’Accra | Le Ghanéen débarque d’Accra avec une idée fixe : faire exploser les styles musicaux. Avec Kweku Sackey de son vrai nom, Kweku Of Ghana sur scène ( K.O.G. ) tout sonne africain entre ses mains. Depuis une vingtaine d’années, le bonhomme collectionne les projets comme d'autres les trophées. En 2015, sa fanfare déglinguée Zongo Brigade, fait plier les grands festivals internationaux avec sa fusion fiévreuse.Trois ans plus tard, Onipa branche l'Afrique sur le courant électro mondial. Ce qui frappe chez lui ce sont ses collaborations innombrables avec de grands noms de la musique des cinq continents aux esthétiques opposées: Anthony Joseph, David Walters, Jembaa Groove, Nubiyan Twist, ou encore La Yegros. Il à même été embarqué dans l’aventure du dernier album d'Africa Express, célèbre collectif altermondialiste fondé par la pop star britannique, Damon Albarn Highlife et afrobeat K.O.G. vole désormais en solo. Trois albums en cinq ans dont le dernier s’intitule, Don't Take My Soul. Ghanéen de naissance, Anglais d’adoption, il est retourné aux fondamentaux de sa jeunesse : le highlife et l’afrobeat. Le trublion y a mélangé ses amis d’Afrique, Pat Thomas en tête, vieux prophète du highlife et ses complices de l’exil londonien. Onze titres sans folie mais un groove convivial en version décaféinée. Le tout, symbolisé par sa philosophie bienveillante : la musique, ça se partage. Ses textes regardent loin devant, visent l’avenir de l’Afrique. Afro-futuriste, politique, militant, son ancrage dans l’héritage culturel de son pays, reste son obsession. Don’t Take My Soul en est l’exemple parfait. Peu importe le genre musical, il arrive toujours avec le Ghana sous le bras. Rock, rap, jazz, soul, tout finit par sonner africain entre ses mains. Le monde l'attend. Lui avance déjà avec une tournée. Prochaine escale le 1ᵉʳ mai 2026 en Suisse. K.O.G. ne s'arrête jamais et l’Afrique le suit partout.. | — | ||||||
| 4/22/26 | ![]() Noor, amoureuse écorchée vive dans son premier album, «1900 jours» | Déjà remarquée pour son EP Les histoires tristes me collent au corps, sorti en 2024, la chanteuse Noor a dévoilé le 17 avril son premier album, 1900 jours alors qu'elle se produisait sur la scène du Printemps de Bourges. Un disque minimaliste, essentiellement porté par la voix de la jeune femme, son piano, et ses synthétiseurs, pour faire plus de place à l'histoire d'amour impossible que raconte le disque. Dans la vraie vie, elle est douce, a le sourire facile, et semble un peu dans sa bulle. Normal : Noor sort de scène, le jour même où elle a dévoilé son premier album, 1900 jours. « C'est vrai que c'est une journée un peu chargée », sourit-elle. Chargée en émotions surtout, tout comme son disque, où se côtoient toutes les formes d'amour malheureux : impossible, toxique, à sens unique, le désamour aussi... ils sont tous là, sauf un, celui qui se passe bien. « Dans cet album, j'ai voulu raconter cette histoire d'amour impossible que j'ai vécue, explique la jeune femme. Et je voulais la délimiter dans le temps, qu'on ne puisse pas interpréter librement. Ça a duré 1900 jours » – c'est-à-dire, pour les profanes, 5 ans. Une thématique récurrente Ce n'est pas la première fois que Noor explore ce sujet. Mais cette fois, le format d'un album donne un écrin à son histoire, la possibilité d'en lire toutes les pages avant de passer à la suivante. « J'ai vu cet album comme un livre, ou un film, un format avec un synopsis où il faut que l'histoire soit respectée. » Alors, parler d'autres sujets... « J'y ai pensé... mais je me suis dit, "non, cet album portera cet amour impossible." » Sans pour autant fermer la porte pour la suite : « Je parlerai surement d'autres sujets dans le futur - parce que je ne suis pas que ça, la fille triste en amour. » Une instrumentation minimaliste Pour construire son album, Noor n'a gardé que les outils essentiels : sa voix, toujours sur le point de se briser, surtout lorsqu'elle s'adresse à son ancien amant ; son piano – « c'est mon instrument préféré au monde » – et ses synthétiseurs. « Ce que je veux avant tout, souligne-t-elle, c'est raconter des histoires. Donc, je pense qu'avoir un écrin assez minimaliste, cela sert mon propos. » Cela permet peut-être, aussi de transporter l'émotion avec plus de force. Et c'est le résultat d'un processus assez solitaire. « Mon processus de création commence toujours par une phase de solitude, pointe Noor. L'écriture, c'est ma thérapie. » Viennent ensuite la composition, l'enregistrement, la production... et c'est seulement dans ces phases ultérieures qu'apparaissent d'autres producteurs, d'autres musiciens, « quand j'ai besoin d'eux pour ajouter des éléments à l'album, » comme certains instruments à cordes que l'on retrouve sur 1900 jours. Comme si, désormais, la jeune femme avait voulu faire sien l'adage « Mieux vaut être seul que mal accompagné. » Noor 1900 jours (Fourteen Records), sortie le 17 avril 2026 En concert à La Cigale (Paris) le 13 octobre 2026. | — | ||||||
| 4/21/26 | ![]() F&AM: dérive en eaux vives avec «Halage» | Halage, huitième album de F&AM, poursuit l’aventure d’une pop d’avant-garde, signature de François Marry. Derrière ce nom F&AM (Frànçois And The Atlas Moountains), avance un nomade. Originaire des rives de la Charente-Maritime, François Marry traverse la Manche et pose ses valises en 2003 à Bristol, ville portuaire du Royaume Uni, port d’attache du trip hop. Peintre a ses heures, il passe de l’ombre d'assistant de français, à une écriture musicale fusionnant chanson française ciselée et inflexions anglo-saxonnes expérimentales. Chanteur, auteur, compositeur, il bâtit un univers mouvant, nourri de déplacements et de frottements culturels. En 2011, il devient le premier artiste français signé chez Domino Records, label culte qui a vu émerger Arctic Monkeys ou Franz Ferdinand. Depuis, il enchaîne les tournées entre Europe, Afrique et États-Unis, consolidant une trajectoire résolument transfrontalière. Avec Halage, le français, revient à un élément matriciel : l’eau. Pour cette nouvelle odyssée aquatique, le trio s’est entouré d’un équipage complice et de voix invitées. Libre comme l'air, vif comme le courant, l’album se laisse traverser par les rencontres : Clara Luciani vient habiter « Rappelle-toi » d’une douceur spectrale, tandis que « L’Homme à la rivière » réinvente en français le « River Man » de Nick Drake, porté par la magnétique chanteuse Libanaise, Yasmine Hamdan. Halage porte bien son nom : un disque de circulation, où s’entrelacent êtres, pays, paysages sonores et nature. Dix titres comme autant de dérives au fil de l'eau, entre lyrisme liquide et tension flottante. Halage, sortie le 3 avril 2026. Concert en Suisse le 30 avril, puis tournée française jusqu’en juillet. | — | ||||||
| 4/20/26 | ![]() «Le sens du courant» de Johanna Baget, au fil de l'eau et des émotions | La chanteuse et guitariste française Johanna Baget dévoile son deuxième album, Le sens du courant. Après un premier opus minimaliste en guitare-voix paru en 2022, elle revient avec une proposition plus ample, entourée de musiciens. Accordéon, clarinette, cordes et percussions viennent envelopper sa voix et ses arpèges de guitare, pour un disque au rendu plus orchestral tout en restant profondément acoustique. Issue d'une famille de musiciens, Johanna Baget a grandi dans des bains de polyphonie vocale. Elle a appris la musique d'abord en reprenant les chansons des autres, avant de trouver peu à peu sa propre écriture. Elle raconte : « Je me rappelle quand j'étais toute petite, j'avais hâte de savoir écrire pour pouvoir écrire des histoires. J'attendais qu'on m'apprenne à écrire pour écrire des histoires. Dès que j'ai su, j'ai commencé à fabriquer des petits livres. Et la poésie, pour moi, c'est de l'écriture de musique. Il y a un rythme, il y a beaucoup de jeux avec les sonorités... En fait ce que j'adore dans la poésie, ce sont les mots simples et les images très claires, avec des associations de mots inattendues, mais qui te créent une émotion ou une sensation de "wow". Il y a vraiment des choses qui font sourire en lisant de la poésie, une sensation que je retrouve moins dans d'autres types d'écritures. Et j'aime vraiment les mots simples, mais qui font des petites étincelles dans le cœur. » De l'humour à l'émotion avec fluidité Dans la tradition de la chanson française, Johanna Baget signe des textes tendres et délicats, parfois drôles et ironiques, comme dans « La flemme », véritable ode à la paresse et à l'ennui. L'humour devient alors la première porte d'entrée pour se connecter à son public et créer une ambiance intimiste avant de déployer ensuite des émotions plus profondes, comme dans le titre « L'océan dans le cœur ». « Cette chanson, je l’ai écrite pour mon père. C'est quelqu'un de très émotif, la personne la plus sensible que je connaisse. Il vit de grandes joies et de grandes peines. J'ai toujours connu mon père qui pleurait beaucoup, tous les jours devant moi. Mais ce n'est pas quelque chose de dérangeant pour lui, c'est vraiment sa manière d'être. Moi j'ai découvert assez tard que les hommes galèrent à pleurer. Pour moi, c’étaient les hommes qui tchoulaient ("pleurer à chaudes larmes" en Belgique, ndlr.), quoi. (rires) Et les mères qui ne pleuraient pas. Et c'est aussi mon héritage, mon père : c'est la personne qui m'a appris à pleurer et la personne qui m'a transmis la musique », confie Johanna Baget. Une célébration de l'eau sous toutes ses formes Tout au long du disque, on voyage entre des ballades folk, des chœurs délicats, et des arrangements soignés où chaque instrument trouve sa place. Car Johanna Baget a parfois laissé carte blanche à ses musiciens, mêlant leurs univers au sien, nourri par le fado et les musiques brésiliennes découvertes au Portugal, où a commencé sa vie d’artiste. Le sens du courant célèbre également l'eau sous toutes ses formes : la mer, l'océan, les larmes, l'eau qui s'écoule comme le temps qui passe. Johanna Baget se laisse porter par le sens du courant qui lui donne l'impression d'être au bon endroit, au bon moment. Et à l’écouter, on se laisse porter avec elle. Instagram / YouTube | — | ||||||
| 4/17/26 | ![]() 20 ans de carrière, deux albums, deux Stades: Fally Ipupa voit double avec «XX» | C'est clairement l'un des plus grands artistes africains du moment. Le chanteur congolais Fally Ipupa dévoile aujourd'hui son huitième album XX. Un titre bien mystérieux, que l'on peut lire « ix ix » ou bien directement « 20 », car ce disque célèbre ses 20 années de carrière. Fally Ipupa fait partie de ces artistes qui ont su imposer la rumba congolaise sur les plus grandes scènes internationales, jusqu’à la rendre totalement mainstream. L'enfant de Bandal à Kinshasa continue de peaufiner sa recette miracle, la « Tokoss music ». Un genre que Fally Ipupa a lui-même inventé et popularisé : le Tokoss fusionne la rumba congolaise avec du RnB, de l'afropop, du hip-hop et du zouk. Et avec cet album anniversaire, il prouve une nouvelle fois que la musique congolaise ne cesse de se réinventer avec le temps. Au programme : 20 morceaux, un pour chaque année de carrière. Côté chant, Fally Ipupa alterne entre mélodies assez douces aux accents RnB et des passages plus rythmés. Il navigue entre lingala, français et anglais pour nous parler de la vie quotidienne et bien sûr d'amour, son thème de prédilection. Musicalement, l’artiste explore des productions électroniques et des beats urbains ultra modernes, mais sans jamais trahir son ADN d'origine. Le cœur du disque reste la rumba, le ndombolo et les guitares congolaises. Bref, il crée avec une liberté artistique sans limites. Une philosophie qu'il racontait à Hervé Mandina, dans l'émission Afro-Club Deluxe sur RFI : « Artistiquement, j'ai toujours été libre. Quand vous regardez mon premier album, Droit chemin, il y avait des chansons très ouvertes comme « So.Pe.Ka » en collaboration avec Ben-J. Il y avait aussi « Nyokalessé » que j’ai essayé de faire un peu pop et funk. Et puis il y a des chansons comme « Kidianfuka », que le public réclame à tous mes concerts. Dès le deuxième album, j’arrive avec une collaboration avec Olivia, sur « Chaise électrique ». Donc voilà, j’ai toujours osé faire des petits écarts à la rumba, c’est ma vision, la Fallynisation ! » Un second volet prévu pour juin Sur ce disque, Fally Ipupa a réuni un casting cinq étoiles, comme un panorama de la scène africaine et internationale. On y trouve entre autres le Nigérian Wizkid, le Franco-haïtien Joé Dwèt Filé, la Béninoise Angélique Kidjo, ou encore le Congolais Lokua Kanza sur le morceau « Bapaya ». Aujourd’hui, Fally Ipupa incarne l'image d'une superstar africaine à l'ambition internationale, bâtisseur d'un pont entre Kinshasa et le monde. Et sachez que cet album n'est qu'une première partie... Un second volet, XX Delirium, est déjà prévu pour le 10 juin prochain, soit exactement 20 ans jour pour jour après la sortie de son tout premier album Droit chemin. En attendant, Fally Ipupa sera en concert les 2 et 3 mai au Stade de France. Un rendez-vous historique, puisqu'il deviendra alors le tout premier artiste africain francophone à remplir deux fois de suite ce lieu mythique. Facebook / Instagram / TikTok / YouTube | — | ||||||
| 4/16/26 | ![]() De Timbiquí à la scène électro : la fusion addictive de «Nuevos Rios» | Direction la Colombie avec Nuevos Rios, un tout nouveau groupe qui dévoile son premier album éponyme. Nuevos Rios, c'est la rencontre de deux mondes, une véritable fusion géographique et musicale. D'un côté, les Colombiens Canalón de Timbiquí, menés par la voix de la maestra Nidia Góngora. De l'autre, les Français de Reco Reco, groupe nommé d’après ce petit instrument de percussion brésilien utilisé dans la batucada et les rodas de capoeira. Amateurs de musiques électroniques et de transe, les membres de Reco Reco s’inspirent tout particulièrement des sonorités venues d'Amérique du Sud. Alors forcément, quand les deux groupes se sont rencontrés à la source, dans le village de Timbiquí, quelques sessions d’improvisation ont suffi pour donner naissance à Nuevos Rios. Ce projet incarne l'osmose parfaite entre le patrimoine afro-descendant du Pacifique colombien et le côté futuriste des nappes électroniques. Le morceau « Malvada » en est l'exemple parfait. Les synthétiseurs se mêlent à la puissance organique des percussions sud-américaines : la marimba de chonta, ce xylophone avec des lames en bois, le tambour bombo très utilisé dans la cumbia, mais aussi le guasa au son proche des maracas. Rythmes currulao et bunde à l'honneur Mais au-delà des instruments, c'est tout un héritage rythmique qui s’exprime sur ce disque. L’album met à l’honneur des rythmes très populaires sur la côte pacifique colombienne comme le currulao et le bunde, véritables pilliers de l'identité culturelle de cette région et symboles de l'héritage africain en Colombie. Dans Nuevos Rios, cette force ancestrale devient une matière brute pour faire la fête... et pour danser. Pourtant, derrière la danse, les fleuves racontent aussi autre chose. Les textes célèbrent la vie, le respect, la dignité et la nature sauvage, mais aussi les réalités d'une région loin d'être épargnée par les conflits internes en Colombie. L'album alterne entre compositions originales et hommages vibrants comme dans le morceau « La Memoria de Justino ». Tim, le batteur du groupe : « "La Memoria de Justino" est un morceau composé en hommage à Justino Garcia, un balafoniste précurseur de Guapi, un village à côté de Timbiqui. On joue des titres devenus des standards que tout le monde connaît en Colombie. On a travaillé dessus et tout s’est monté très vite. » Le groupe sera à retrouver sur scène le 20 mai à Paris, le 27 à Toulouse, le 28 à Nîmes et le 30 mai à Bordeaux. Facebook / Instagram / TikTok / YouTube | — | ||||||
| 4/15/26 | ![]() Ino Casablanca, la nouvelle coqueluche du rap français au Printemps de Bourges | À 25 ans et avec trois mixtapes derrière lui - dont Extasia, parue en octobre 2025 et acclamée par la critique - Ino Casablanca a su se trouver une place de choix dans le paysage musical français. Nommé aux Victoires de la musique 2026 en tant que Révélation masculine, le jeune artiste sillonnera les scènes des festivals cet été, porté par son rap aux influences aussi bien raï, que flamenco ou caribéennes. « Y'a pas de message, faut juste kiffer. » Dans une courte vidéo où il se met en scène avec l'un de ses amis, Ino Casablanca donne le ton : pas question d'intellectualiser sa musique, il faut juste ouvrir grand ses oreilles et en profiter. D'ailleurs, le jeune artiste n'affectionne pas particulièrement de parler de sa musique et refuse régulièrement des entretiens. C'est donc guidé par l'instinct, et par toutes les références musicales absorbées au cours de sa vie, qu'Ino Casablanca propose une musique métissée, aux mille influences : au fil des morceaux de sa dernière mixtape, Extasia, on passe sans difficulté du raï (« Moula Solitude ») au flamenco et même au kompa haïtien (« Kitlé »). Un mélange des genres explosif résumé dans la chanson « Bissap du 20e », hymne à ce quartier du nord de Paris et à son quotidien. Il y a beaucoup d'ingrédients dans ce bissap qui tient plus du cocktail explosif et pourtant, tout est minutieusement dosé, on évite toujours l'indigestion. À lire aussiLa tornade Ino Casablanca, jeune rappeur en pleine ascension Un perfectionniste de la musique Si Ino Casablanca a pu ingérer autant d'influences, c'est qu'il a beaucoup bougé : la petite enfance au Maroc, puis la banlieue de Barcelone, jusqu'à ses douze ans - avant de s'installer dans le sud-ouest de la France, où il découvre le rap. À cela, il faut ajouter ce que ses parents écoutent inlassablement à la maison - Oum Kalsoum, Fayrouz, le roi du raï algérien Cheb Hasni - et ce qu'il a découvert au fil de l'eau sur les plateformes de streaming. Le mélange reste pourtant étonnamment homogène. Notamment car Ino Casablanca pilote toutes les étapes de sa production - il a d'ailleurs réalisé seul le mixage d'Extasia -, mais aussi parce que ce véritable geek de la musique possède de solides connaissances musicales, acquises au conservatoire. C'est ainsi que le jeune musicien s'est intéressé aux battements par minute - les BPM - qui définissent le rythme de chaque style de musique. Pour faire des mélanges harmonieux, Ino Casablanca s'intéresse à des genres qui ont des rythmiques proches : le raï et le rap californien, par exemple, tournent tous les deux autour de 90 ou 100 battements par minute. Quelle que soit la méthode, le résultat est là : Ino Casablanca s'amuse, expérimente, ne s'interdit rien ; et cela donne une musique fraîche, qui lui ressemble autant qu'elle rassemble. Instagram / TikTok / YouTube | — | ||||||
| 4/14/26 | ![]() La chanteuse franco-algérienne Souad Massi hausse le ton avec «Zagate» | Avec son huitième album Zagate – « ça se gâte » en français –, Souad Massi troque la douceur acoustique pour une guitare électrique et une urgence brûlante. Entre rock ardent et sagesse méditerranéenne, la musicienne franco‑algérienne aborde la guerre, l’exil, l’exploitation et les ravages écologiques, mais aussi la force intérieure qui permet d’avancer. Un projet en onze titres résolument engagés, où se mêlent colère, lucidité et éclats d’espoir. Un rock oriental incandescent, une guitare électrique et une voix en colère qui lance en arabe : « Ana Inssan » — « Je suis un être humain ». Avec cette déclaration frontale, Souad Massi se confronte à la gravité du monde et signe un album puissant et engagé. La chanteuse, autrice-compositrice et guitariste franco-algérienne dévoile son huitième album studio, un disque dont le titre annonce la couleur : Zagate — « ça se gâte » en français. Un album coup de poing, dans lequel celle que l’on surnomme parfois la « Joan Baez » ou la « Tracy Chapman du Maghreb » sort de sa retenue habituelle pour faire entendre sa colère. Souad Massi s’éloigne ici de son univers généralement plus doux, intimiste et acoustique. Elle troque la délicatesse mélancolique contre une énergie rock, convoquant guitare électrique et batterie pour évoquer la violence des conflits contemporains, la peur, la guerre et la souffrance des innocents. La chanson-titre Zagate témoigne de cette urgence à ne plus détourner le regard, à tirer la sonnette d’alarme, à son niveau d’artiste. Naviguant sans cesse entre l’ombre et la lumière, la poésie et l’engagement, Souad Massi chante aussi bien en français qu’en arabe. Née à Alger dans un quartier métissé, elle grandit dans une famille mélomane, bercée par Oum Kalthoum, Bob Dylan, la musique arabo-andalouse, le rock américain ou encore le fado portugais. Elle écrit des poèmes, apprend la guitare à 17 ans, poursuit des études d’urbanisme avant même de devenir ingénieure, puis intègre un groupe de hard rock. Huit albums et une Victoire de la musique plus tard, Souad Massi continue de mettre sa voix au service des combats humains : elle dénonce le travail des enfants dans les mines du Congo aux côtés du rappeur Youssoupha dans Congo Connection, évoque la solitude des personnes âgées, les ravages écologiques ou encore le racisme, notamment en duo avec Gaël Faye. Malgré la colère et le désespoir qui traversent Zagate, une conviction demeure : la foi inébranlable en l’humanité. Une lueur d’espoir qui affleure dans ses chansons, rappelant que, même lorsque tout semble se dégrader, il reste possible de s’accrocher aux petites lumières pour faire naître des miracles. Zagate, l’album le plus rock de Souad Massi, est disponible chez Sony Music. L’artiste sera également en concert au Théâtre du Châtelet à Paris le 18 juin prochain. | — | ||||||
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